IGNORANCE
— Je n'approuve point ces farouches maximes qui font craindre à une jeune fille la vue d'un homme aimable, etqoi augmentent le péril en apprenant trop à s'en défier. Il faut tôt ou tard que le cœur aime quelque chose, et ce n'est pas ua penchant si invincible, que la sagesse est obligée de combattre. Non, m!;i8 ii faut qu'elle l'éclairé pour ne lui pas laisser prendre un cours aveugle, et qu'elle songe en même temps à se fortifier assez pour l'arrêter toujours à ses justes bornes. On s'accoutume, par ces principes, non-sèulement à ne pas se faire une peine des mouvements indélibérés de son cœur, mais h ne Jamais s'y livrer témérairement ; et il y a plus de fonds à faire sur cette sorte de vertu, que sur toutes les grimaces affectées auxquelles on en donne le nom. L'abbé Prévost.
— Sous un vain prétexte de décence, l'on n'apprend rien aux jeunes filles qui puisse les guider dans les circonstances qu'elles rencontrent dens la vie; on fait plus, on leur cache, od leur nie ces circonstances, afin d'ajouter à leur force, 1* l'effet de la surprise; 2" l'effet de la défiance rejetée sur toute l'éducation comme ayant été menteuse. Je soutiens qu'on doit parler de l'amour à des jeunes filles bien élevées. Qui osera avancer de bonne foi que dans nos mœurs actuelle», les jeunes fille»
dç seize ans en ignorent l'existence? Si donc, à seize ans, une Jeune fille doit songer à se trouver un mari, elle doit, à cet ^e, recevoir de sa mère des idées justes sur Tamour, le mariage- €1 le peu de probité des hommes. Stendhal.
'— Nous écartons les hommes des jeunes filles avec un soin <i inquiet qu'elles les rêvent irrésistibles. Voulez- vous qu'ilssoient sans danger? Faites-les connaître. Ernest Legouvâ.
— L'ignorance des femmes peut-elle être considérée comme Qne garantie de leur retenue? Je crois qu'elle est an contraire la conseillère de leurs désordres, et voici sur quoi je fonde moO' Opinion :
Moins on sait et plus on veut savoir : l'activité du cœur esten raison de la paresse du cerveau, et celui-là a plus de passions* quia moins d'idées. C'est ainsi que l'ignorance doit conduire^ infailliblement les femmes, êtres sensibles par excellence, k> toutes les exagérations.
Voici une jeune fille à qui on n'a rien appris, si ce n'esft (ia*elle ne doit rien savoir ; dès l'instant où la connaissance deschoses lui est interdite, elle s'occupe de les deviner; forcée de fermer les yeux, elle tâte; et, séparée du monde de l'expérience, elle entre résolument dans celui de l'imagination; l'idéal prend, pour elle, la place de la réalité; l'ignorance d» Tait Ja lance dans le rêve, c'est-à-dire que, privée systématiloement de raison, il ne lui reste qu'à devenir folle. Dans cel- .^tat, vous n'avez qu'à la bien garder ; car sa folie n'a qu'au )bjet : l'homme ! Non pas l'homme de la nature, l'homme en ihair et en os, le mâle de l'espèce; mais son' homme à elle, %hii qu'elle s'est fait dans l'ardeur solitaire de ses songes mys* sérieux; l'homme-passion, l'être impondérable et immaculé, lelni, enfin, que le premier venu, beau ou laid, adolescent ou> nûr, élégant ou grossier, peut représenter, pourvu que son aogage soit mielleux et insinuant. Vous n'avez qu'à la bien (arder, car la moindre négligence de votre part est susceptible le vous donner des inquiétudes qu'il est juste de réserver à son* ixcellent époux.
On la marie ; c'est la réalité qui se montre brusquement, iTec son cortège matériel et décevant de détails vulgaires et l'animalités horribles. La voilà instruite ,'pense-t-on! Instruite, 'est irritée qu'il faut dire. Est-ce que l'on change de religion ans an quart d'heure? Est-ce qu'il est humain de renoncer oat à coup au rêve qu'on a caressé durant les plus belles- Qoées de sa vie? En se levant, le lendemain de ses noces, la svne femme n'est pas convertie à un positivisme auquel rien e Pavait préparée; elle s'accroche de plus fort à sa foi vfrgi*
vale, et 8* avoue à elle-même que son mari n^est pas son homim* firécisément parce qu'il n'est qu'un homme. Elle lui livre son corps pour obéir à la coutume, mais sa pensée rentre dans Tiafini jusqu'à ce que ses yeux s'arrêtent sur uue nouvelle personnification de sa poésie.
