M. ET MADAME DE VALE.NCE
M. DE v.vLENCE. — Voilà noire Valentin qui se promène dans l'allée avec un livre à la main. Je crains bien que ce ne soit plutôt par vanité que par un véritable désir de s'instruire qu'il ait toujours l'air occupé de quelque lecture.
.M.VD.VME DE v.vLENCE. — D"où te vient cette pensée, mon ami?
M. DE VALENCE. — Ne remarques-tu pas qu'il jette la vue en dessous, tantôt d'un côté, tantôt de l'autre, pour voir si personne ne fait attention à lui?
MADAME DE VALENCE. — Cependant ses maîtres rendent un témoignage très flatteur de son application, et ils conviennent tous qu'il est fort avancé pour son âge.
M. DE VALENCE. — Cela cst Vrai. Mais si je ne me suis pas trompé dans mes soupçons, si les petites connaissances qu'il peut avoir acquises lui ont donné
de la vanité, j'aimerais cent fois mieux qu'il ne sût rien et qu'il fût modeste.
MADAME DE VALENCE. — Quoi ! rien, mon ami?
M. DE VALENCE. — Oui, ma femme. Un homme sans connaissances bien relevées, mais honnête, modeste et laborieux, est un membre de la société beaucoup plus digne de considération qu'un savant à qui ses études ont tourné la tète et enflé le cœur.
MADAME DE VALENCE. — Je ne peux croire que mon fils soit encore dans ce cas.
M. DE VALENCE. — Oue le ciel nous en préserve! Mais nous voici arrivés à la campagne; j'aurai plus d'occasions de l'observer moi-même, et je suis résolu de profiter de la première qui se présentera pour éclaircir mes conjectures. Je le vois qui s'avance vers nous. Laisse-moi un moment seul avec lui.