BENJAMINE, THÉRÈSE
BENJAJiiKR, entrant et allant à elle.
Que dis-tu?
THÉRÈSE, se relevant.
Beojaminel
BBNJAHIKR.
‘ Que faisais-tu à genoux?
THÉRÈSE
Je priais.
BENJAMINE
Tuas parlé de mourir... ,
THÉRÈSE
Non.
BENJAMINE
Si, et tu pleures... ah f
. Tais-toil...
’ ' BENJAMINE. , -
. ■ Tu souffres... appelons.
' THÉRÈSE
Non, non.. . un moment do faiblesse dont je me repens déjà... c’est bien loin, va... c’est passé.
* ^ " benjamine.
Tu oses parler de mourir ! eh bien, et le petit Benjamin^?
THÉRÈSE. ' ,
Sans doute !
^ BENJAMINE. ■;
Le pauvre chéri, qui est malade comme sa mère... tu ne penses donc plus à lui? . ’ . • • .
THÉRÈSE
Ühl si, j’y pense... Vois-tu, quand tu m’as entendue prononcer ce mot si triste , je terminais ma prière en disant : Mon Dieu, assurez le bonheur et le repos de tous ceux qui m’entourent. Rendez-nioi bien inutile sur la terre, et accordez-moi la gi-aco de mourir... Voilà ce que je disais , pas autre chose... Je ne le désire pas, va l
BENJAMINE
A la bonne heure 1... car nous attendons Jacinthe, tu sais, botre petite confidente, qui va rapporter des nouvelles de Benjanùa,.« elle è qv4 nous Voyons cooilé depuis qu’il ést souffraat
86 LE CHATEAU DE GRANTIER
' TniRàsR.
Oui, chère soeur, oui. (Elle l’entasse.)
BSNJAHINB. '
Tu te sens bien, n’est-ce pas ?
THÉRèsg, allant s'asseoir.
Oui et non. (Benjamine se met à genoux près d'elle.) J’ai toujours quelque chose là... Tois-tu... qui contrarie beaucoup les soins ëu docteur... Dis donc, je no parlerais pas ainsi à notre mçre... elle n’a pas de courage... mais tu en as , toi , mon petit héros! Voyons... si cette maladie tournait mal... si un malneur m’arrivait...
BENJAUINB.
Ohl...
THÉRèsK.
J’ai beaucoup de chagrin, vois-tu... Assurément je suis forte et pleine d’existence ; mais il faut tout prévoir... la vie , c’est une petite lumière qu’un souffle de Dieu éteint. Que ferais-tu.. « de Benjamin, si je n’étais plus là ?
BERJAHINE.
Mon Dieu ! mais il est à moi... je le garderais.
THÉRÈSE
Non. Un jour viendra oh tu seras mariée , oà tu seras heureuse, où tu devras tous tes soins, tout ton amour, à tes enfants... Mon petit Benjamin n’est pas seulement à nous deux... il est à quelqu’un... que tu oublies. Écoute-moi bien , chère sœur... Tu écrirais à cette personne ; tu la ferais venir près de toi : vous iriez ensemble à l’enlroit où... je dormirais... et là, après lui avoir fait juter de vivre... car il m’aime, et je crois que c’est pour toujours... tu le conduirais près de Benjamin , en lui disant : Thérèse vous confie cet enfant , et vous supplie de ne pas lui donner une mauvaise mère...
BBRJAUIRB.
Mais pourquoi me parles-tu ainsi ?
THÉRÈSE , se levant.
Je devais te dire cela... maintenant c’est fini.
BENIAHIRE.
Embrasse-moi donc, au moins, pour me cacher tes larmes.
THÉRÈSB.
Moi, pleurer! jamais je n’ai été si heureuse que depuis un moment.
BBRJAHINB.
Vrai?
THÉRÈSE
Regarde.' (Elle sourit.) Es-tu rassurée? puis-je rentrer?..,’ Les forces me manquent.