‹ L'ami des enfants (volume 2)Chapitre 56 sur 276 · LE PETIT JOUEUR DE VIOLON · texte numérisé non relu

LE PETIT JOUEUR DE VIOLON

PEKSONX.VGES.

M. DE MELFORT. | AGATHE et CHARLOTTE DE

CHARLES, son fils. | SAINT -FÉLIX, amies de So-

SOPfflE , su fille. 1 phie.

SAINT -FIRMIX, son ne\eu. ! JOXAS, petit joueur de violon. La scène est à Paris, dans la maison de M. do Melfurt. SCENE I. — CHARLES, SAINT -FIRMIX.

HAiiLEs. Écoute, mon petit cousin, il faut que tu ^ ^.[i^me fasses un plaisir.

•^ sAiNT-FU\>nN. Voyons, de quoi s'agit-il? Tu as toujours quelque chose à me demander.

W^i CHARLES. C'est parce que tu es le plus habile de nous ^^^•deux. Tu sais bien la version de cette fable de Phèdre que ^ "^ notre précepteur m'a donnée à faire? SAiNT-i-iuMiN. Est-ce quG tu ne Tas pas encore finie ? CHARLES. Comment aurais-je pu l'achever? je ne l'ai pas commencée. SAiXT-FuiMiN. Tu n'as donc pas eu le temps d'y travailler depuis onze heures jusqu'à trois?

CHARLES. Tu vas voir si cela était possible. A onze heures, j'avais besoin de courir un peu dans le jardin, afin de gagner de l'appétit pour diiier. Nous sonmies restés à table dejyuis midi jusipi'à une heure. S'asseoir et s'appliijuer tout de suite après le repas, lu sais combien le médecin de papa

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dit que c'est dangereux. Ainsi, comme j'avais bien mangé, il m'a fallu faire longtemps de l'exercice pour ma digestion.

sAiNT-FiRMix. Mals au moins à présent la voilà faite; et jusqu'à la nuit tu as plus de temps qu'il ne t'en faut,

CHARLES. Est-ce que ce temps n'est pas marqué pour ma leçon d'écriture?

SALNT-FiRMiN. Mais puisque ton maître n'est pas venu?

CHARLES. Je l'attendrai : je fais tout de travers lorsque mes heures sont dérangées,

SAiNT-FiRMiN. Tu auras encore après ta leçon un petit reste d'après-midi, et toute la soirée,

CHARLES, Je n'aurai pas une minute. Ma sœur attend aujourd'hui la visite des deux demoiselles de Saint-Félix.

SAINT-FIRMIN, Est-cc pour toi qu'cllcs viennent?

CHARLES. Non, mais il faut bien que j'aide ma sœur à les amuser.

SAINT-FIRMIN. Et qui t'empècliei'a, lors(iue ces demoiselles seront retirées?

CH.\RLES, Oui-dà! travailler aux lumières, pour me gâter la vue ! Cependant il faut que demain au matin ma version se trouve prête,

SAINT-FIRMIN. Hé l)ien ! qu'elle le soit ou qu'elle ne le soit pas, que m'importe ?

CHARLES, Tu voudrais donc me voir réprimander par notre précepteur et par mon papa?

SAINT-FIRMIN, Tu sais toujours me prendre par mon faible. Voyons, oîi est cette version ?

CHARLES. Là-haut dans notre chambre, sur ma table. Je vais te la chercher, ou plutôt viens avec moi.

SAINT-FIRMIN. Va le premier, je te suis à l'instant. Je vois venir ta sœur qui voudrait me parler.

CHARLES. Ne va pas au moins lui rien dire de tout ceci, entends-tu?

scÉWE n. — SOPHIE, SAIXT-FIKMIX.

SOPHIE, Hé bien ! mon petit cousin, quel démêlé avais-tu là avec mon frère? Il t'a assurément joué quelque tour de son métier?

SAINT-FIRMIN. Ce u'est pas un tour de son métier, c'est une demande de sa façon : il veut que je lui fasse, à l'ordinaire, son devoir pour demain.

SOPHIE. Et mon papa ne sera jamais instruit de sa paresse !

sAiNT-FuoiiN. Ce n'est pas moi (jui me chargerai de l'en avertir. Tu sais que depuis la mort de la maman mon oncle est d'une santé si faible (pie la moindre émotion le rend malade pour plusieurs jours. D'ailleui^s, je vis de ses bienfaits, et il pourrait croire que je cherche à perdre son fils dans son esprit.

SOPHIE. Hé bien! j'attends mon frère à la première occasion... Mais sais-tu jxiurtjuoi je voulais te parler? (>'est que les demoiselles de Saint-

LE PKTIT .lOrEl'R DE VIOLON. M.{

Félix viennent aujounf liui me voir : il faut que tu nous aides à nnus hicu amuser.

s.\iNT-FiRMiN. Oh ! je ferai de mon mieux, ma petite cousine.

SOPHIE. Ah ! les voici.

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