ACTE III, SCENE IV
Le plus libre est des lois le moins indépendant. Malheur à tout état où règne l'arbitraire; Où le texte avili fait place au commentaire.
PL AU DE
C'est bien ainsi qu'on fonde un bon gouvernement!
Non, la délation et l'emprisonnement,
Voilà les vrais ressorts ! Il ne faut point de grâce :
De l'apparence même au besoin l'on se passe.
Moi, messieurs, par exemple, oh! je l'entends au mieux.
Je n'examine pas si c'est clair ou douteux;
Je vois, ou ne vois pas; j'arrête, au préalable.
Aussi, me dira-t-on qu'il échappe un coupable?
Je fournis les cachots.
FORLIS.
C'est un terrible emploi.
PLAUDE.
Il faut être de fer; il faut que ce soit moi
Pour y tenir, monsieur! Nul jour où je n'enferme
Quelque conspirateur!... Oh! mes limiers vont ferme!
Tenez , on en arrête encore un aujourd'hui ;
Je viens de signer l'ordre ; on doit être chez lui.
Il est riche, il est noble; après ces deux épreuves....
VERSAC
J'entends : cela suffit pour se passer de preuves ?
PLAUDE.
Ici, j'en ai.
VERSAC
Vraiment ?
PLAUDE.
Un écrit de sa main.
LAROCHE, a part.
Quel contretemps !
PLAUDE.
J'espère aussi que dès demain Un bon arrêt....
VERS A c.
Sitôt ?
PLAUDE.
Tout retard est funeste.
Il nous faut un exemple; aussi, je vous proteste • Que je vais de tout cœur soigner ce monsieur-là. Je vous le certifie, un bon traître!.... déjà. Le procès est en train.
DUBRISSAGE, CL part.
O la langue indiscrette !
VERSAC
Un noble, dites-vous?
PLAUDE.
Oui, son affaire est faite.
Son nom va circuler bientôt dans tout Paris :.... Il est assez connu; c'est monsieur de Forlis?
F OR LIS
Y pensez-vous , monsieur ? Quel nom osez-vous dire ?
PLAUDE.
Le marquis de Forlis!.... |
VERSAC
Monsieur est en délire?
PLAUDE.
Non, monsieur, c'est lui-même, et je le sais fort bien: Je n'ai pas ce matin instrumenté pour rien.
FORLIS.
Ce matin?
PLAUDE.
J'ai fait tout pour qu'on saisit le traître.