TOUT LE MONDE
L'Amiral!... L'Amiral!
FLAGEOLET, se reculant avec effroi.
Un second? Ah! non! non !
LE CAPITAINE, à Flageolet.
Eh bien ! avales-tu?
FLAGEOLET, timidement.
Je n'aime pas l'oignon I
LE CAPITAINE
Ton goût change, il parait?... Avale, ou je me fâche !
ANNETTE, basa Flageolet.
C'est toute notre dot .. n'avalez pas!...
LE CAPITAINE, à Flageolet.
Grand lâche !
Veux-tu bien?...
FLAGEOLET
Ah ! mon Dieu ! Quel terrible souci I
11 faut bien obéir, pourtant!...
Il va avaler l'oignon, une fanfare de cavalerie éclate au dehors. — Il s'arrête.
LE CAPITAINE, écoutant.
Qu'est-ce ceci?
Le boute-selle ! on part... on part sans moi ! Tonnerre ! En retard, moi qui suis le premier d'ordinaire !
Réellement furieux.
Allez au diable tous, vous, vos ambitions, Vos haines, vos amours, et vos collections... Et quant à toi, fameux Amiral qui m'irrites, Tu vas être traité comme tu le mérites !
Il le jette à terre et va l'écraser sous son talon. TOUT LE MONDE, l'entourant et l'arrêtant.
Arrêtez ! Arrêtez !
MADAME VAN DER BEEK, tombant à genoux.
Je vous prie à genoux !
VAN DER TROP, même jeu.
Grâce pour V Amiral !
LE CAPITAINE, aux deux vieux.
Morbleu ! mariez- vous !
Sinon...
. U fait le 'geste d'écraser l'oignon.
'madame van DER BEEK, l'arrêtant.
Soit ! j'y consens I
A part.
L'amour de l'art me brûle !
van DER TROP, regardant madame Van der Beek.
Soit ! par amour de l'art je prendrai la pilule !