SCÈNE III
DUBKISSAGE, VERSAC , iAUdamk VERSAC.
VERSAC
Excusez mon couroux; Et plaignez tous les maux où mon ame est en proie. En ces moments de crise, où l'esprit se fourvoie, Qui pourrait se flatter, de soi-même vainqueur, De régler ses discours, d'ordonner sa douleur? levais, je cours par-tout, rempli d'horreurs secrètes. Redemandant Forlis à ces voûtes muettes. Qui m'apprendra son sort? Ah! ce silence affreux Redouble la terreur de ce jour douloureux. O Dieu! Dieu! que je crains!
nuBRissAGE, se composant, et avec hypocrisie.
Cruelle inquiétude!
Et c'est lui qui nous jette en cette incertitude. Extrémité fâcheuse, où nous ne serions pas S'il m'eût permis au moins d'accompagner ses pas ! C'était le seul moyen... Mais, que faire, à cette heure, Et quand l'honneur sur-tout veut qu'ici je demeure? Vous-même, avez voulu, monsieur, mè retenir.
VERSAC
Pardonnez, si j'ai pu me laisser prévenir....
Le malheur rend injuste... Allons... Sonnons encore...
( Il va sonner dans la plus grande inquiétude. ) Quel secret m'apprendra le temps que je dévoré?....
MADAME V E Px s A c , au laquais qui entre. Personne de retour?
8o L'AMI DES LOIS.
LE DOMESTIQUE
Personne, jusqu'ici.
MADAME VERSA C
Le quartier?
LE DOMESTIQUE
Est tranquille à présent, Dieu merci.
Vous n'avez rien appris?
VERS A c.
Quoi î rien entendu dire ?
DUBRISSAGE.
Sur monsieur de Forlis aucun bruit ne transpire?
LE DOMESTIQUE
Rien; sinon qu'attaqué par des hommes méchants. Il a pour lui, dit-on, tous les honnêtes gens : Mais les honnêtes gens sont de faible défense.
VERSAC, à Dubiissage , avec l'intérêt le plus vif. Si vous avez un cœur au-dessus de l'offense, Monsieur; si mon ami, contre vous prévenu, Comme vous l'avez dit , vous avait mal connu ; Eh bien! tirez de lui cette vengeance heureuse, La seule qui convienne à l'ame généreuse : Arrachez-le des mains qui poursuivent ses jours ; Malgré lui-même, enfin, prêtez-lui vos secours ; Et, si vous nous servez, ah! mesurez d'avance Sur un si grand bienfait notre reconnaissance.
DUBRISSA GE.
Que puis-je en sa faveur? Je me suis vu ravir Et par vous , et par lui , l'espoir de le servir.
VERSAC
Punissez-nous tous deux, je le répète encore. Mais par un châtiment, monsieur, qui vous honore.