M. DUFRESNE , ÉSOITARD , CHARLES , ALEXIS , COMTOIS
M. DUFRESNE, qui Bst entré depuis un moment à Vimfproviste^ et s'est arrêté pour jouir de ce spectacle^ lève ses mains et ses regards vers /^ ciel^ ensuite il s"" avance^ comme s'il n'avait rien etitendu^ et dit : Eh bien ! vous trouverai-je toujours en querelle !
EDOUARD, courant à hd. Ah, mon papa ! vener nous accorder. Alexis nous traite bien durement. Il m^a rendu fidèle à ma parole
CHARLES. Il me rend à Thonneur
EDOUARD. Et il méprise notre reconnaissance.
ALEXIS, se jetant dans les hras de M. Dufrestte. O mon digne protecteur, mon second père î sauvezmoi, sauvez-moi de leur générosité. Je viens de me justifier auprès de vous de la méfiance qu''on voulait vous inspirer sur son compte ; et j''irais maintenant me démentir ! Non, non ; je me rendrais suspect à moi-même de n''avoir agi que par intérêt. Me me laissez pas corrompre, je vous en conjure.
M. DUFRESNE. Mcs chcrs cnfauts, que vous me ravissez ! Non, mon brave Alexis, ces présents ne sont rien pour payer tant de délicatesse et de désintéressement. Je vais mettre fin à ce noble démêlé. (^ Edouard et à Charles.) Que chacun de vous garde ce qui lui appartient. Je prends sur moi votre reconnaissance.
EDOUARD. Ah, mon papa! de quel plaisir voulezvous me priver !
CHARLES. Vous me punissez, Monsieur, comme je le méritais peut-être tout àThcure; mais vous êtes témoin de mon changement. Ah ! par pitié, daignez vous joindre à moi, pour obtenir d^ Alexis. . . .
ALEXIS, à M. Dufresne. Non, non 5 de grâce ne m"'y contraignez point.
M. DUFRESNE. Je Tcxigc de toi, mon ami. Il n'y aurait que de Torgueil et de la dureté à lui dérober le plaisir de faire du bien , dont tu viens de lui faire goûter , peut-être pour la première fois , la douce jouissance. Prends cet argent , et donne-le à ta mère , qui t*'a inspiré une si noble façon de penser.
ALEXIS. Vous m'y forcez , monsieur , je vous obéis. Oh ! quelle joie pour elle ! Mais, au moins, qu'Edouard garde ses présents.
M. DUFRESNE , tirant sa bourse. Eh bien ! qu'il les reprenne pour les partager avec sou ami. Je les rachette en son nom, pour ces trois louis d'or
ALEXIS. Ah! mon cher monsieur Dufresne! arrêtez, arrêtez! Je ne sais, tant je suis pénétré de joie et de reconnaissance... ]\ïa pauvre mère ! Il y a bien longtemps qu'elle ne se sera vue si riche î 0 mes bons amis! [Il embrasse Edouard et Charles sans youroir leur parler.)
M. DUFRESNE, Cl Edouard. Mon fils , je te dois aussi une récompense pour ta docilité à suivre les nobles conseils d'Alexis.
EDOUARD. Eh! mon papa! comment pouvez-vous me récompenser mieux que par ce que vous faites envers lui !
M. DUFRESNE. Ce ii"'est rien encore. ïl n'a ctc jusqu"*ici que le compagnon de tes plaisirs ; je veux qu'il le soit de tes exercices et de tes études. Je ne mettrai point de différence dans votre éducation.
EDOUARD. Oh! comme je vais profiter près de luil
ALEXIS, sejetmitaux genoux de M. Dufresne. Voulez-vous me faire mourir de Texcès de vos bontés?
M. DUFRESNE, le relevant. Non , je veux que tu vives pour aimer monfds , comme j''aimais ton père.
CHARLES. Laissez-moi aussi prendre part à votre amitié. Je commence à ne pas m'en croire tout-àfait indigne , et je le dois à vos exemples.
M. DUFRESNE. Oui , mos auiis , tel est T empire de la vertu , d'élever jusqu'à elle tout ce qui l'approche. Vivez toujours unis , pour vous fortifier dans la droiture et dans l'honneur ; et soyez hommes ce que vous êtes enfants.
DRAME EN UN ACTE
PERSONNAGES
M. DE FAVIERES.
Mme DE FAVIERES.
MÉLANIE , j
CONSTANTIN , f ,
ALEXANDRINE.f^*^'"'^'-"'^^"^''