LA PRINCESSE
Je sais bien qu'on le peut, que l'usage est pour nous;
Hais la vertu nous dit de n'aimer qu'un époux ;
Je veux à la vertu tâcher d'être fldèle A.R>
— Mademoiselle X***, cette pâle et délicate jeune fille ((ne vous savez, vient d'épouser M. N***, dont les larges épsaleS) comme celles d'Atlas, pourraient porter le monde. — Il y a des femmes toutes frêles et toutes mignonnes auxquelles le diable même ne fernit pas peur ; et qui semblent, malgré la fragilité 4le leur petite enveloppe, chercher, en se mariant, beaucoop moins un mari qu'un homme. Adolphe Ricard.
HONKEUa.
— Les femmes sacrifient plus soi:vent leur honneur à la vanité et à r amour-propre que leur donne un amant qu'à l'amaot lui-même. M"* d'Arconville.
— L'honneur des femmes est mal gardé quand il n'est gardé que par des clefs ou des espions : il n'y a de femme chaste que celle qui veut bien l'être. Adrien Ddput.
— Notre honneur est, monsieur, bien sujet à faiblesse S*il faut quMl ait besoin qu*on le garde sans cesse. Pensez-vous, après tout, que ces précautions Servent de quelque obstacle à nos intentions? Et, quand nous nous mettons quelque chose à la tète» Que rhomme le plus fin ne soit pas une bète? Toutes ces gardes-là sont visions de fous; Le plus sûr est, ma foi, de se fier à nous. Qui nous gène se met en un péril extrême, Et toujours notre honneur veut se garder lui-même. Oui, c*est nous inspirer un désir de pécher, Que montrer tant de soins de nous en empêcher ; Et, si par un mari je me voyais contrainte, Paurais fort grande pente à confirmer sa crainte.
Molière.
— L'honneur gâte tout en amour, dès qu'il y entre. D*abor(> *est rhonneur des femmes qui est contraire aux intérêts de» mants; et puis du débris de cet honneur-là, les amants s'en omposent un autre qui est fort contraire aux intérêts des ;mmes. Voilà ce que c'est que d'avoir mis l'honneur d'une artie dont il ne devrait point être. Fontenelle
— Un moyen sûr, s'il y en a de tels^ pour mettre l'honneur un époux à couvert de tout affront, c'est d'avoir une femme ide et méchante : personne ne lui enviera Tusage et encore oins la possession d'un tel trésor. Oxenstiern.
— L*anecdote qui suit vient malheureusement à rencontre 5 cette pensée du philosophe suédois : — M. de C*** avait le femme si laide qu'il pouvait espérer, sans trop de pré- •mption, de la posséder seul. Mais en cela, il se trompait, Has ! comme beaucoup d^autres. Un soir, en effet, qu'il était intré chez lui plus tôt que d'habitude, il surprit Madame dan»^ s bras d'un officier de la garnison. Ne pouvant en croire ses îux, M. de C*** s'approche de son courageux remplaçant, et )ur toute vengeance, il lui dit en lui riant au nez : — Eh loi! Monsieur, sans y être obligé !!! A. R.
— De toutes les passions, l'amour est celle qui sied le mieux IX femmes; il est du moins vrai qu'elles portent ce sentient, qui est le plus tendre caractère de l'humanité, à un; !gré de délicatesse et de vivacité où il y a bien peu d'homme» li puissent atteindre. Leur ftme semble n'avoir été faite que >ur sentir, elles semblent n'avoir été formées que pour le doux aploi d'aimer. A cette passion qui leur est si naturelle, on* >nne pour antagoniste une privation qu'on appelle l'honneur;.
cnau on a dit, et il D*est que trop vrai, que l'hoeneur semble D'avoir été imaginé que pour être sacrifié. Desmahis.
— Sous le règne d'Auguste, Thonneur des dames se vendait presque publiquement. Horace dit qu'une dame romaine en demandait cinq talents. Combien d'hommes de nos Jours ontea, f)our un seul talent, les honneurs de plus de cinq dames !
ROCHEBRONB.
— a Sachez respecter mon honneur, Ou bien tremblez pour votre vie, »
Disait la farouche Sylvie, Un jour, à certain suborneur.
Lui, craignant, devant cette belle, D'avoir quelqu'amoureux transport.
S'enfuyait... — Fi ! s'écria-t-elle.
Fi ! du poltron qui craint la mort.
— Le poëte Boursault se promenant, par un beau soir d'été, dans une campagne des environs de Paris, rencontra sur loa chemin une Jeune fille qui pleurait à chaudes larmes.
Vestale ? je n'en sais rien, Mais elle en avait l'âge.
Les trésors et le corsage, La fraîcheur et le maintien.
— Qa'avez-vous donc, ma belle enfant? lui dit-il avec intérêt. — Ah! m'sieur,... tout-à- l'heure... en Jouant avec Blaisot... j'ai cassé mon pot au lait. — Et c'est pour si peu de chose que vous pleurez ainsi? — Vraiment oui, m'sieur. — Oh! Je ue sais, reprend le poëte. mais mon petit doigt me dit que vous m'en contez... Voyons, ma belle, ajouta-t-il en attirant vers lui la petite laitière, voyons, dites-moi la vérité :
Le sujet de vos pletirs me semble bien douteux; Vases de terre, honneur de filles.
Sont des meubles assez fragiles :
Pour lequel pleurez-vous des deux? A. R.
— Tout homme qui croit que son honneur dépend de celai de sa femme, est un fou qui se tourmente et la désespère.
Hamiltom.
— Les caprices du point d'honneur varient selon les conditions de notre état civil. Le mari de sii mois met toute sa fierté à n'être point trompé ; le mari de six ans à ne point le liarattre. Nestor Roqdeplan.
— En amour, le faux honneur remporte trci» souvent sur le
cpentir. Telle femme n'a été à un rendez-vous coupable, pro* nig dans un moment d'ivresse, que pour ne pas manquer à sa )aroIe d'honneur. Lévis.
^ L'honneur des femmes est mal gardé quand la vertu et ^religion ne sont point aui avant-postes. Le iiàMK*
— L'honneur dont le sexe se pique
Est semblable au nectar bachique
Que le coteau de Reims produit.
Quelque soin, quelque vigilance
Dont use l'humaine puissance
Pour l'enfermer dans son réduit,
Souvent ce pétillant breuvage,
Qu'irrite un trop long esclavage,
Fait sauter le cercle et s'enfuit. Parabd,
-* L'honneur de certaines femmes est un Argus qui s'endori 'uémeot à l'aide d'un peu d'encens, et mieux encore avec une 'H)QQe infusion de poudre d'or.
^ —Confier à de certaines femmes son honneur et sa fortune, ^68t placer une statue de marbre sur un piédestal de verre, et i^OQioir qu'elle ne se brise point. Adolphe Ricard.
HONTS.
— 11 n*y a guère de gens qui ne soient honteux de s'être ûmés quand ils ne s'aiment plus. La Rochepodcauld.
— La honte est quelquefois le plus fidèle gardien de la ^a des femmes. Très peu sont vertueuses pour la vertu
^m. M"* DE SOMMERT.
— Avec les femmes, il n'y a que les honteux qui perdent; Hes aiment les vaillants et les forts, et veulent qu'on les prenne 'tssant. Théophile Gautier.
-- L'audace est comme l'amour ; elle donne en apparence de ttprità ceux qui en ont le moins.
-*Un amoureux honteux n*eut jamais belle amie. Proterm*