Cette personnification trouvée, il s'agitde se rapproprier;le devoir proteste, le désir insiste : la lutte est établie, et elle te prolonge jusqu'à ce que le mari, devenu jaloux, se pose ouvertement en obstacle. Dès cet instant, le procès est jugé, et II ^etnme a réellement un amant.
Puis, cette nouvelle réalité finissant par équivaloir la pre« mîère, l'idéal reprend son empire, et le cœur retourne à l'état de disponibilité; un troisième essai est fait, un quatrième peut-être aussi, qu'un cinquième suivra au besoin. Enfin, quand l'homme réel se trouve entièrement connu, lorsqu'il est démontré par l'expérience que le mari valait autant que l'amant, oa <]ue celui-ci ne vaut pas plus que celui là, la femme les méprise tous les deux, et se fait dévote, toujours en vertu de sa foi primitive en l'idéal. Désabusée à l'endroit de l'amour, elle rejette alors dans la reliKion, et son ignorance aboutit ainsi i la faire passer d'une superstition dans une autre... La conniis- «ance du monde devant tôt ou tard être donnée aux femmes, il y a moins de danger à exposer leur innocence à l'Âge où leur personne ne peut pas être mise en cause, qu'à leur faire ftire cette école au temps hasardeux où la beauté physique est susceptible de servir de caution aux acquisitions de l'expérience. Il y a donc deux bénéfices à tout enseigner aux jeunes filles dès l'âge le plus tendre : bénéfice de rectitude pour leur jugement, et bénéfice de sécurité pour leur personne. Bellegârigub.
— Le dernier des hommes, s'il a vingt ans et des joues bien roses, est dangereux pour une femme qui ne sait rien, car elle est toute à l'instant; aux yeux d'une femme d'esprit, il fera fustement autant d'effet qu'un beau laquais. Stendahl.
ZX.I.VSZON.
-— Les amants se repaissent souvent d'illusions. Qui amanU 4psi sibi somnia fingunt. Virgile.
— En amour, on guérit d*une illusion par une autre.
Bacon.
— On aime bien plus l'image qu'on se fait, que l'objet auquel on l'applique. Si l'on voyait ce qu'on aime, exactement tel qu'il est, il n'y aurait plus d'amour sur la terre. Quand oo cesse d'aimer, la personne qu'on aimait reste la même qu'aupara-
nnt, mais on ne la voit plus la même. Le Toile du prestlg*. tombe, et Tamour s^évaaouit. J.-J. Rousseau.
— C'est toujours d^une douce illusion que natt un sentiment délicat et épuré. L*amour n*est si rare dans le monde, qae parce qu*on n*y a point d'illusions : on n*y voit rien que par les yeui du corps. Chabanon.
— C'est une des plus séduisantes illusions de Tamour que d'imagioer qu*on fait le bonheur de ce qu'on aime.
Bernardin de Saint -Pierre.
— N'eussent-elles ni tendresse, ni désirs, l'amour serait encore pour les femmes la plus flatteuse des illusions; et même liors elles voudraient se persuader qu'elles aiment, pour ne pas se priver d'être aimées. Sénancourt.
— Tant que le cœur conserve des désirs, Tesprit garde des illusions. Chateaubriand.
-- Les femmes savent merveilleusement que Tillusion fait le boDheor des hommes ; aussi, par reconnaissance pour les soiuf qo'iU leur rendent, mettent-elles toute l'adresse possible à le» tromper. Adrien Dupoy.
ZMAOZNATION.
— L'imagination des femmes a plus souvent besoin de giiidef <iae d'éperons. C'est un enfant indocile qu'il faut tenir par les lisières, de peur qu'il ne fasse de faux pas. Charrc».
— Les femmes ont trop d'imagination et de sensibilité pour avoir beaucoup de logique. M*"* du Deffand.
— L'amour s'use plus vite dans notre imagination que dans celle des fenuncs. Shakespeare.
