DANS LES VENTES DE
PRESQUE toutes les variétés du mobilier français de style Louis xv ont figuré dans les ventes de 1912. Cette saison, où nous avons vu disperser tant de collections importantes, a permis aux amateurs et aux antiquaires de se rendre compte, avec précision, de la valeur actuelle des meubles du xviiième siècle. On a pu ainsi constater que, si les meubles Louis xvi, avec leur légèreté rectiligne, jouissent actuellement presque sans rivaux de la faveur du public parisien, les beaux meubles de style rocaille n’ont cependant rien perdu de leur prix et sont toujours recherchés avec ardeur par les amateurs éclairés, plus nombreux qu’on ne le croit à l’ordinaire. Sans nous dissimuler un instant les imperfections que peut présenter le relevé qu’on va trouver plus bas, relevé qui, pour rendre vraiment les services qu’on serait en droit de lui demander, devrait être accompagné de grandes photographies, ou, tout au moins, de descriptions minutieuses, nous avons
cru être utile à nos lecteurs en indiquant quelle est actuellement la valeur des meubles Louis XV.
Le plus sûr thermomètre en matière de curiosité étant la cote que fournissent les enchères de l’Hôtel Drouot, nous avons relu, plume en main, les catalogues des ventes parisiennes de janvier à juillet 1912 et nous en avons extrait les indications qui nous ont paru intéressantes.
L’ordre que nous avons suivi est celui même du volume : lits, armoires, biblio-
thèques, commodes, tables et consoles, bureaux, sièges et pendules. On trouvera donc condensés et résumés en quelques lignes les ventes Roussel et Dollfus, Surmont et Balletta et surtout cette vente Doucet, la plus importante qui ait jamais eu lieu à Paris et dont le catalogue devra toujours être consulté par tous ceux qui, de près comme de loin, s’intéressent à l’histoire de la curiosité en ces premières années du vingtième siècle.