EDOUARD , CHARLES , ALEXIS
EDOUARD , revenant avec un grand giiteau qtCil présente à Charles. Tiens, voilà qui t'appartient par dessus le marché.
CHARLES, le repoussant d'une niain^ et de rauiresecachantlevïsage.'^on.fïion', c'en est trop. EDOUARD. Prends-le, je te le donne ; et ne crois pas que ce soit par le remords de t'avoir celé quelque chose. Alexis peut f en être garant.
ALEXIS, en regardant fixement Charles. Oui," je le suis, à la face de tout Tunivers. (Charles s'' essuie les yeux.) Mais je crois que vous pleurez, monsieur Charles ! Qu'avez-vous donc ?
CHARLES. Rien, rien ; si ce n''cst que je suis un malheureux, qui.... qui vous a trompé.
ALEXIS. Toi, me tromper! Non, c^est impossible. Ne sommes-nous pas amis dès Venfance , fils de bons voisins et de bons amis ?
CHARLES. Et c"'est cc qui me rend plus coupable. Je ne mérite pas que tu penses si noblement de moi. (Il prend la main d'^Edouard.) Je puis cependant te montrer que je ne suis pas encore tout à fait indigne de ton estime. Il est bien vrai que je n'ai rien reçu de mon papa en bagatelles et ea friandises, mais... mais... {Il fouille dans sa po— cJie) voici trois louis que je lai ai demandés à la place et qu'il m'a donnés. Tu le vois , j'étais un
trompeur, tandis que tu étais si généreux à mon égard. Voici la moitié de mon argent. 11 t^appartient de droit. Seulement, par pitié , pardonne-moi ma coquinerie, et reste mon ami.
EDOUARD, lui sautant au cou. Oh! toujours, toujours , toute ma vie I Comme tu me ravis de plaisir ! non pas à cause de l'argent , car sûrement je ne le prendrai pas...