MENANT, Ninive et Babylone, ch. X, p. 84. Lucien de
Rosnv, Mist. de la Céramique chez Les Indiens du Nouveau. Monde, p. 161. 5
tions Communes, par le même désir, chez les deux Peuples, de se survivre dans leurs œuvres. Certains temples du Yucatan et du Chiapas rappellent dans leur construction comme dans leurs détails les monuments de l'Egypte. Mais la manière de bâtir des Egyptiens «se rapproche à certains égards de celle des Chaldéens », et le grand temple de Mexico et la pyramide restaurée du temple du soleil de Teotihuacan, écrit M. Désiré Charnay, ont été construits d’après les mêmes principes et sur le même modèle que les monuments chaldéens. Puis c'est M. Hewitt, qui déclare que les temples de l'Amérique centrale reproduisent le modèle de ceux de l’Inde, similitude déjà constatée à la session du congrès international des Orientalistes tenu à Paris en 1897, et par M. Viollet-le-Duc, une autorité, dès 1863: « À nos yeux, dit-il, l'architecture antique du Mexique se rapproche, sur bien des points, de celle de l’Inde septentrionale 1,»
Un missionnaire anglais confond les édifices de Chichen-Itza (Yucatan) avec les dagobas de Ceylan, tellement ils se ressemblent. Ce sont encore les monuments de l’Indo-Chine et de Java, qui font songer à la fois à ceux de l'Inde et de l'Amérique centrale. Boeroe-Boedor « rappelle la grande pyramide d'Egypte par sa forme et sa grandeur », mais il « correspond également au grand temple de
M | 1. Cités et Ruines américaines, 1863, p. 104.
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Palenqué d’une manière si exacte qu’il n’est guère possible de contester sérieusement ]a communauté d’origine et de destination des deux monuments », Nous avons déjà signalé les traits communs que présente l'architecture du Cambodge avec celle du Yucatan. La vue des ruines de Copan éveille chez M. Gordon le souvenir de la manière de faire des Phéniciens, autant vaudrait dire celle des Egyptiens, puisque « l’art Phénicien, c'était l’art égyptien, modifié selon la nature des matériaux de la côte de Syrie ». L'architecture des édifices du sud de l'Arabie, écrit Caussin de Perceval, devait procéder de celle de Babylone, comme 1a civilisation et Ja religion du pays étaient étroitement apparentées à celles de la Chaldée. «Les monuments typiques de l’ancien empire égyptien ( 5004-3064) suivant l’auteur de L'Art Monumentai !, sont les pyramides,» Aux Indes, d’après Heeren, on voit, par leur vestiges, que les temples les plus antiques étaient des pyramides. «Les pyramides sont certainement Je fait le plus saillant de l’ancienne architecture américaine,» dit le marquis de Nadaillac 2,
Re 1. CLOQUET.
2. «The ancient inhabitants of America were mound and Pyramid builders and exercised their proclivities
Sans doute, une pyramide ressemble à une autre pyramide, et, envisagée à c2 point de vue, il n’y a pas là de quoi prouver l’unité ethnique de constructeurs de deux pyramides semblables; mais quand, dans un temps donné de l’histoire, on voit une partie de l’humanité, et d’une humanité à ses débuts dans l’art de la construction, faire usage d’un mode architectonique similaire, on a raison de croire que les peuples qui élèvent de pareils monuments dans les contrées qu'ils habitent, tiennent leur motif d'inspiration d’une origine commune.
Si la forme et l'usage de tous ces monuments ne démontrent pas matériellement une communauté d'idées et d’origine chez leurs auteurs, nous avouons ne savoir plus distinguer ce qui est une preuve d’avec ce qui n’en est pas.
L'esprit, au contraire, trouve tout naturel de penser qu’une ancienne et commune foi, le sang, les instincts héréditaires en un mot, ont survecu chez les différentes branches ainsi dispersées de cette famille humaine, et produit à d'aussi grandes distances des effets similaires.
Enfin, certains symboles, tels que la croix !, le
1. On sait que les Conguistadores ne furent pas peu surpris de voir dans plus-d’un temple des contrées qu'ils subjugèrent un symbole sous la forme d’une croix. On a vu, page 84 de cet ouvrage, qu’il existait, sous-um: des palais de Mitla, une galerie souterraine en forme de croix. On la retrouve parmi les ruines de Palenqué. Palacio vit à Copan une croix avec un de
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cercle, l'arbre sacré, les figures ailées, humaines Ou äutres, si fréquentes en Babylonie, en Phénicie et en Egypte, n'étaient pas inconnus aux peuples bâtisseurs de l'Amérique et les ressemblances qui existent entre les uns et les autres sont trop frap- Pantes pour admettre Ja théorie d’un développement parellèle. Ces symboles semblent tous exprimer une pensée fondamentale Commune, et ils sont ici d’un appoint ethnographique considérable, car ils ne sont pas de ces modes que le hasard seul fait retrouver chez des nations éloignées les unes des autres.
Il en est de l'existence de ces symboles comme de celle du calendrier. Stephens avait déjà remarqué que les populations du Yucatan et du Mexique, quoique parlant des langues différentes, faisaient usage d’un calendrier à peu près semblable, «Je considère ce fait, dit-il, comme extrêmement inté.
réssant et important, car ceci n’est Pas une identité le ses bras brisés,
d’habitudes résultant d’instincts naturels ou de conditions similaires. Un calendrier est une œuvre de science, fondée sur des calculs, des signes convenus et des symboles, et la ressemblance démontre que les deux peuples ont reconnu les mêmes points de départ, ont attaché la même signification aux mêmes phénomènes et aux mêmes objets, laquelle signification a été parfois arbitraire et non pas telle qu'elle se présenterait d'elle-même à l'esprit de personnes incultes. Elle indique des sources communes de savoir et de méthodes de raisonnement, un culte et des institutions religieuses semblables, en un mot, c’est un anneau d’une chaîne de témoignages tendant à prouver une commune origine chez les aborigènes du Vucatan et du Mexique !» Or, on a dit égaleinent que le calendrier des Mayas présente à la fois les principes du calendrier égyptien et ceux des calendriers asiatiques. Il est douc, lui aussi, un anneau dans la chaîne des témoignages qui tendent à prouver l’origine commune de tous ces peuples.
Donc, toutes ces choses considérées, je me rends compte et je sais maintenant pourquoi les antiquités du Mexique, de l'Amérique centrale et du Pérou nous montrent un inode d’architecture, un système de culture, une organisation sociale, des croyances et des symboles religieux, une infinité de coutumes