ACTE III , SCENE V
MARCBLLiN, à Morondal.
N’influencez pas le général, monsieur!
LE général.
J’y renonce!
Ah?
MARCRLLlir.
Et moi, général, je dis que l’opération est teilement rieuse , que vous ne sauriez sans partialité prendra' sur tous d’en désigner le chef... Nous voilà réunis!.!, mettez dans un chapeau des billets blancs , et un billet avec une croix noire... le sort décidera 1
MORANDAL.
En effet, c’est une idée... faisons nos billets. . ‘
TOUS
Très-bien ! {Us vont vers la tente, k général les examine.) >
MARCELLIN
Comment, je le laisserais s’exposer ainsi!... lui que rien ^oblige à partager notre péril.... impossible!... iJL'arrêkoU.)
MORANDAL, çui foule d^à son bilUi.
Monsieur I PlatUI ?
MARCSLUM.
Vous en mettez trop !
MORANDAL.
Comment trop , j’en mets cinq.
BURCBLLIN.
Je disais bien, nous ne sommes pas cinq.
MORANDAL.
Bah!... (il compte.)
MARCELLIN
Nous ne sommes que quatre.
Dame ! je ne sais donc plus compter jusque-là? {Comprenant.) Il vous retranchez quelqu’un?
Ah I vous retranchez quelqu’
MARCELLIN
Vous!
MORANDAL.
Est-ce que je n’ai pas mes épaulettes?
MARCELLIN
Vous n’avez pas de soldais.
MORANDAL.
J’ai les vôtres!
MARCELLIN
Vous ne les aurez que demain.
LE CHATEAU DE CHANTIER
MOnANDAL.
Quoi!... prétendre à me priver d’un posté d'honneur!...
HABCFXLIW.
Vous n'y avez pas droit et vous rn’ôtez une chance!
HORANDAL.
J'en appelle é ces messieurs!... on ne refuse pas cette politesse à un- nouvel • arrivant!... c’est une bienvenue, payez-lamoit... {L$$ colonels hésitent, divisés d'opinion.)
‘‘•1 ^ ^ MABCELUV.
“Monsieur, VOUS pouvez tomber au sort. .
MORANDAL. '
Pardieu, c’est pour cela que je tire! - j ? .
MARCELLIN
Et' je déclare que je ne le souffrirai pas; voyons, général, n’aû-je pas raison?
R*» ï “t ; i.. 'tE GÉNéRAL. ' '
^■Mœsieursl ^ f ' > ' •
,..ii > , us COLONELS. H
Ahl mais oui, Morandal! ' •
MARCKLLIW.
Ainsi, ôtez un billet ! ' i i' i -
MORANi>AL;'‘d Marcellin.
Est-ce une querelle que vous me cherchez?;.. Ahî je devine !... bien, bien, vous choisissez ce terrain-là I... soit, j’aurai la générosité de vous le laisser .■..-(ATawf.) Je persiste... > •
MARCELLIN, bas. ,
Monsieur, l’attaque du bastion Saint-André, c'est la mort
pour les premiers qui l’enlèveront.
MORAADAL.
( t£h biq»! pour vqus comme pour moi, ce me semble. . . .
* ■ ^ MARCELLIN. . . ,( . :i;.
Je suis sans amis, moi , sans famille ; vous avez une famille et vous ôtes marié. - (
■ORANDAL.
Je vous écouterais, tdonSieur, si, en refusant de rendre l’honneur à ma sœur Benjamine, vous ne m’aviez pas donné le droit de douter de votre parole. , • . . •
MARCELLIN
Colonel, je vous jure. . . ...
MORANDAL.
Si c’esf vrai, monsieur, raison de plus'poiir que j’jTtienne.