CATHERINE, HANEZO, FRÉDÉRIC,^ FRITZ
- Hanezô, sur la porte. — Eh bien ! eh. bien !
Catherine, où est donc Kobus ?
Catherine. — Il est allé mettre sa redingote, il revient tout de suite. Entrez .... entrez .... messieurs, je vais chercher la soupière. (Elle sort pat la gauche. Hanezô et Frédéric restent seuls. Ils déposent leurs cannes^ accrochent leurs chapeaux et semble?it tout réjouis,)
Frédéric, se frottant les mains. — Ah ! ah ! nous allons nous en donner ! (77 donne du jeu à sa cravate?)
Hanezô, arra?tgea?it ses cheveux. — Oui, nous allons nous en donner . . . As-tu pris ton petit verre de kirsh pour t' ouvrir l'appétit.
Frédéric. — Parbleu ! J'en ai pris deux ! Et toi !
Hanezô. — Moi, je n'ai pas besoin de kirsch, j'ai toujours faim. {Il tire son gilet des deux maiiis sur son large ventre.)
Frédéric. — Ah ! voilà le plus grand bonheur de la vie, ce qu'on peut appeler un don du ciel : avoir toujours faim ! . . . (S' arréta?it devant la table comme en extase.} Tiens, Hanezô, regarde-moi ça !.. . N'est-ce pas le plus beau tableau qu'un homme raisonnable et bien portant puisse contempler !. . . Ça vous réjouit. . ça vous attendrit. . . ça vous élève l'âme vers le créateur de toutes les bonnes choses qu'on va manger !. . . Quelle table !.. .
Hanezô. — Oui, c'est riche, c'est solide, c'est du vrai luxe du temps passé ! Aujourd'hui tout n'est qu'apparence, les plus pauvres se* donnent des airs de richards.
x8 I/AMI FRITZ.
avec du clinquant. . . Quelle misère !. . . Nos anciens avaient plus de bon sens que nous.
Frédéric, sortant une bouteille du panier, — Qu'est-ce que c'est que ça? (77 T élève à la hauteur de V œil et regarde. Fritz rentre par la gauche *, Hanezô se rapproche pour voir?)
Hanezô. — On dirait du johannisberg ! . . .
Fritz, lui frappant sur V épaule . — Non, Hanezô, c'est du rikevir de 1834, le vin des vieux amis. {Il pose la bouteille sur le buffet et serre la main à Frédéric et à Hanezô. Catherine entre portant la soupière.)