‹ L'ami des enfantsChapitre 106 sur 116 · LEI'EE · texte numérisé non relu

LEI'EE

AucrsTK. — Oh ! mon papa... Mais qu'avez-vous donc à la main?

M. d'ouval. — (Juelque chose qui ne te siéra pas trop bien ; une épée, vois-tu?

AUGUSTE. — Quoi! c'est pour moi! Oh! donnez, mon cher papa ! je veux être à l'avenir si obéissant, si appliqué...

M. d'ihival. — Ah! si je le croyais! Mais sais-tu bien qu'une épée demande un homme ; qu'il ne faut plus être un enfant pour la porter; qu'on doit se conduire avec réflexion et décence ; enfui, que ce n'est pas à l'épée de parer son homme, mais à l'homme de parer son épée.

AUGUSTE. — Oh! ce n'est pas l'embarras ! je saurai bien parer la mienne ; et je n'aurai plus rien de commun avec ces petites gens...

M. d'ouval. — Que veux-tu dire par ces petites gens ?

AUGUSTE. — J'entends ceux qui ne sont pas faits pour porter une épée au côté et un plumet au chapeau ; ceux qui ne sont pas nobles comme vous et moi.

M. d'orval. — Pour moi, je ne connais de petites gens que ceux qui pensent mal et ne se conduisent pas mieux, qui sont désobéissants envers leurs parents, grossiers et impolis envers les autres. Ainsi je vois bien de petites gens parmi les nobles et bien des nobles parmi ceux que lu appelles les petites gens.

AUGUSTE. — Oui, c'est aussi ce que je pense.

M. d'orval. — Hue parlais-tu donc tout à l'heure d'épée et de plumet au chapeau ? Crois-tu que les vraies prérogatives de la noblesse consistent dans ces misères-là? Elles servent à distinguer les états, parce qu'il faut bien que les états soient distingués dans le monde. Mais l'état le plus élevé n'en avilit que davantage l'homme indigne de l'occuper.

AUGUSTE. — Je le crois, 'mon papa. Mais ce n'est point m'avilir que d'avoir une épée et de la porter.

M. d'orval. — Non. Je veux dire que lu ne le rendras digne de celte distinction que parla bonne conduite. Voici ton épée ; mais souviens-loi...

AUGUSTE. Oui, mon papa ; vous verrez. (Il vml nieUi'o lopue à son coté ci no peut

en venir ù bout. M. d'Orval l'aide à la ceindre.^

M. d'orval. — Comment donc ! Elle ne te va pas si mal !

l.EPEE

AUGUSTE. — N'est-ce pas ? Oh ! j'en étais bien sùi' !

M. d'ouval. — A merveille. Mais n'oublie pas surtout ce que je t'ai dit. Adieu, (ii laitiiueiquos pas pour sortir et revient. i A propos, je vieos d'envoyer chercher ta petite société pour passer ce jour de fête avec toi. Songea te comporter comme il convient.

AUGUSTE. — Oui, mon papa.

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