‹ L'amour est un enfant comedie en un acteChapitre 14 sur 18 · HENRI, LA BARONNE · texte numérisé non relu

HENRI, LA BARONNE

HENRI

Ah! 'VOUS voulez que jo fasse mes adieux à ma femme... mais avant... permettez, madame... c’est à vous même que je désire parler.

LA BARONNE

A moi?

HENRI

Tout ce qui se passe depuis ce matin me semble tellement étrange... D’abord, mon tuteur aussi bien’que mon précepteur qui me recommandent de me tenir à une distance respectueuse de ma femme... de ne pas songer à lui donner le moindre baiser... Et c’est un ordre auquel je me suis conformé, peut-être bien naïvement... puis, monsieur le marquis encore au nom des convenances et du bon ton, qui me dit qu’un gentilhomme a une femme pour ne jamais faire attention à elle... et lui-même que je trouve tout-à-coup prenant les libertés qu’on me défend à moi, qu’est-ce que cela veut dire?

LA BARONNE

Vous êtes un enfant.

HENRI

L’amour aussi en est un, madame... et c’est pourquoi il y a des choses sur lesquelles j’entends être éclairé à l’instant même.

LA BARONNE

A l’instant... et par qui?...

HENRI

Par vous môme, madame.

LA BARONNE

Par moi?

HENRI, avançant le fanteuil.

Tenez, madame, je vous en prie, asseyez-vous...

LA BARON.NE

Et pourquoi donc ?

HENRI

Oh1 je vous en supplie.

LA BARONNE, s’asseyant sar le sofa.

Allons, il faut bien vous satisfaire...

* Henri, U Baronne.

HENRI

C’est que, voyez-vous, il y a une chose que je tiens tant à savoir.

LA BARONNE

Quoi donc?

HENRI, se glissant derrière elle, et l’embrassant à l’épaule.

Oh!...

LA BARONNE, se levant avec un cri. — Elle revint à droite.

Ah!

Ce que c’est qu’un baiser! ah ! que c’est bon!

LA BARONNE

Petit traitre! petit audacieux! voilà pourquoi vous m’avez fait asseoir. Je devrais être furieuse.

HENRI

Mais vos regards ont beau vouloir être courroucés... On dirait que ça vous a fait plaisir, à vous aussi.

LA BARONNE

Voulez-vous bien vous taire! Je suis très fâchée.

HENRI

C’est drôle, vous n’en avez pas du tout l’air.

LA BARONNE

Je vous dis que je suis...

HENRI

Et pourquoi tant vous irriter? Après tout, je ne fais auprès de vous que ce que le marquis faisait auprès de ma femme.

LA BARONNE

Ah ! le monstre !

HENRI

Je l’ai bien vu... Il lui prenait aussi la main.

(il prend la main de la Baronne.)

LA BARONNE

Ah! le scélérat 1

HENRI, lui prenant la taille.

11 lui prenait aussi la taille.

LA BARONNE

Mais si je vous le permets, croyez bien que c’est parce que VOUS êtes un enfant.

HENRI

Je vous ai dit tout à l’heure, madame, que l’amouraussi...

LA BARONNE

En est un!... Alors je vous défends à l’instant.

* IlonrI, !a Baronne.

HENRI

Ne me défendez rien, de grâce.. . car je commence à le comprendre... En fait do baisers, il y a mieux qu’un, c’est deux.

(il l’embrasse deux lois.^

LA BARONNE *

Voulez-vous bien finir, enfant?

HENRI

Et mieux que deux, c’o.st troi'?, c’est vingt, c’est cent, c’est mille !

Eh bien ! eh bien !

HENRI

Ah ! comme le proverbe a raison... L’appétit vient en mangeant.

(La baronne lui échappe, il la ponrsnit anlonr du Ihéàtre.]

LA BARONNE

Je dois mettre un terme à de telles folies et je vous échappe...

HENRI

Je saurai vous rattraper.

LA BARONNE

Je vous défends de me suivre.

HENRI

Et malgré tout mon désir de vous obéir, je m’attache à vos pas.

LA BARONNE, traversant ***.

C’est une audace impardonnable.

HENRI

Que vous pardonnerez.

LA BARONNE

Finissez!

HENRI

Arrêtez !

Vous allez renverser les meubles.

HENRI

Ce sera votre faute.

LA BARONNE

Et si vous me touchez encore...

* 1.1 UjruunCt Henri.

** Henri, la Barunur.

*•* lai BAfonne, Henri.

l’amour est un enfant

HBNRI.

Ce sera la mienne.

LA BARONNE

Je ne le permettrai jamais.

HENRI

Si ce n’est tout de suite!

LA BARONNE

Je me sauve !

Et je vous tiens I

(il parvient de nouveau à la saisir.)

LA BARONNE

Vous êtes un effronté, mon évent.ûl va vous punir.

HENRI, rembraseant encore.

Si je ne sais obtenir ma grâce...

LA BARONNE

En devenant plus coupable !

HENRI

Pour vous rendre plus indulgente!

LA BARONNE, lui échappant.

Non!... vous voyez bien que non !... Apprenez qu’on n’embrasse ainsi que les chanibrières et que les baronnes demandent plus d’égards. Je ne vous reverrai de ma vie.

(Elle sort précipilammont.

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