FRITZ, CHRISTEL
Fritz. —Vous êtes sorti de bonne heure, ce matin, père Christel ?
Christel- — A trois heures, monsieur Kobus. J'arrive de Clairefontaine, pour voir après les grilles du réservoir.
Fritz, s* asseyant à droite. — Ah ! très bien, très bien. Une fois les grilles mises en place, nous sèmerons là dedans du poisson, comme on sème des choux, des raves et des carottes dans son jardin, et on n'aura plus qu'à jeter le filet pour en prendre ce qu'on voudra.
Christel. — Justement, monsieur Kobus ; ce sera plus commode. Vous n'aurez qu'à nous écrire ce que vous
voulez, et toutes les semaines Sûzel vous le portera à Clairefontaine, avec le beurre, les œufs et le reste. {En ce moment Sûzel traverse le fond de la scène, son tablier plein de cerises, Kobus la suit du regard. Elle disparaît à gauche ï)
Fritz, se levant. — Savez-vous, Christel, que Sûzel est une enfant extraordinaire ? je ne parle pas seulement de l'idée du réservoir, mais chaque jour, je lui découvre de nouvelles qualités.
Christel. — Oui, monsieur Kobus, c'est une brave enfant, obéissante et laborieuse, qui nous donne de la satisfaction. {On enteiid au fond, à droite, le clic- clac $ un fouet et le roulement d'une voititre.) Tiens, qu'est-ce qui nous arrive à cette heure ? (77 remonte.) C'est un char à bancs. Eh ! c'est M. le percepteur Hanezô, M. l'arpenteur Frédéric et M. le rabbin David Sichel. {Frédéric, Hanezô, pîiis David paraissent au fond. Frédéric porte un gros paquet. Ha?iezô a son fouet à la mai?i.)