DENIKRR, Zes Races, Paris, 1900, p
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les deux continents, ou les auteurs qui s’occupent de l’ancienne Amérique. Je ne m'étonne point de la remarque que, de son temps, faisait déjà M. de Humboldt, que l'influence asiatique en Amérique se manifeste d’une manière indiscutable dans les cosmologies, les monuments, les hiéroglyphes, les institutions des peuples de l'Amérique et de l’Asie 1,
Je comprends pourquoi M. Léon Douay trouve de «nombreuses analogies» entre les «coutumes et les croyances » de certaines tribus centro-américaines au milieu desquelles il avait vécu, et les « coutumes et les croyances» qu’il avait relevées chez certains peuples pendant son séjour aux Indes. De son côté, si M. F.-W. Hewitt déclare que les temples de l'Amérique centrale reproduisent le modèle de ceux de l’Inde, et que le calendrier en usage dans cette même partie de l'Amérique correspond exactement à celui qui existait dans l’Inde, cette constatation de faits me paraît naturelle, puisque c’est dans la grande presqu'île indienne qu’il semble qu’il faille rechercher l’origine des premières civilisations de l'Amérique précolombienne.
Je trouve le culte des astres et des phénomènes de la nature aussi fortement établi au Pérou, dans l'Amérique centrale et au Mexique, chez les Mound-
1. Vues des Cordillères et des Monuments des Peuples indi. gènes de l'Amérique, t. I, pp. 31 et 39.
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Builders, qu’il l'était aux Indes, en Chaldée, en Arabie méridionale, en Phénicie et en Egypte. Le panthéon des peuples américains n’est peut-être pas aussi considérable ni aussi savamment élaboré que chez les Kouschites d'Asie et d'Afrique ;. mais il est indéniable qu’ils ont un fonds commun de conceptions religieuses, qui remonte aux temps préhistoriques et dont les éléments primitifs sont encore reconnaissables. Ainsi, dans l’ Incas, les temples, d’une richesse éblouissante, étaient dédiés! au soleil, et les Péruviens considé. raient leurs princes comme fils de cette divinité, au-dessus de laquelle ils plaçaient néanmoins un dieu suprême et invisible, «La force des témoignages est décidément en faveur de la croyance, de la part des Incas à l'existence d'un Être Suprême auquel le soleil doit obéir, aussi bien que toutes les autres parties de l'univers. La notion de la dépendance du soleil au Créateur de toutes choses a été transmise par tous les Incas qui se sont succédé. «Ils ne reconnaissent pas le soleil comme leur créateur, dit Molina, mais Comme créé par le Créateur.» Les prières du rituel Inca, tel que donné par Molina lui-même, s'adressent au dieu Ticsi Uïracocha; le Soleil, la Lune et le Tonnerre étant parfois invoqués conjointement avec la divinité principale 1» Les
I. Justin WINDSOR, Narrative and C; ritical History of Amer. ica, Vol. I, P. 233.
Péruviens regardaient la lune comme la femine di soleil et les étoiles comme les servantes de la lune, nous rapporte l’auteur indigène, Garcilaso de la Vega.
À Cuzco, capitale de l'empire des Incas, tout autour du temple principal, on voyait la demeure des prêtres chargés de le desservir 1, et, autour de ce cloître, s’élevaient cinq grands pavillons carrés, surmontés de toits pyramidaux. Le premier de ces pavillons était consacré à la lune, et les autres aux étoiles et à certains phénomènes de l’atmosphère, tels que le tonnerre, les éclairs et l’arc-enciel, manifestations visibles et actives du Dieu suprême.
Le temple d'Ollanty-Tampu, à quinze lieues au nord de Cuzco, était pareillement dédié au soleil avec des annexes consacrées à la lune, à Vénus, aux étoiles, à la foudre et à l’arc-en-ciel. Dans la région bolivienne du lac de Titicaca se trouvent des ruines encore plus remarquables, plus imposantes que toutes celles du Pérou, et qui sont le produit d’une civilisation évidemment très développée et très ancienne ; l’île de Titicaca, au centre
I. Au Pérou, au Mexique et au Yucatan, tout comme en Egypte et dans l’Inde pour les sanctuaires souterrains, les temples avaient des salles ou bâtiments annexes, qui servaient de demeures aux prêtres et aux vierges consacrées à l'entretien du cuite.
u temple du Soleil.
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