‹ L'Amérique préhistorique [microforme]Chapitre 28 sur 113 · D RE · texte numérisé non relu

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goût extrème; on peut en citer de nombreux et intéressants exemples (1). Un petit vase de 23 centimètres environ de hauteur est orné de lignes noires et rouges sur le goulot, de lignes noires, rouges et blanches sur la panse. Un autre pré. sente six cercles concentriques, alternativement rouges et blanes, et au centre de chacun de ces cercles une croix de Saint-André de couleur blanche. Une bouteille porte des raies égales brunes, blanches et d'un rouge éclatant (fig. 39). Un vase provenant de l'Ohio, mérite d’être reproduit à raison de son ornementation compliquée où l’on prétend retrouver une tête d'oiseau (fig. 40).

Fig. 41, — Alcarazas des tumuli de l'Arkansas,

Il en est de même d'un alcarazas trouvé dans l'Arkansas et decoré d'ossements de morts finement exécutés (fig. 41) (2). Des

(1) Ceux qui s'occupent spécialement de la question, peuvent consulter un travail récent : D' Ed. Evers, Contributions lo the Archeology of Missouri. Part. 1, Pottery Salem Massachussetts, 1880. Nous lui faisons de nombreux emprunts. ,

(2) Nous reproduisons ce vase curieux ; mais nous le croyons d’une époque moins ancienne, Le mème motif de décoration se retrouve cependant chez les populations pri-

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xicara (3) ( silicat verte nent, vous ( en fai

éressants M" poteries récemment découvertes et déposées au musée de Saintde hau Bu Louis, appellent, nous dit-on, par les figures qui les décorent, ulot, de 1 ; l'art égyptien ou l'art étrusque (1). Nous aurons l'occasion de utre pré Bu citer dans le cours de cette étude d'autres ressemblances non et blancs. 1 ; moins curieuses et non moins importantes.

nt-Andr On ignore quelle était la substance employée pour la coloras brunes, À tion des poteries, Il a été recueilli dans un vase de l’ocre rouge enant de qui a dû servir à cet usage. Quelquefois les couleurs paraissent nentation B avoir été fixées au moyen d'un vernis, dont on croit retrouver (fig. 40. les traces (2); ce procédé était sûrement connu des Mexicains

et des Péruviens: il était plus rarement employé par les Mound- Builders. La composition de ce vernis est inconnue ; il est seulement certain que le vernis à base de plomb, usité pour nos poteries modernes, et celui plus compliqué dont on se sert pour la porcelaine, ont été introduits par les Espagnols et qu'aucune découverte faite jusqu'à ce jour en Amérique ne permet d'en attribuer la connaissance à ses anciens habitants (3).

L'ornementation, en général très simple, consistait le plus souvent en plusieurs rangs de points, tels qu'on peut les voir, sur les poteries les plus anciennes de notre continent, exécutés comme ceux-ci, soit avec l’ongle du potier, soit avec l'extrémité d'un instrument pointu, un morceau de bois où une coquille, qui donnent un trait net et sans bavure. D'autres fois ce sont des combinaisons plus compliquées, des lignes, mitives de l'Amérique. Ainsi M. Bancroft cite à Nohpat, dans le Yucatan, une pierre sur laquelle on avait sculpté des crânes humains et des ossements en croix.

(1) Ces figures ne sont pas encore publiées, nous devons donc nous borner à énoncer le fait, en réservant toute opinion jusqu'à plus ample informé,

?) Bancroft (£ e., t. IV, p. 714) dit : « To this day, some of it retains a very perfect. glaze, » Gaspar Castaño de Sosa (Wem. del Descubrimiento.. del Nuevo Reino de Leon, 1590) dit en parlant de la poterie des pueblos du Nouveau-Mexique : « Tienen mucha loza de los colorados y pintadas y negras, platos, caxetes, saleros, almoficos, xicaras, muy galanas, alguna de la loza esta vidriada, »

