SCENE X
Les derrière le paravent ; RAYMOND, MORANDAL.
R4YMOND.
Par ici, colonel, par ici... Ahl c’est qu’elles dorment... Oh 1 mais il faut faire une surprise complète. (Il va à la porte de droite.)
BENJAMINE, chantant.
Mais l’ange des songes ^ Répand à flots d’or
Ses plus doux mensonges Sur l’enfant qui dort.
HURANDAL.
' Oui, mais il faut se dépêcher ; Bonaparte m’a donné une demiheure... il est dit que je ne vieillirai pas à Grantier!... Après tout, une demi -heure, c’est assez pour embrasser ma femme.
RAYMOND
Je vais frapper h la porte de sa chambre. .
MORANDAL, montrant ic parai’cnt.
Mais dis donc 't voici de la lumière, et il me semble que j’entends chanter î
BENJAMINE, chantant.
Et pendant son rêve,
Cette âme sang fiel.
Souriant a’élive Et retourne au ciel.
RAYMOND
La voix de Benjamine !
MORANDAL.
Eh bien 1 allons ! laisse-moi passer le premier, je suis le plus pressé. (U s'approche du paravent et aperçoit les deux femines occupées près dit berceau .) Ah !... {.'Ju bruit qu il fait, Thcrese leve la tête et l’aperçoii; elle se lève épouvanlée, pousse un cri terrible.)
Lui!... {JElle chancelle et recule.)
BENJAMINE
Mon Dieu !
RAYMOND
Un enfant!
. . 1 . . MORANDAL.
Que veut dire cela, mademoiselle?