‹ L'ami des enfants (volume 2)Chapitre 149 sur 276 · SCENE V. — ALEXIS, ÉD(^rAKn · texte numérisé non relu

SCENE V. — ALEXIS, ÉD(^rAKn

Èï)Oi!>i\{D, portant jjai' /es deu.T aîises une grayicle corbeille. Viens, jeté prie, m'aider, mon cher Alexis, pour que je ne laisse rien tomber. Tout cela devient à présent sacré pour moi. J'ai laissé le gâteau dans le buflet. crainte de le briser. Je Tirai chercher quand il en sera temps. Voici toujours la boîte de conliture. {Il l'ouvre et la donne à Ale.ris^) Tiens, c'est ici le milieu ; prends tout ce côté pour Charles, et laisse l'autre moit'ié pour moi dans la boîte.

ALEXIS. Non, non; il vaut mieux qu'il soit témoin du partage. 11 croirait peut-être que nous avons mangé quelque chose dans sa portion. Voyons les autres friandises. — Quatre cédrats confits; deux pour l'un et deux pour l'autre. — Six cornets de pastilles; troib pour chacun, [il fait deu.r parts <iu' il place aux deux bouts de ta tafde.) Combien y a-t-il de jetons dans cette bourse .'

l'.noi AKh. Deux rcnl--

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ALKXis, aj>rH en acoir comjitè cent, qu'il dispose dix par dix. Voilà les siens. La bourse ne peut pas se partager; elle te reste avec les autres jetons.

EDOUARD. Et ces quatre compagnies de soldats? Ah ! comme nous nous serions amusés à les ranger en bataille ! N'y as-tu point de regrets, Alexis ?

ALEXIS. J'en aurais si tu les gardais. Je te donne les uniformes rouges; ils sont plus brillants que les bleus. Un jeu de loto et un microscope.

EDOUARD. Heureusement ni Tun ni l'autre ne se partagent.

ALEXIS. Il est bien vrai, à la rigueur ; mais cela peut faire deux lots, un pour chacun. Charles viendrait nous chicaner, et il faut prévenir jusqu'à ses injustices. Laissons-lui le loto, et gardons le microscope pour nous. Il pourra servir à nous instruire, en nous faisant connaître mille beautés de la nature qui se déroberaient à nos regards.

EDOUARD. Ah! voilà maintenant ce qui me coûte le plus! ces treize jolies figures de porcelaine.

ALEXIS. Tu n'aurais jamais pu les placer ensemble sur ta cheminée. Sais-tu ce qu'elles représentent?

EDOUARD. Les neuf Muses et les quatre Saisons.

ALEXIS. Donne-lui les Saisons. Tu as droit à la meilleure part, et les Muses ne se séparent jamais. Mais veux-tu m'en croire? ne faisons point les choses à demi. Accordons-lui, pour égaliser, le reste des jetons et la bourse. (Il remet les cent jetons de Charles dans la bovrse, et met le tout ensemble de son côté,) Les voilà dans son lot.

EDOUARD. Tu me fais faire ce que tu veux.

ALEXIS. Ce que j'aurais fait moi-même à ta place. Ha, ha! des estampes encadrées ! J'avais oublié de lui en parler.

EDOUARD, avec joie. Est-il bien vrai, mon ami ?

ALEXIS, d'un air sévère. Et qu'importe! N'est-ce pas comme s'il le savait? Combien y en a-t-il? Voyons? Une, deux, trois. {Il compte juscpi' à vingtquatre, en parcourant leurs inscriptioîis l'une après l'autre, et les partageant à mesure en deux lots.) Ici les princes régnants de l'Europe, et là les grands hommes de France.

EDOUARD. Eh bien! lesquels choisirons-nous?

ALEXIS, lui présentant deux estamjjes qu'il a mises de côté dans le second lot. Ah! mon cher Edouard, notre choix est tout fait. Voici La Fontaine et Fénelon, Gardons les amis de notre enfance. [Il baise les deux portraits ; ensuite il met les prijices dans le lot de Charles, et les grands hoinmes dans celui d' Edouard . ) Voilà tout, je crois?

EDOUARD, tristement. Hélas! oui.

ALEXIS. Pouiïiuoi cet air si triste?

EDOUARD. C'est que tu veux-fpie mou lueii lui appaiin'uiu'.

•27» I.KS KIKKNNES.

ALEXIS. i\<t]i, iiK^ii cher Edouard, ce n'est pas inoi qui le veux ; c'est toi qui Tas voulu, et qui le veux encore. N'est-il pas vrai, tu le veux toujours?

EDOUARD. Oui, oui; fais seulement que je ne voie plus cela, cpie j'en snis débarrassé.

ALEXIS. N'y pense plus, mon ami; tu as fait ton devoir. Je cours trouver Charles et lui parler. S'il t'a trompé, je veux qu'il en meure de lionte.

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