ACTE II, SCÈNE IX
SuzEiv.— Oli ! monsieur Kobus ! . . .
Fritz. — Venons, ne rougis pas. . . c'est la vérité.. . .
Christel. — Monsieur Kobus, avec votre permission, vous faites trop d'éloges à cette petite, vous la rendrez orgueilleuse d'elle-même.
Fritz. — Non, père Christel, je lui rends justice et rien de plus. Ces beignets méritaient de figurer sur la table d'un monarque ! ( Ch ris tel fait 21 n geste <ï étonnement. A Sûzel.) Eh bien, Sûzel, voici le rebbe David qui va déjeuner avec moi (Sûzel s'incline en souriant) ; il me fait le plaisir d'accepter à déjeuner. Est ce que tu ne pourrais pas nous préparer un plat de beignets comme celui d'hier?
SuzEiv. — Oui, monsieur Kobus, c'est bien facile.
Fritz. — Un instant, Sûzel, un instant, ce n'est pas aussi facile que tu le penses ! La mère David est une fameuse cuisinière. . . . Elle a gâté le rebbe. . . C'est un fin connaisseur en pâtisserie ... un vieux friand.
David. — Mais, Kobus, Kobus, vas-tu maintenant me faire passer pour un gourmand de ton espèce ? Sans doute j'aime mieux un bon morceau sur mon assiette qu'une queue de hareng. . .
Frédéric — Tu le reconnais à la fin !
David. — Eh oi ! Mais je ne pense pas à ces choses d'avance, ma femme s'en occupe pour moi.
Fritz. — Ta ! ta ! ta ! Quand les beignets arriveront sur la table, avec une bouteille de vieux beaujolais. . . . Nous verrons la mine que tu feras.
David. — Eh ! mon Dieu, je suis un homme comme tous les autres. . . . Quand les beignets arriveront, ils seront les bienvenus.
HanEzô. — Et le beaujolais aussi ?
David. — Naturellement. {Ils rient tous.)
Fritz, à Sûzel. — Enfin, te voilà préveuue, Sûzel. Tâche de te distinguer ! Pouvu que les beignets soient aussi bons que ceux d'hier, tout sera bien.
SuzEL. — Oh ! monsieur, Kobus, ils seront meilleurs ! {Elle fait 2ù?ze révérence et rentre dans la ferme en courant. Christel prend le paquet apporté par Frédéric et se dirige vers r escalier.)
David, à part, prena?it une prise. — Eh ! eh !