‹ L'amiral; comédie en trois actes, en versChapitre 5 sur 77 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

VAN DER TROP, seul.

Le théâtre est dans l'obscurité. Van der Trop, entrant par la gauche, une chandelle à la main, se dirige vivement vers le poêle et y met plusieurs briquettes.

Une, deux, trois et quatre!... heureusement que j'ai

Ghau£fé le poêle à blanc, hier!...

Il va au fond et tire les rideaux des fenêtres :1e jour pénètre peu à peu. — Regardant au dehors.

A-t-il neigé Cette nuit!

Ouvrant la porte du fond et consultant un thermomètre extérieur.

Vingt degrés I quel froid !

Il referme vivement la porte, va à la serre et parlant aux fleurs:

0 mes chéries!

J'ai peur, chaque matin, de vous trouver flétries... Tulipes de mon cœur!... Ah ! si je vous perdais Je serais malheureux parmi les Hollandais 1

Regardant les tulipes une à une.

Voyons un peu... rien!... rien!... en dépit de mes craintes Le froid de cette nuit ne vous a pas atteintes ! Victoire !

Les arrosant.

Allons! buvons, mes mignonnes 1 là! là! C'est bon, hein!... c'est fameux?... Les gourmandes I...

Revenant en scène.

Voilà Pour vous, voici pour moi!

Il va à la table, se verse un verre de liqueur, et boit.

Puis, suivant ce principe Qu'un bon coup ne vaut rien sans une bonne pipe, Je vais en fumer une à la chère santé De dame Van der Beek, ma voisine à côté !

Il bourre sa pipe; se tournant vers les tulipes.

Ah! ah! ah! je vous vois comme des écoliôres

Sourire à ce nom-là... ^'e faites pas les fières!

Jamais nous n'avons eu d'aussi rude rival ;

A n'être pas vaincu j'ai souvent bien du mal.

Car sa collection, il faut que j'en convienne.

Est remarquable et vaut... presqu'autant que la mienne)

Donc, silence ! et soyez modestes, s'il vous plait 1

Hélas! pour m'assurer un triomphe complet, ^

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