SCENE IV
Madame Di: grammokt , JUSTINE.
JUSTINE , qui s^est occupée à chercher pendant la fin de la dernière scène. Je puis toujours bien répondre.qu'ils ne sont pas dans cette pièce. Il n'y a pas un coin que je n'aie visité.
MADAME DE GRAMMONT. Voilà dcs clioscs qui ne devraient pas arriver dans ma maison. Je tremble autant que je désire d'être éclaircie sur cet événement.
t SCENE V.
Madame DE GRAMMONT , JUSTINE , ROBERT.
ROBERT. Me voici , madame , que voulez-vous de moi?
MADAME DE GRA3IM0I\T. Robert , c'*eSt pOUF VOUS
dire qu*'il manque six jetons d^argent.
ROBERT. Est-ce que madame me soupçonnerait de les avoir détournés ?
MADAME DE GRAMMONT. A Dieu ne plaisc , mon ami I Je te connais trop bien pour avoir de pareilles idées. Mais, comme tu as traversé Tappartement , je voulais te demander si tn ne les avais pas vus sur quelque fauteuil.
ROBERT. Des jetons sur des fauteuils !
MADAME DE GRAMMONT. Je sais quc 06 n*'est pas leur place ; mais les enfants s'en sont servis pour jouer. Ils les auront peut-être laissés étourdiment dans un coin , et tu aurais pu les voir.
ROBERT. Je ne les ai pas vus , madame.
-MADAME DE GRAMMOJNT. Tant pis ; mc voilà fort embarrassée. Je ne sais quel parti prendre. Il faut certainement qu''ils se soient perdus aujourd''hui. Je les comptai moi-même hier au soir. Mais cherchez donc , Justine.
JUSTINE. Vous avez vu, madame , que je n'ai pas perdu un moment. Les pauvres domestiques sont bien à plaindre quand il s'égare quelque chose dans une maison. On gronde, et Ton soupçonne même les plus honnêtes.
MADA3IE DE GRAM3I0NT. LcS pluS llODHêteS doî-
vent me pardouner de les comprendre dans mes
recherches pour découvrir celui qui ne l'est pas.
ROBERT. Vous pouvcz commenccr par moi , madame. Les fripons sont les premiers à se fâcher de ce qu'on les suspecte. |
JUSTINE. Je ne crains rien de ce côté , Dieu merci! Mais c''est toujours un affront pour des domestiques, lorsqu'il se fait des recherches dans une maison.
MADAME DE GRAMMONT. McttCZ-VOUS UU mOmCnt
à ma place ; que feriez-vous?
ROBERT. Ce que je ferais , madame? Il me vient une idée ; et si vous me permettez de l'exécuter, je vous garantis que je retrouverai ce que nous cherchons.
MADAME DE GRAM310NT. Mais sougcs-tu qu'il ne faut compromettre personne ? Quel est ton dessein ?
ROBERT. Je ne puis vous le dire. Un seul mot le ferait manquer. Ayez la bonté seulement de faire assembler ici tout le monde. Je vous promets que le voleur se dénoncera lui-même.
MAPAME DE GRAMMONT. Je UC Sais si jC dois*..
ROBERT. Vous me connaissez , ma chère maîtresse ; soyez sûre que personne n'aura à se plaindre, que le coupable; et je ne crois pas que vous veuilliez le ménager.
MADAME DE GRArBioNT. Eh bicii , jc coiinais ta prudence, je m'en rapporte à toi.
ROBERT. Bon! je vais tout disposer pour mon sortilège ; n'en soyez point effrayée. Rien n'est plus naturel. (// sort. )
Madcune DE GaAMMOirT , JUSTINE.
JUSTINE. Madame, il a parlé de sortilège; avezvous entendu ? Si je n'étais pas si sûre d'être innocente , j'en mourrais d''avance de frayeur.
MADAME DE GRAMMONT. Taiscz-vous donc , imbécile !