‹ L'amour et son train comedie en un acte, en vers (volume 2)Chapitre 77 sur 128 · ACTE U, SCENE ML A · texte numérisé non relu

ACTE U, SCENE ML A

THBR&SB, avec incrédulité.

Moi t oh! docteur.

AÜBERTIN. *

Mais plus de fausses démarches, plus de faiblesse; TOtreen* faut, où est-il?

BENJAUINB.

E sait tout !... Je m’en doutais 1

THÉRisE, embrassant sa sœur.

Oui, Benjamine, U sait tout.

AOBBRTIN.

Heureusement, je l’espère!... L’enfant est donc?...

THÉRÈSE

A Fréjus!... où cette douce Benjamine envoie tous les huit jours!

AOBERTIH.

Imprudence ! imprudence ! quelque jour onia trahira!... BENJAMINE, à part.

Eh ! bon docteur! pas de colère... il n’y est plus !

THÉRÈSE

Eh bien ! elle n’enverra plus, et bientôt j’irai moi-même voir mon petit- Benjamin... Songez que depuis sa naissance on me l’a enlevé, et que je ne l’ai pas encore embrassé I

AUBERTIN

Un second voyage ! quand chacun ici, quand votre mère ellemême attribue votre souffrance au premier! Vous n’irez pas !

Je n’embrasserai pas mon enfant I

AUBERTIN

Non, ma fille ! , - ‘ •

THÉRÈSE

Ah I prenez garde! docteur... ne m’en demandez pas trop... vous voyez, je suis docile, résignée... Pour l’honneur de mon mari, pour le repos de ma mère, j’ai renoncé à tout dans cette vie ; j’aimerai toujours Marcellin, et j’ai juré de ne ne plus le revoir!... Mais si je n’ai plus pour me consoler, pour m« soutenir, les petits bras de mon enfant, si je ne dois jamais répondre h son sourire, si je perds cet unique espoir do répandre sur son berceau toutes les larmes que je dévore depuis tant de mortelles journées, mon ami, ces larmes m’étoufferont, elles noieront mon cœur!... Ne me faites pas souffrir, dites-moi tout simple- ■ ment: Thérèse, encore un sacrifice, le dernier de tous, Thérèse, la fin do toutes tes peines, le commencement du repos éternel; Thérèse, tu as offensé Dieu, demande-lui pardon et meurs! benjamine, à part.

Oli! uoQ; Thérèse, tu ne lueurjffts pas).

LE CHATEAU DE GBANTIER

AUBBRTIN.

Eh bien 1 soit! allez h Fréjus .. allez-y avec Benjaœme, avec Raymond, qui, cette fois, vous suivra... et, par la même occasion, racontez tout à votre mère ; si elle doit tout savoir, il vaut mieux qu’elle l’apprenne de vous que d’un autre. . .

Docteur, ayez pitié de moi I

AUBBRTIN.

Vous me déchirez le cœur, mon enfant ; je ne suis pas un barbare et un sage sans entrailles... Mais je l’aime, votre fils... mais il aura en moi le père le plus dévoué... C’est moi qui l’irai) voir, c’est moi qui veillerai sur lui avec sollicitude et qui vous en donnerai tous les jours des nouvelles... moi enfin, qui saurai, quand il le faudra, le rapprocher assez pour que vous puissiez l’embrasser sans vous compromettre ; toutefois n’espérez pas, Thérèse, que je vous accorde sitôt ce bonheur... Attendons l’occasion... laissons les soupçons s’éteindre... A partir du moment où j’ai par^é votre se<xet, Thérèse, c’est moi qui réponds devant Dieu de votre famille et de vous !

THÉRÈSB.

Bien, mon ami... je vous ai compris, je ne me plaindrai plus... J’ai pris mon parti depuis fout a l’heure I BBMAMiNB, à part.

11 y a plus longtemps que j’ai pris le mien.

AUBBRTIN.

' J’eusse été bien surpris de ne pas trouver cette noblesse et ce courage dans une femme de votre race. Thérèse, nous venons de faire alliance ensemble, au nom de l’honneur, au nom de votre père quel je représente ici... vous me promettez de ne pas aller a Fréjus?

THÉRÈSE

Vous avez ma parole !

AUBERTIN

Embrassez-moi...'

BENJAMINE, à part.

Jure, ma sœur ; tu ne risques rien... Je t’épargnerai la peine de te parjurer. [Haut.) Ahl docteur, vous faites pleurer ma Thérèse?...

Non, petit ange, tout est fini... Venez, Thérèse, retrouver votre mère, qui doit s’inquiéter d’un entretien si long ; et vous. Benjamine, affermissez votre sœur dans la voie de salut où je l’engage. Je compte sur votre droiture et sur votre bon cœur.

BENJAMINE

Sur mon cœur... CpinptfZ'V. , ,

Page 1