BENJAMINE, THÉRÈSE
BENJAMINE, à Une femme qu'on ne voit pas.
Personne !... Faites ce que j’ai dit et attendez-moi dans le passage. {Elle entr'ouvre le paravent pour entrer en scène.) Ma sœur est chez elle ; mon cœur bat du plaisir que je vais lui faire ! {Elle va frapper à la porte de Thérèse).
THÉRÈSE
Qui est là ?
BENJAMINE, appelant à la porte.
Ma sœur 1
THÉRÈSE
C’est toi, Benjamine?
BENJAMINE
Oui.
THÉRÈSE, sur le seuü.
Je te croyais couchée, je ne t’attendais plus !
BENJAMINE
AhI bien oui, couchée...
THÉRÈSE
Mais quels yeux as-tu donc?.,, comme tu me regardes! comme tu souris?
BENJAMINE
C’est que j’ai mes raisons pour sourire. .. .
THÉRÈSE
Tu es bien heureuse! tant mieux; entres-tu?
Non... viens au contraire.
THÉRÈSE. ''
Oà cela?
Ici, causer un peu!...
Mais si.
- BENJAMINE
est-ce que tu ne veux pas ?
THÉRÈSE
BENJAMINE
Eh bien l causons I {Elle s'appuie sur le bras de~ Thérèse.)
THÉRÈSE
Sais-tu que je te trouve étrange... etque ta joie me fai* peur ?
LE CHATEAU DE GRANTIERi
BENJAHINB.
Peur!
THfinksB.
Tu n’as pas l’habitude d’être joyeuse quand j’ai du chagrin.
BENJAMINS.
Pourquoi as-tu du chagrin?... Parce que le docteur t’a défendu d’aller à Fréjus.
THBRÈSB.
Hélas t
BENJAMINE
Et par conséquent de voir ce cher petit enfant.
THÉRàsE, pleurant.
Ma soeur 1
BENJAMINE
Mais moi je n’ai pas de chagrin, parce que j’ai trouvé un moyen de ne pas aller à Fréjus et de voir notre Benjamin.
THÉRÈSE
Toi?
BENJAMINE
Un moyen bien simple, va... Veux-tu que je te l’enseigne?...
thErêsb.
Le moyen de revoir mon fils ?
BENJAMINE
A moins que cela ne te contrarie 1
THÉRÈSE
Oh!
Eh bien!... viens... viens donc !... [Elle recule jusqu’au paravent.)
THÉRÈSE
Où vas-tu?...
BENJAMINE
Ne t’inquiète pas!... ce n’est pas loin... Avance encore, tiens! (EUe d^eloppe le paravent et montre le berceau.)
THÉRÈSE, V apercevant, avec joie.
Ah !... {.4vec effroi.) Ah I. .
BENJAMINE
Eh bien !... c’est comme cela que tu me récompenses?
’ THÉRÈSE
Ici!... tu as fait venir mon enfant ici !...
BENJAMINE
Pourquoi pas?... puisqu’on te défendait d’aller le voir Utbas!...
THÉRÈSE
Dans la maison de notre mèrel... dans la maison de mon