‹ L'amiral; comédie en trois actes, en versChapitre 15 sur 77 · SCENE VII JACQUEMINE, ANNETTE, VAN DER TROP · texte numérisé non relu

SCENE VII JACQUEMINE, ANNETTE, VAN DER TROP

VAN DER TROP, entrant tout effaré, passe entre les deux femmes

et va s'appuyer sur la table.

Je n'en puis plus !

ANNETTE

Eh bien ! monsieur?

VAN DER TROP, sans la regarder, avec effroi.

Oh Ijlaissez-moi !

Messieurs les Français î grâce !

ANNETTE

Êtes-vous fou?

VAN DER TROP, reconnaissant sa fille.

C'est toi Mon enfant! Dieu du ciel! j'avais perdu la tête Et je croyais sentir...

Ou entend un bruit de fanfares dans le lointain à gauche.

Qu'est-ce donc! La trompette?...

ANNETTE

Quoi ! ce sont eux ?

VAN DER TROP

Hélas!

JACQUEMINE

Déjà!

Bruit de tambour dans le lointain à gauche. VAN DER TROP.

Bon ! le tambour A présent! chiens maudits! c'est notre dernier jour !

JACQUEMINE

Ils passent par ici?

VAN DER TROP

Sans doute ! le village Si paisible jadis, s'emplit de leur tapage...

Écoutant le tambour qui s'éloigne.

Ran tan plan ! ran tan plan ! qu'ils crèvent donc, morbleu \

ANNETTE

Calmez -vous !

VAN DER TROP

Tout à l'heure, à l'hôtel du Cerf-Bleu Où je m'étais rendu pour avoir des nouvelles, Je les ai vu passer par longues ribambelles, Fantassins défilant à grands pas, pleins d'entrain, Artilleurs, cavaliers, tout le diable et son train! Des têtes de bandits, de grands airs de bravaches, Des chapeaux à plumets, de terribles moustaches...

ANNETTE

Des moustaches, monsieur? des moustaches? j'y vais!

Elle se dirige vers la fenêtre do droite. VAN DER TROP, la retenant.

Veux-tu rester, coquine, et demeurer en paix! 0 curiosité des femmes, — chose énorme ! — Kiic aimerait Satan, s'il portait rnnifonne!

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