COMMENTAIRE
» RuGLE I Toutes les indulgences qui se trouvent dans la derniére collection publide par la Congrégation des Indulgences sont authentiques.
Le recueil authentique dont il est ici question est la Raccolia di Orazioni éditée par la Propagande en 1898.
Télesphore Galli, chanoine de Sainte-Marie i Cosmedin, & Rome, et consulteur de la Sacrée Congrégation des Indulgences, publia pour la premiére fois la Raccolid en 1807. C’était, dit le P. Beringer, un prétre distingué par sa piété et plein de zéle, qui propagea en Italie différentes pratiques pieuses. Il avait une dévotion toute spéciale aux 4mes du purgatoire, et leur appliqua par lacte héroique de charité tous les suffrages que l’on ferait pour lui aprés sa mort. Poussé par sa dévotion favorite, il ordonna ‘dans son testament qu’on gravat sur sa pierre tumulaire une inscription dans laquelle, du fond méme de sa tombe pour ainsi dire, il exhortait encore les fidéles 4 prier pour les Ames du purgatoire. A chaque nouvelle édition de la Raccoltd, l’auteur avait soin de placer toujours en téte de son livre une touchante dédicace a ses chéres ames *,
Nous traduisons: « Ce Recueil de priéres enrichies d’indulgences voit le jour pour la neuviéme fois. Je n’ai pas cherché de personnage haut placé pour le mettre sous sa protection, mais c'est a yous seules, mes chéres Ames, que je me crois obligé de le dédier de nouveau. Vous étes de dignité sublime et enviable, puisque vous étes les filles aimantes de Dieu et les épouses aimées de Jésus-Christ. »
Avant sa mort, gui arriva en 1845, Galli vit de nombreuses éditions de son ouvrage, tant en italien qu’en francais. Elles n’avaient d’autre valeur que celle des documents invoqués.
Aprés lui, Lonis Prinzivalli, substitut de la S. Congrégation des Indulgences, fit deux nouvel-
‘ Beringer, Les Indulgences, t. I, p, 90.
T7AMIDU “CLERGR 000 fee
ee ee ee ee
les éditions privées de la Raccoltd. Ein 1854, la-
S. Congrégation approuva la treiziéme, la reconnut comme authentique, et déclara qu’elle devait servir de régle pour la solution des doutes qui peuvent se présenter.
Ce n’est qu’en 1877 que le recueil fut publié au nom de laS. Congrégation des Indulgences. Une nouvelle édition a été faite en 1898. Et le pape a déclaré que uli genuina et authentica Sylloge Indulgentiarum hactenus pro universis Christifidelibus et proquibusdam eorum ceelibus ibidem designatis concessarum ab omnibus est retinenda.
D'aprés ce décret, la Raccolla est la seule source ou il faut chercher le véritable texte et les conditions des priéres indulgenciées, sans qu’on ait a se préoccuper de la concession primitive.
Reeie Il
Les indulgences générales qui ne se trouvent point dans cette collection, ou qui auraient été accordées aprés sa publication, ne doivent étre tenues pour authentiques que lorsque UVoriginal de la concession aura été reconnu par la Sacrée Congrégation des Indulgences, a laquelle il faut le montrer sous peine de nullité de la concession.
La prescription de la seconde régle, qui oblige, sous peine de nullité, a déposer loriginal de la concession a la Secrétairerie de laS. Congrégation des Indulgences, remonte a Benoit XIV. Le décret du 19 janvier 1756, sanctionné le 28 du méme mois, s’exprime ainsi :
Comme l’expérience prouve chaque jour que beaucoup de concessions générales d’indulgences sont expédiées a Vinsu dela S. Congrégation elle-méme, ce qui est une source de nombreux abus et d’incertitudes, il a été statué aprés une mire délibération, que tous ceux qui obtiendront désormais de pareilles concessions générales d’indulgences, seront tenus, sous peine de nullité
pour la grace obtenue, de déposer un double de l’acte de concession a4 la Secrétairerie de la dite Gongrégation *.
Le 14 avril 1856, la 8. Congrégation rappela ce décret et en pressa l’exécution °.
Que faut-il entendre par les concessions générales ici mentionnées? « On appelle concessions générales d’indulgences, dit Beringer, celles que tous les fidéles peuvent cagner en tout temps et en tous lieux. Ainsi, par exemple, on ne compte pas parmi les concessions générales, dans le sens du décret du 14 avril 1856, les indulgences accordées seulement aux membres de telle ou telle confrérie, aux fidéles de telle ou telle nation °
Les Analecta donnent le aN ee suivant, qui est le méme, 4 peu de choses prés* :
Id tamen valet tantum quoad indulgentias omnino et
sub omni respectu generales: que scilicet concessee sunt omnibus fidelibus pro quibusdam precibus vel piis ope-
4 Decreta auth., n. 205.
1010 NO i Me 5 Les Indulgences, talsiral023
4 Analecta, 1899, p. 495.
ribus, et quidem in perpetuum; non valet de iis, qui requirunt insuper adscriptionem in piam unionem, etc., vel visitationem determinate ecclesix, vel que obligationem imponunt deferendi certum scapulare vel numisma, etc., vel que ad tempus quoddam determinatum conceduntur : istee omnes indulgentiz potius particulares censende sunt, ad quas Decretum Benedicti XIV et Pii IX non se extendit.
Reeve Iii
Sont authentiques les indulgences accordées aun ~ Ordres et Congrégations religieux, aux Archiconfréries, Confréries, pieuses Unions et Socié-— lés, quelques églises plus célébres, lieux pieux et objets de dévotion, qui se trouvent dans des Sommaires reconnus et approuvés par la Sacrée Congrégation des Indulgences et publiés avec son autorité ou sa permission.
L’article III vise les Sommazres des indulgences. Aucun Sommaire ne peut étre publié sans approbation soit de la Sacrée Congrégation des Indulgences, soit des évéques.
On trouve dans les. Rescripta authentica un grand nombre de Sommaires approuvés par la Sacrée Congrégation des Indulgences, et il en est d’autres encore; on peul regarder comme authentiques toutes les indulgences qu’ils contiennent, sans se préoccuper des documents dont elles ont été extraites; approbation générale de la Sacrée Congrégation équivaut, en effet, 4 une nouvelle concession.
Les Sommaires ainsi A DDrouwAs par la Sacrée Congrégation, outre leur infaillibilité en fait d’indulgences, ont encore une valeur universelle, de sorte que chacun doit les admettre sans pouvoir les soumettre 4 un nouvel examen, sinon A ce qu’on appelle a un examen de concordance. Cela fait que beaucoup de Sociétés qui, a la rigueur, pourraient se contenter de la révision de l’évéque diocésain pour leurs Sommaires, préférent et avec raison obtenir celle dela Sacrée Congrégation des Indulgences.
Nous allons dire a l’article IV quels Sommaires peuvent autoriser les Ordinaires. :