ACTE lY, SCENE VIL
C'est moi, ce n'est que moi qu'on cherche ici, madame. Pour vous moins exposer, je cours au devant d'eux.
VERSAC
Non, restez : notre honneur nous enchaîne tous deux. J'ai répondu de vous; je tiendrai ma parole : Forhs, de l'amitié commence ici le rôle. L'esprit nous divisa, le cœur nous met d'accord. Versac va partager ou changer votre sort. J'aurais trop à rougir, si, d'une ame commune, J'abandonnais l'ami , que trahit la fortune. Restez; ces murs, du moins, pourront vous protéger.
FORLIS.
Je ne redoute point un courroux passager.
Je puis d'un cœur tranquille affronter leur présence :
La crainte est pour le crime , et non pour l'innocence.
Du moins, en quelque endroit que vous portiez vos pas. Vous savez qu'un ami ne vous quittera pas.
MADAME VERSAC
J'oubliais : on a vu ces hommes pleins de rage Courir vers la maison de monsieur Dubrissage , L'accuser , à son tour , d'infâmes trahisons , Supposer entre vous de sourdes liaisons, L'appeler votre ami , même votre complice , Et vous envelopper dans la même injustice.
FORLIS.
Mon ami! ce trait-là, sans doute, est le dernier. C'était le seul affront qui pût m'humilier. Cet homme, mon ami!