— Il n'y a dans l'amour que ce qu'on y met. Sainte-Beuve. ~- Eo amour, l'imagination va toujours au delà de la réalité ;
^moin ce poëte enthousiaste qui disait à sa maîtresse :
Tous les matins vous êtes mon Aurore, Le soleil ne me luit que lorsque je vous vois; Vous êtes au printemps ma véritable Flore; Celle de nos jardins près de vous perd ses droits. Pour conduire mes pas dans le chemin du sage» Vous êtes ma Minerve, et je suis bien guidé ; Vous êtes mon Iris dans le temps de l'orage; Souvent dans un repas vous êtes mon Hébé.
Si vous aviez l'âme assez bonne.
Pour être ma Vénus sous un ombrage frais,
Je serais content, et j'aurais '
Tout l'Olympe en votre personne. A. R«
— Une maîtresse a toujours des vertus aux yeui de l'imagination. Bacon.
— Ce n*est qu'au feu de rimagination que les passions s'allument. Il n'y a point de vêtement si modeste au travers duquel un regard enflammé par l'imagination n'aille porter les désirs. Une jeune Chinoise, avançant un bout de pied couvert et chaussé, fera plus é^e ravage à Pékin que n'eût fait la plus belle fille du monde dansant toute uue an bas du Taygète.
J.-J. Rousseau.
— L'imagination est une libertine qui déshabille tout ce qu'elle convoite. Adolphe Ricard.
XMPATIEirCE.
— L^impatiencc est ce qui platt le plus aux femmes dans un amant, et ce qu'elles ne i^cssent de lui reprocher.
Adrien Ddpdt.
— L'impatience nuit à Tan^ ^ en abrégeant les désirs qû le font durer. Adolphe Ricard.
IMPIUESâ IONS.
— L'impression d€ l'amour dans le cœur des femmes est comme une figure tracée sur la neige, qu'un rayon de soleil dissout. Shakespeare.
— Il importe, en amour, que les premières impressions viennent des beautés morales; celles que produisent les beautés physiques s'effacent trop promptement. M*"* du Deffand.
— La plupart des femmes jugent du mérite et de la bonne mine d'un homme par l'impression qu'il fait sur elles, et n'accordent presque ni l'un ni l'autre à celui pour qui elles ne sentent rien. La Bruyère.
uffcunrATioir.
— Les inclinations naissantes ont des charmes inexplicables, et tout le plaisir de l'amour est dans le changement. Molièke.
— L'inclination est une chose effective où la raison n'a point de part ; car il se trouve quelquefois que la raison veut une chose, et notre inclination une autre; et, quoique nous connaissions que ce que nous aimons soit moins aimable que ce que nous n'aimons pas, nous ne laissons pas cependant que de l'aimer. M"* de Scudéri.
— Les mariages d'inclination sont plus heureux que ceai d'amour, ils ont été précédés d'une plus longue épreuve.
M"^DE PUISIEUX
— Rien ii*est plas propre à augmenter une incUnaiitn naissante dans le cœur de la plupart des femmes, que d'apprendre que ceux qu^elles aiment sont aimés. M'^'' de ScroÉRi.
— La première inclination est toujours la meil1ei!re, son diarme est dans son ignorance. Charlis Nodier.
XNCOJWNU.
— Les femmes sont les prêtresses de Tinconnu.
— LMnconnu nous tente toujours, et ce que Ton nous cache t toujours plus de prii que ce qu'on nous découvre. La femme qoi ne sait pas cela, ne sait pas son métier de femme :
Plus on se tient couvert, plus on est recherché; Il semble que le voile embellisse les filles;
Et c'est la contrainte des grilles.
Qui fait le charme du péché. A. R.
ZNCOirSTAlirCE.
— L*inconstance, par Tagitation qu'elle donne, est le snpplément du bonheur. M"** de Lambert.
<~ L'inconstance ne vient pas tant de ce que quelqu'un ea particulier platt à ceui qui sont capables d'infidélité, que de œ qae la nouveauté leur platt en général. M*"* de Sabtoet.
— Même beauté, tant soit exquise,
Rassasie et soûle à la fin.
Il me faut d'un et d'autre pain :
Diversité, c'est ma devise.
€ette maîtresse un tantet bise
Rit à mes yeux : pourquoi cela?
C'est qu'elle est neuve; et celle-là
Qui depuis longtemps m'est acquise,
Blanche qu'elle est, en nulle guise
Ne me cause d'émotion.
Son cœur dit oui : le mien dit non ;
D'où vient ? en voici la raison : ,
Diversité, c'est ma devise. La Fontaine.
