OCTAVE, MATHILDE
octave , à part.
Enfin les voilà partis, .et je reste maître du champ de bataille!... {haut) Vous êtes étonnée de me voir, Mademoiselle? voilà la seconde fois aujourd'hui que je vous étonne de la même manière... mais cette fois ce n'est plus le hasard qui m'amène , c'est le désir de vous parler sans témoins.
MATHILDE
Comment , monsieur ?
OCTAVE
Oui , Mademoiselle , tant que M. Blinval et mon frère auraient été ici , je n'aurais pu trouver l'occasion de vous entretenir, et j'ai dû les occuper d'eux-mêmes pour les empêcher de s'occuper de moi.
MATHILDE
Je ne vois pas quelle utilité peut avoir ce stratagème.
Quand il n'aurait servi qu'à me ramener auprès de vous.
MATHILDE
Je vous en prie , Monsieur, cessons de plaisanter.
OCTAVE
En effet , Mademoiselle , je viens vous parler de choses bien autrement sérieuses.
MATHILDE
De choses sérieuses?... vous!...
OCTAVE
Cela vous surprend encore?... Il paraît que nous sommes tous les deux dans notre jour de surprises... car... de mon coté , je me suis aperçu que mon frère u*»k mon rival... mais je vous aimais avant qu'il vous connûtt..
Air : J'en guéte un petit.
Par votre grâce naturelle ,
Jadis, je me laissai charmer; .
Comme jadis, vous êtes belle, ^
Et mon frère a dû vous aimer. G
Nous avons égale tendresse; j-jj
Mais au moins souffrez qu'une fois
L'amour, dérogeant à ses lois , i^ ^
Fasse valoir son droit d'aînesse.
MATHILDE. 6
M. Oclave , votre frère ne se fait pas un jeu de l'amour... et si jamais il m'eût dit qu'il m'aimait, j'aurais ({ pu l'en croire... w ^
octave. ' £jj
Je m'aperçois en effet qu'il jouit de toute votre con- Jk •
fiance... vous l'avez cru... même lorsqu'il m'a calomnié... h r^\
Il vous a parlé d'une dame de Tiluitz et vous avez mieux £ J>
aimé me condamner que de soupçonner sa bonne foi... JJ* &
Chère Mathilde... pourquoi ne m'avez -vous jamais ac- h> çd cordé la même confiance?..
MATHILDE. J
L'avez- vous jamais méritée?.. H
OCTAVE
Oui, depuis que je vous ai vue. Dois-je sacrifier mon amour à celui de mon frère? Non, non... à moins que vous ne l'exigiez... jusque-là je puis espérer que votre bonheur ne dépend pas de lui...
mathilde , à part.
Je le crains!.,
OCTAVE
Vous hésitez !.. ah!.. Mathilde !.. un mot... un seul mot... serais-je aimé?
Air : Ah! si madame me voyait.
Ne m'accablez pas d'un refus...
Faites-moi l'aveu que j'implore.
MATHILDE
Hélas ! vous ignorez encore
Que ma main ne m'appartient plus ?
Non, ma main ne m'appartient plus.
A votre frère elle est promise :
Mon père en a dicté l'arrêt.
Mon devoir est d'être soumise.
L' Amour et ta Guerre. 3
octave^ à part.
( Parlé. ) y
Son devoir!..
( Chanté, )
Ah! j'étais sûr qu'elle m'aimait!
Oui, j'étais sûr qu'elle m'aimait.
MATHILDE
ais j'entends du bruit !.. c'est mon père.. . je tremble.. .