SCENE III JACQUEMINE, ANNETTE
Pendant cette scène, le canon cesse peu à peu de tonner. ANNETTE.
Ail ! la belle terreur ! quels poltrons font les hommes !
JACQl'EMINE.
Quoi? ne comprends-tu pas le danger où nous sommes,
Annette? Tu souris quand ces monstres afiFreux,^ Ces Français...
Qui vous dit qu'ils soient si dangereux? Des hommes après tout! moi, je ne les crains guère! Français, Turcs ou Chinois, c'est toujours môme affaire! Pourvu qu'ils aient des yeux qui voient clair, par ma foi I Ils ne nous mangeront encor, ni vous, ni moi.
JACQUEMINE
Le ciel t'entende, Annette !
ANNETTE
Il m'entend ! soyez brave !
Et laissez-moi vous dire une chose plus grave Pour vous, que les Français et tout ce qui s'ensuit; / KréUs est de retour : je l'ai vu cette nuit.
JACQUEMINE, vivement.
Mon ]>ien-aimé Krélis ! après huit jours d'absence ! Tu l'as vu? Comment? où?
ANNETTE
La belle impatience!
Bien ! la terreur s'envole et les Français sont loin !
JACQUEMINE
Annette! je t'en prie!
ANNETTE
Eh bien ! contre le coin De la maison, soudain, j'entendis tout h l'heure Une voix... on eut dit celle d'un chat qui pleure : « Annette!... » c'est mon nom! je ne me trompe pas! )» Annette! p je regarde, et j'aperçois en bas Votre jeune amoureux demi gelé sur place I