SCÈNE
UI1AMPIGN0L.
Ah ! mon Dieu ! Mademoiselle... je nains d’en avoir trop dit.
ANGÉLIQUE
Pourquoi cela ?
CH AMPIGNOL.
Pardon; mais, à l'altération de vos traits, à l'émotion de votre voix , j'ai lieu de penser que j’ai bien cruellement alarmé votre tendresse, troublé votre cœur. Malheureux que je suis!
ANGÉLIQUE
Monsieur !..
Cn AMPIGNOL , comme à lui-même.
Mais , en tout cas , les choses ne sont pas si avancées que l’on ne puisse raeilement les rompre... Désiré ne s'est pas prononcé ; aucune parole n*a été échangée avec les parens de la demoiselle.
ANGÉLIQUE
Mais, Monsieur... de grâce!..
CnAMPIGNOI. , lui prenant la main.
Allons , voyons , de la confiance... mon âge respectable vous autorise à parler. Ne baissez pas les yeux... fiez-vous à moi , et tout pourra peut-être s’arranger.
ANGÉLIQUE, avec élan.
Ah ! Monsieur, que vous seriez bon !
CIIAMPIGNOL.
A la bonne heure , voilà qui est parler !
ANGÉLIQUE
Mais, que M. Désiré ne sache jamais...
CHAMP1GNOL.
An contraire, et je vais le rendre le plus heureux des hommes ! Je vois votre étonnement ; un mot va le faire cesser : 11 vous adore.
ANGÉLIQUE
Lui?.. Mais ce mariage?..
CH AMPIGNOL.
Mensonge... ruse innocente pour connaître l’état de votre cœur ; pour m’assurer , par une épreuve, si mon jeune ami pouvait espérer j vous plaire.
ANGÉLIQUE . confuse.
Ah! Monsieur... c’est bien mal !
CH AMPIGNOL.
Me pardonnez-vous?
ANGÉLIQUE
On m’a dit qu’il ne fallait pas avoir de rancune.
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