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« se comparer à une ruine, c’est une nation à refaire ; « on la refera. — « Messieurs, disait naguère M. Se- « ward en achevant son grand discours au sein du con- « grès, si celte Union élait aujourd’hui brisée par l’es- « prit de faction, elle se reformerait demain dans des « proportions majestueuses. »
Comme tous ceux qui connaissent l’ardent patriotisme des citoyens américains, nous avons pleine conflance en l'avenir de cette nation, la première nation du monde sous le rapport des libertés publiques. Les intérêts de l'humanité triompheront dans le nouveau monde, comme dans l’ancien, des priviléges honteux et des excès du despotisme. En se séparant violemment de l'Union, les hommes du Sud ont mal calculé leurs véritables intérêts. Effrayés, éperdus, ils se sont précipités sans réflexion au-devant du danger, au lieu de l’envisager avec sang-froid et de s’efforcer d’y porter remède. Tout ce qu’ils pourront faire n’empêchera pas l'esclavage de disparaître bientôt de la terre, et le plus sage serait assurément de régler les conditions de l’émancipation. La sordidité des maîtres qui abaisse l'homme au niveau de la brute ne peut plus trouver grâce devant l’opinion publique.
Il faut que les colons du Sud renoncent à ce genre de propriété, bon gré mal gré. Espérons qu'ilsauront la sagesse d’y renoncer de leur propre volonté. Les moyens ne manquent pas pour que l’émancipation des noirs s'effectue peu à peu, sans secousse violente et sans perte sensible pour les colons. Qu'ils choisissent un de ces moyens et qu’ils se rattachent à la confedération de la grande république, dont jusqu'à présent ils ont partagé la prospérité et la gloire.
Mais qu’ils se bâtent, car nous sommes à une époque où les événements marchent rapidement et où les hommes qu'on croyait le plus engourdis dans l’indiffé-
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