^ Un homme qui devient inconstant, sans que nous ayons mérité son inconstance, ne vaut pas la peine que nous le regrettions. M"^ DE RiEUX.
— Quand une femme n'est plus aimée, elle n'a vraiment qu'une chose à faire, c'est de s'en consoler par un clmngcment dont son amant lui donne l'exemple. M"* Dunoter.
— N*aimez jamais qu'on ne vous aime^ L*amour n'est rien, si Ton n'est deux ; Veut-on changer , changez de même, C'est le vrai moyen d'être heureux.
Quand un cœur à vous s'abandonne»
Recevez-le pour ce qu'il vaut ; Souvent l'inconstance le donne Et vous le reprend aussitôt.
Est-il étrange qu'une belle, Après vous, fasse un autre choix t Souvenez-vous qu'une infidèle Ne l'est jamais pour une fois.
Vous prîtes la place d'un autre :
Il faut que chacun ait son tour, Et qu'un rival succède à l'autre; Tel est le destin de l'amour.
— Vous êtes bien folles, vous autres femmes, de vouUir donner de la consistance à un sentiment aussi frivole et aussi passager que l'amour. Tout change dans la nature, tout est dans un flux continuel, et vous voulez inspirer des feoi constants ! Et de quel droit prétrndez-vous être aimée aujourd'hui parce que vous l'étiez hier? Gardez donc le mèmevisàgCi le même âge, la même humeur; soyez toujours la même, et l'on vous aimera toujours si l'on peut. Mais changer sans cesse, et vouloir toujours qu'on vous aime, c'est vouloir qu'à chaqoe instant on cesse de vous aimer; ce n'est pas chercher des cœurs const'^nts, c'est en chercher d'aussi changeants que vous.
J.-J. Rousseau.
— Un de nos premiers poètes lyriques met ces beaux vers dans la bouche d'un amant trompé par sa maîtresse :
. Depuis qu'une nymphe inconstante A trahi mon amour et m'a manqué de foi, Ces lieux, jadis si beaux, n'ont plus rien qui m'enchante» Ce^ que j'aime a changé, tout a changé pour moi.
L'inconstante n'a plus l'empressement extrême De cet amour naissant qui répondait au mien; Son changement paraît en dépit d'elle-même,
Je ne le connais que trop bien.
Sa bouche quelquefois dit encore qu'elle m'aîme, 4lais son cœur ni ses yeux ne me disent plus rien»
Ce
!e tai dans ces vallons, où, par mille détours, lachus prend plaisir à prolonger son cours,
Ce fat sur son charmant rivage, Que sa fille volage
Me promit de m'aimer toujours, e Zéphyr fut témoin, TOnde fut attentive >aaud la nymphe jura de ne changer jamais ; lais le Zéphyr léger et TOnde fugitive >nt enfin emporté les serments qu'elle a faits ?
QUINADLT.
L*iDConstance etTamour sont incompatibles : Tamant qo ; ne change pas, il commence ou finit d'aimer.
J.-J. Rousseau.
)n demandait au médecin Chirac si le commerce dos ;s était contraire à la s(inté : Non, dit-il, pourvu qu'on ne s point de drogues ; mais j'avertis que le changement est 'ogue. Montesquieu.
- Le peintre qui, le premier, fit d'amour le tableau, li premier, le peignit plumeui comme un oiseau, lonnut bien sa nature en lui baillant des ailes;
Ion pour être inconstant, léger ni vicieux,
lais comme né du ciel pour retourner aux cieux,
It monter au séjour des choses les plus belles. Ronsard.
Le goût des nouveautés tue Tamour et le génie. Voyez luî changent de livres et de femmes tous les jours. La D est préférence ; il faut, pour être amoureux, aimer les femmes dans une seule, et pour avoir quelque génie, iT et ne relire que les modèles qui sont les archives du c'est avoir profité que de savoir s'y plaire. Rivarol. Zelni qui ne regarde pas le changement dans l'amour e la destruction de l'amour ne connaît pas Tamour.
PiERBE Leroux.
- L'amour qui nous emporte aux célestes sommets, h vit que dans les cœurs qui ne changent jamais.
Ernest Legouvé.
On blâme l'inconstance des femmes, mais seulement I on en est \jctime : on la trouve charmante quand oa en bjet. Louis Desnoters.
