‹ L'Amérique telle qu'elle estChapitre 35 sur 188 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

comme, en définitive, il y a beaucoup plus de gens qui craignent de brûler que de gens qui le désirent, les compagnies ont tout avantage à ce que le plus grand nombre de personnes possible s'assure. Voilà pourquoi elles dédommagent généreusement les incendiaires des pertes qu'ils ont ou qu'ils n'ont pas éprouvées, et pourquoi aussi les plus zélées d'entre elles aident un peu le hasard dans les cas, assez rares, du reste, de disette d'incendie.

— J'étais sûr, dit sir James, qu'il y avait quelque crime là-dessous.

— Mais, demandai-je à Arthur, ne nous avez-vous pas dit que les maisons brûlaient en plus grand nombre le dimanche ?

— Oui, les maisons du bas de la ville, c'est-à-dire celles qui ne sont pas habitées par des familles, et dans lesquelles les négociants ont leurs offices. Le négociant qui désire liquider sa position par un incendie met chez lui le feu le samedi soir; pendant la nuil, le feu se développe, et, comme personne ne se rend aux offices le dimanche, il éclate ce jour-là à la grande satisfaction des pompiers et des oisifs, qui, le dimanche, ne savent à quoi passer le temps.

Après ce récit, qui indigna sir James et me fit beaucoup rire, nous nous rendîmes à Thôlel prendre le repos qu'exigeaient les fatigues et les émotions de la journée.

Sir James, en serrant la main d'Arthur, lui dit :

— Avez-vous fini de réfléchir, et consentez-vous enfin à nous accompagner dans nos voyages?

— Peut-être, répondit Arthur, serais-je en mesure de me prononcer demain.

— Très-bien, dit sir James, réfléchissez à ce que

VOUS avez réfléchi, et lâchez que la réflexion de vos réflexions nous soit favorable.

-- Dans tous les cas, colonel, reprit Arthur, je compte avoir le plaisir de vous diriger pour vous faire connaître les choses curieuses qu'il vous reste à voir à New-York.

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