ANGÉLIQUE, M" DUHAMEL
ANGÉLIQUE
Un mariage!.. Vraiment, je crois rêver!..
M“* DUHAMEL
Non , non , vous êtes bien éveillée.
ANGÉLIQUE
Oh! dites-le-moi encore, car tout ce qui m'arrive me semble une illusion.
M** DUHAMEL
Vous allez être la femme de M. Désiré!..
C’est uu jeune homme charmant , désintéressé... Il ne semble pas tenir le moins du inonde à la fortune !.. Il est vrai qu'il en a pour deux!
ANGÉLIQUE
Et, d’ailleurs, n’ai-je pas la mienne?.. La mienne !.. Quand je pense qu’il y a quinze jours à peine, j’étais une simple demoiselle le boutique , une petite grisette , comme on nous appelle... Vous entrez dans le magasin , vous me regardez attentivement . puis vous me questionnez sur ina famille. — Ma famille . Madame , je n’en ai plus... quelques pareus éloignés, peutêtre !.. Alors, vous m’apprenez qu’un cousin . dont je n’ai jamais entendu parler , est mort eu Amérique, en laissant une fortune immense , qu’il venait de réaliser pour revenir dans sa patrie !.. Et toute cette fortune, à moi , à moi seule, son unique héritière... Me voilà maintenant aver des bijoux , des robes à volaus , des cachemires , et une voiture à l'heure.
M“* DUHAMEL, souriant.
Et lin inari.
ANGÉLIQUE
C’est ce qu’il y a de plus gentil !
si-' DUAAMEL.
Vous aimez donc bien votre prétendu?
ANGÉLIQUE
Dame ! nous autres demoiselles de magasin .
ce qui nous plail le plus , c'est un air franc , loyal, et des manières sans façons... pourvu qu'on soit joli garçon... c'est de rigueur.
M “* DUHAMEL
Vous n'avez pas besoin de comprendre...
J'entends ces Messieurs... Faites ce que je vous ai dit , ou pas de mariage.
ANGÉLIQUE
Pas de mariage !.. J'obéirai !