DE BE.LLEC0WI3E. Pourquoi douc, je te prie
LA PIPE. Cest que je vois alors tout ce que cela produit. Oui, n'est-ce pas? je ferai de braves guer-
riers de vos enfants, pour qu^on les renvoie un jour, comme vous, sans récompense, après avoir servi dans leurs plus belles années?
M. DE BELLECOMBE. A quoi bou mc le rappeler, puisque moi-même j"'ai cessé de m'*en plaindre?
LA PIPE. Je m'en plaindrai pour vous et pour moi jusqu'à la mort. Mille bombes ! n''est-ce pas une borreur ! Me réformer, moi, la Pipe, pour une jambe de moins! Un soldat est toujours bon, quand il lui reste le cœur et la tète. Si Ton craint que des estropiés ne figurent pas bieji dans une revue, qu''on les garde pour des batailles. Faites-m^n un corps à part. N'en déplaise à Picardie, Cbampagne et Navarre, ce sera le premier de tous, j'en réponds.
M. DE BELLECOMBE, Ol SOUriaut . MoU vioUX
ami, que j'aime à te voir encore tout ce feu de bravoure et de jeunesse !
LA PIPE. Vous me fàcliez, de rire quand vous devriez tempêter plus que moi. Je suis un pauvre hère sans conséquence, que Ton croit ne devoir plus regarder lorsqu'il n'a pas tous ses membres. Mais vous, d'un sang noble, vous qui vous êtes distingué dans dix batailles, qui êtes tout couvert de blessures! être renvoyé sans pension, lorsque vous avez une famille nombreuse à soutenir; cela .crie vengeance à la terre et au ciel !
M. DE BELLECOMBE. Je n'ai pas de reproche à me faire. Il en est de plus malheureux. (// se touî'ïie vers ses enfants qui paraissent émus et troublés.) Mes petits amis, vous avez assez tra—
Ô88 l'ami des enfams.
vaille ce malin pour prendre un peu de relâche.
Allez embrasser votre maman.
LES ENFA>TS. Oui, oui, moH papa; et nous reviendrons tout de suite à Touvra^e.