‹ L'amour brodeChapitre 57 sur 66 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

Tout ce qui pouvait offrir quelque danger a pris la même route.

GABRIELLE

Tu ne devais pas le perdre de vue...

EMMA

J'ai réfléchi ! Avec ta méfiante cervelle, il faut prévoir les objections. Te voilà ce soir transportée d'admiration, mais demain tu es capable de dire : « Bah ! son san^-froid ne lui coûtait sruère ; l'intervention d'Emma n'a pas dû l'étonner beaucoup. » En ce moment, Charles est seul ; il s'imprime sur la tempe un petit rond glacé et presse la détente

gabrielle, la faisant taire.

Mon cœur se serre, rien que d'y penser ! Quel rêve horrible!

EMMA

Oui, mais quelle sérénité pour toi, lorsque nous aurons vu comment il supporte ce quart d'heure !

gabrielle, vivement.

Ecoute!... On vient d'ouvrir une porte! S'il allait sortir!... La rivière passe au bout du parc...

EMMA

Je l'ai enfermé à double tour sur le vestibule; il ne quittera donc sa chambre que par ici !

Malgré tout, j'ai le sentiment d'un malheur!... Je

te dis qu'il est résolu à en finir!... Peux-tu me jurer qu'il n'a pas de poison sur lui?... On ne sait pas!... Et les cordons de rideaux!... Et bien d'autres moyens de se détruire, auxquels nous ne pensons pas, mais que son désespoir lui a déjà montrés !. = .

EMM

Tu crois?...

GABRIELLE

Je crois ! ... Et tu joues la vie d'un homme avec cette légèreté!... S'il mourait?

EMMA

Oh! ne dis pas cela!

GABRIELLE

Je n'en puis plus! Je vais crier... appeler...

Charles paraît.)

Page 1