CHAPITRE XVÎ
laine végélale démontra que les siibsUinees salines iiont nécessaires au complet développement de Li plante et à la prompte maturité de son fruit.
La vase des marais salins qui se trouvent en abondance partout dans la Géorgie, semblait avoir été mise avec intention par la nature pour liivoriser l'essor de cette culture spéciale. La puissance de cet engrais abondant et peu coûteux est telle, qu'il rend inutile le repos des terrains, laissés autrefois en friche pour se l'éconforter, après une ou plusieurs récoltes, suivant la qualité du sol.
Après toutes ces connaissances acquises, un grand progrès restait encore k accomplir : ce progrès consistait dans le choix des graines à semer.
Jusqu'en 1829, les planteurs, aux Étals-Unis, rejetaient comme inférieures les graines couvertes de duvet. Des expériences réitérées avec un immense succès par M. K. Burden, démontrèrent que les graines couvertes de duvet étaient, au contraire, infiniment préférables à toutes les autres.
Ce fut une révolution radicale qui donna pour résultat le colon longue soie appelé sea-islands, lequel, par sa finesse extrême, sa résistance, sa propreté, sa nuance, ses tubes en spirale s'adaplant à merveille aux procédés de la filature en se liant facilement, en glissant l'un sur l'autre avec une force élastique naturelle pendant la formation du fil, est un coton hors ligne et qui d'emblée s'est présenté comme tel sur les marchés européens.
Telle est la supériorité de ce coton longue soie de sea-islands (îles de mer) sur le coton longue soie des autres contrées de l'Amérique, que les premiers ont été parfois cotés à 80 cents îa livre (4^,20), pendant que les seconds étaient offerts à 16 cents la livre (0^84).
C'est ce coton, récolté dans une partie de la Caroline
du Sud ,qiii donne pour une livre de matière un fil de 322 500 mètres de longueur, tandis que le coton de Dacca, dont on tisse une mousseline ambitieusement appelée toile de vent^ ne donnerait pour le même poids qu'un fil de 185 392 mètres d'étendue.
L'Algérie est peut-être le seul pays du monde où le colon, bien cultivé, pourra un jour lutter avec celui de la Géorgie. C'est au gouvernement français à prendre les mesures nécessaires pour atteindre ce résultat, qui déciderait de l'avenir de notre belle colonie en lui créant une source de richesses pour ainsi dire incalculables ; car en supposant que les aflaires s'arrangent promplement en Amérique et que la production du coton ne subisse aucune diminution, cette production sera bientôt insuffisante. Avant que la guerre n'éclatât entre le Sud et le Nord, un Louisianais, le général Morse, avait calculé qu'en supposant que les neuf Elals du Sud de l'Union produisissent, en 1860, quatre millions neuf cent douze mille huit cent treize balles de coton, par suite d'une augmentation peu probable de la population nègre, cette quantité serait encore audessous de la demande. « llyauialà, » dit-il, «une impasse jusqu'à ce que les hauts prix des cotons résultant d'une telle situation, sollicitent la race blanche à s'adonner à la culture du cotonnier. »
Les Anglais ont, depuis assez longtemps déjà, pressenti le besoin d'un accroissement de coton, et ils n'ont rien négligé pour en étendre la culture dans leurs possessions. Une association s'est formée dans ce but à Manchester sous le nom de Cotton Supply. Cette association distribue gratuitement de petits traités sur la culture du coton, qu'elle a fait traduire dans toutes les langues comme la Bible, et qu'elle envoie avec des graines de cotonnier sur tous les points du globe, et jusque dans les pays peuplés par les sauvages. Au