SCENE VU
Les Mêmes, DUCROC, RAYMOND, LE DOCTEUR.
DCCROC, annonçant.
M. Raymond !
LA BARONNE, assûe près du guéridon.
Entrez, monsieur Raymond, entrez. Vous avez reçu ma lettre? ^
RAYMOND
Oui, madame !
LA BARONNE. . . '
Benjamine est là I
RAYMOND, s'mdtnont eneofe.
Pai eu l’honneur de saluer mademoiselle.
LA BARONNE, à pan. '
Ah çà, mais ils se boudent. {Haut.) Monsieur Raymond !
RAYMOND
Madame...
LA BARONNE
Vous étiez dans le pays, puisque ma lettre vous y a trouvé.
RAYMOND
Oui, madame !
LA BARONNE
Pourquoi donc ne veniez-vous pas nous voir?
BENJAMINE
Hélas!
RAYMOND
Eicusez-moi, je vous prie... Des affaires...
LA BARONNE.'
Permettez , il me semble que vous oubliez à quel point vous avez été familier dans cette maison... une intimité pareille ne se rompt pas sans de graves motifs... quels motifs avez-vous?... parlez I
RAYMOND
Aucun motif, madame. * ^ *
■LE CHATEAU DE GRANTIER
tA BAROSNE.
Votre absence, si elle n’a pas de cause, est une injure pour ma fille!.,, vous vous éloignez , c’est votre droit; mais expli-
quez-vous... ,
BENJAMINE
Oh!... , ‘
LA BARONNE, SC levant, I I
Allons... franchement.
RAIMOND
Madame !... mon caractère et celui de mademoiselle Benjamine
ne pouvaient sympathiser...
LA BARONNE
Vous no vous quittiez pas?... et vous êtes d’un charmant caractère, Raymond !,..Quantà Benjamine, c’est l’humeur la plus enjouée, là plus égale. , , i
^ RAIMOND
Je n’accuse pas mademoiselle Benjamine, madame, je suis seul coupable. <
LA BARONNE. • .‘i l
De quoi? •< ' '
RAIMOND. 1 I-
De n’avoir pas su me faire aimer. ,
LA BARONNE. U • ij.'*
Benjamine ne vous aimait pas ? .
. . RAIMOND. . • . . . , 'n
Demandez à mademoiselle.
LA BARONNE. .‘i( . . ! !.J.
Benjamine?.,. :
BENJAMINE. ,
C’est vrai, je n’aimais pas monsieur Raymond. {Elle suffoque
et se jelle au cou de sa mère.) . . . .. j.., :
RAIMOND
Oh!... , . il*!)*!
LA BARONNE
Tu dis cela, et tu pleures? - .
RAIMOND
Elle pleure? '
VüU«le voyez bien. {J part.) C’est uno querelle que ces enfcnts ont eue ensemble ; il faut les laisser s’expliquer. '
* * BENJAMINE
Oîl allez-vous, ma mère ? ' ' . , i
LA BARONNE, souHanU '•
Thérèse m’appelle. . .
: •mr.