ACTE III, SCÈNE III
CABRT.
Mon colonel... mon général...
HARCKLLIN.
Ne t’intimide pas... et réponds comme si nous causions tous deux sons un pommier de notre pays.
CABRT.
Ou h Grantier, mon colonel.
MARCBLLm.. <
A Grantier , oui. Qu’as-tu vu pendant ta garde ?... Écoutez bien, général.
CABRT.
Rien... il faisait nuit.
MARCELLIIf.
Qu’as-tu ressenti?
CABRT.
Beaucoup de froid ; j’étais dans l’eau.
MARCELLIN
Qu’as-tu entendu, enfln?
CABRT.
Ah ! dame.. . c’était bien sourd.
margbllin.
Voyons... est-ce que tu n'as pas, par moments, vu se détacher des parcelles de terre à l’extrémité de la tranchée ?
CABRT.
Je crois que oui. . . Oui!. . . et même, de temps en temps, le terrain tremblait, mais pas fort, moelleusement.
Bien...Apr^î
CABRT.
Et mon fusil sonnait tout seul.
MARCELLIN
Voyez-vous, général?.. . Va-t’en I
CABRT,
J ’ai bien répondu ?...
MARCELLIN
Très-bien.
LE GÉNÉRAL
Vous pensez donc qu’il y a une contre-mine?
MARCELLIN
Général, je pense que les ennemis ont pratique un fourneau, prul-être même plusieurs, sous la position qu'ils occupent. Je
. ACTE m, SCENE lY. ; §7
MORANDALjdaTlS lü COultSSe,
France I {Un Officier va reconnaître.)
sc±mi XV.
MARCELLIN, dans sa tente, MORANDAL.
HORANDAL, entrant, au sergent du génie.
Le colonel Marcellin Dumesnil ?
, LB SERGENT
Il dort, mon ôfficisr.
, MORANDAL.
Reveillez-le ; dites-lui que c’est do la part du colonel Morandal. (Le sergent va prévenir Marcellin.)
MARCELLIN
Morandall... (Jl serre précipitamment la ktire de Thérèse, et paraît au seuil de sa tente.)
MORANDAL. ;
Monsieur le colonel 1 '
MARCELLIN
Monsieur 1... (Ils se saluent).
MORANDAL.
Vous me croyiez en Egypte, peut-être?
Mais, je l’avoue...
MARCELLIN
MORANDAL.
J^rès le 18 brumaire, j’ai demandé à être dirigé sur l’armée du Rhin, et j’y arrive avec un commandement.
Je vous fais mon compliment. Lequel?
MORANDAL.
Le vôtre, colonel... Bonaparte vous réserve une brigade après le départ du général Raimbaut. Toutefois, je n’entrerai que demain en fonctions; jusque-là, vous êtes chez vous, à l’ombre du drapeau de la 26“«.
MARCELUN.
C’est cela que vous veniez m’annoncer, colonel?
MORANDAL.'^
Oui, monsieur I cela d’abord! ^ -
MARCELLIN
D’abord ?
MORANDAL.
Oui !.. Ne supposez-vous pas que je puisse avoir encore quel que chose h vous dire ?
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LB CHATEAU DE GRANTIER
Mais...
MARCELLLIN.
MORANDAL.
Les exordes me gênent, j’irai droit au but.
HARCELUN.
Parlez I
MORANDAL.
Vous arez été bien accueilli au château de Grantier, n’est-ce pas, colonel ?
MARCELLIN
Assurément i
MORANDAL.
Vous y avez reçu, j’espère, les soins, les égards qui sont dus à un homme de votre mérite, à un blessé de l’armée française. Je serais au désespoir que vous n’eussiez pas été traité comme un frère dans ma maison.
MARCELLIN
Oh ! que va-t-il me dire?
MORANDAL.
Eh bien ! colonel. Et ici permettez- moi de ne plus être avec vous un messager solennel, mais un compagnon d’armes, bien loyal et bien affectueux I Eh bien I dis-je, avez-vous rempli scrupuleusement tous les devoirs que vous imposait la reconnaissance, en un mot, quand vous avez quitté Grantier, votre conscience ne vous reprochait-elle rien?..
Mon Dieu !
MORANDAL.
Je suis le fils de madame de Grantier, je suis le mari de Thérèse... Vous devez comprendre ce qui m’amène?
MARCELLIN
11 sait tout I
MORANDAL.
Votre réponse, je vous prie I
MARCELLIN
La seule que puisse vous faire un homme pénétré de repentir, et courbé sous la honte. Colonel ; je vous ai offensé, J’attends vos ordres, disposez de moil
MORANDAL.
La seule réponse, dites-vous, mais je m’attendais à une autre.
MARCELLIN
A une autre?..
MORANDAL.
Vous n’êtos pas de ceux dont on s tsscin d'iRlsiro^er le ccu- -