(3) Quelques Américanistes citent bien un vase en terre cuite, recouvert d'un vernis r un travail L+ silicaté et provenant d'un mound de la Floride ; mais les circonstances de la décou-

t. I, Potlery verte ne laissent guère de doute sur le remaniement de ce mound. Sur notre continent, la céramique émaillée se montre dès l'antiquité la plus reculée ; et nous trou-

sas et de- (2). Des

oque moins Be vous en Egypte, sous les premières dynasties, des vases, des figurines, des amulettes ‘3 : . a

lations pri- #4 en faience vernissée., # De NapalLLAc, Amérique. 10

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des cercles, des ellipses, des croissants, des dents de loup, des chevrons disposés avee goût, de manière à obtenir les effets les plus heureux (fig. 42). On imprimait quelquefois sur le col ou

Fig, 42, — Vase trouvé sous un mound sépulcral du Missouri.

sur la panse du vase, une corde ou une liane. Gillman cite de plusieurs poteries ainsi décorées, notamment celles trouvées à Fort- Wayne (1). Quelques vases ont les bords dentelés et frangés: sur d'autres, les ornements sont en relief (fig. #3). On les obtenait, soit en moulant l'argile elle-même, soit en appliquant les moulures avant la cuisson. Nombre de ces poteries avaient des anses: et ces anses représentent souvent des oiseaux, des mammifères, tels que le loup, le renard, plus au sud le lama, et mème des figures humaines, Il serait long de décrire toutes ces variétés ; il est évident que les potiers étaient constamment préoccupés de satisfaire les goûts artistiques de la race. Ils paraissent cependant avoir été tenus en médiocre estime, si nous devons accepter les paroles du Popol-Vuh (2) : « Vous ne serez

(1) Proc. Am. Ass, Buffalo, 1816. Ce mode d'ornementation était fréquemment usité dans le Maine, le Massachusetts, le Missouri, l'Illinois, l'Ohio, le Tennessee et la Floride, Report Peabody Museum, 1872.

(2) Le Popol-Vuh, dont le nom peut se traduire par Collertion de Feuilles, est écrit en langue qquiché et fut découvert dans la seconde moitié du seizième siècle par un moine dominicain dans un village guatémalien. Il renferme quelques détails qui se rapprochent singulièrement de la Genèse; aussi a-t-on cru à une adaptation,

par une fraude pieuse, des mythologies indiennes aux dogmes du christianisme. Tel n'est pas l'avis du frère Ximenès qui l’a reproduit le premier ct qui n'hésite pas

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es effets D des marmites, qu'à cultiver le maïs ; et les bêtes qui vivent dans le col ou " les broussailles seront seules votre partage. »

Toute description de ces poteries est difficile sinon impossible.

C'est comme si de nos jours on prétendait décrire tous les objets

qui se rencontrent dans la boutique d'un faïencier en renom.

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Nous allons chercher à classer les vases trouvés sous les mounds, selon la forme de chaque pièce et l'usage auquel elle parait des- (née; nous aurons du moins ainsi quelques points de repère.

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lama, ct toutes ces

lig. #3, — Vase provenant des fouilles du Mis- Fig, 44. — Bouteille ou vase à gousouri. — Les ornements sont en relicfet peints lot d'une finesse remarquable (New

en rouge de nuances diverses, Madrid. Missouri, H, 8 p. 51.) stamment e. Ils pa- Les vases à goulot sont peut-être les plus nombreux parmi 4, , sinous M ceux recueillis. Is servaient probablement à conserver les bois “""" ne serez sons; la plupart sont noirs et modelés avee soin ; ils ont sans u n doute fourni l'idée première des vases, dont se servent encore Dé esies à "aujourd'hui les Espagnols etles habitants des républiques his- Les, est écrit 3 à l'appeler l'œuvre du diable. Il a été publié de nouveau à Vienne en 1857, par le e siècle par à D' C. Scherzer ; et en 1861, l'abbé Brasseur de Bourbourg, qui le qualifiait de livre sacré iques détails L. par excellence, le donnait à sou tour. Le texte primitif n'existe plus: il avait évidem-

e adaptation, hristianisme.

n'hésite pas

ment été écrit ou corrigé après la conquête, car un des chefs Indiens est mentionné avec son nom espagnol. On ne peut donc, malgré l'avis de M. Brasseur de Bourbourg, attacher qu'uüe confiance très limitée à ce livre.

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