Qoe jeune femme qui ne pouvait plus douter de rincoa- ! de son amant, lui adressa ce joli sixain :
'Orsque vous me changez pour une autre bergère, fe voudrais me venger de votre humeur légère,
Et suivre mes transports jaloux; Mais, bêlas ! mon amour désarme ma colère,
Et quand je cesse de vous plaire, Je me trouve cent fois plus coupable que vous.
— Une femme qui n'est plus jolie cesse d'être incoostai
— Cœurs sensibles, cœurs fidèles.
Qui blâmez l'amour léger, Cessez vos plaintes cruelles; Est-ce un crime de changer ?
Si TÂmour porte des ailes N'est-ce pas pour voltiger?
Le papillon, de la rose Reçoit le premier soupir ; Le soir, un peu plus éclose, Elle écoute le zéphir :
Jouir de la même chose C'est vraiment ne plus jouir.
Apprenez de ma fauvette Qu'on se doit au changement ; Par ennui d'être seulette Elle eut moineau pour amant. C'est sûrement être finette Et se pourvoir joliment.
Mais moineau sera-t-il sage?
Voilà fauvette en souci :
S'il changeait !... dieux quel dommage . Mais moineaux aiment ainsi ; Puisqu'Hcrcule fut volage.
Moineaux peuvent l'être aussi.
Vous croyez que la pauvrette En regrets se consuma :
Au village une fillette Aurait ces faiblesses-là :
Mais le même jour fauvette Avec pinson s'arrangea.
Quelqu'un blâmera peut-être»
Le nouveau choix qu'elle fit :
Un jaseur, un petit-maître!...
C'est pour cela qu'on le prit :
Quand on se venge d'un traître Peut-on faire trop de bruit ?
Le moineau, dit-on, fit rage; (Test là le train d'un amant :
Aimez bien, il se dégage; N*aimez pas, il est constant.
L^imiter, c'est être sage :
Aimons et changeons souvent. M"* de Boordic.
'homme qui vit dans l'indifférence est celui qui n*a ncore vu la femme qu'il doit aimer. La Bruyère.
faut avoir bien plus de ménagement pour une femme Q cesse d'aimer, que pour une femme que Ton aime
On revient de tout avec les femmes, pourvu qu'on les le manque de respect, l'impolitesse, l'emportement, 1res mêmes, sont des fautes qu'elles pardonnent sans ît qui leur font un secret plaisir, quand elles sont un
la passion qu'elles ont fait naître. Il n'en est pas de |uand nous cessons de les aimer; quelque circonspecuelque délicatesse que nous nous prescrivions à leur elles nous savent bien plus mauvais gré de l'outrage :re indifférence fait à leurs attraits, que de celui que idiscrétion peut faire à leur honneur. Saint-Èvrehont.
n'y a de plaisir véritable pour l'âme que dans l'amour; du bonheur natt de l'excès de la passion ; et l'indifféait plus de tort aux gens qui en sont capables qu'à ntre qui elle agit. (Lettres portugaises.)
Fi ! ne me parlez point, pour être vrais amants, I ces gens qui pour nous n'ont nuls emportements, ; ces tièdes galants de qui les cœurs paisibles ennent déjà pour eux les choses infaillibles, ont puiut peur de nous perdre, et laissent chaque jour irtrop de confiance endormir leur amour; nt avec leurs rivaux en bonne intelligence, . laissent le champ libre à leur persévérance. 1 amour si tranquille excite mon courroux, est aimer froidement que u'être point jaloux. Molière. •
/indifférence, qui est de tous les états le plus insultant ne femme que l'on a aimée, est souvent l'ouvrage def r même. L'on a quelquefois tant aimé, qu'il ne reste ins le cœur pour aimer encore, Rochebrunb.
— Le TibuIIe français, s*adressant à son Éléônore, lui donne ces sages conseils :
0 la plus belle des maîtresses !
' Fuyons dans nos plaisirs la lumière et le bruit; Ne disons point au jour le secret de la nuit, Aux regards inquiets dérobons nos caresses.
L'amour heureux se trahit aisément.
Je crains pour toi les yeux d'une mère attentive; Je crains ce vieil argus, au cœur de diamant,
Dont la vertu brusque et rétive
Ne 8*adoucit qu*à prix d'argent.
Durant le jour tu n*es plus mon amante. Sïje m*offre à tes yeux, garde-toi de rougir; Défends à ton amour le plus léger soupir; Affecte un air distrait; que ta voix séduisante Évite de frapper mon oreille et mon cœur ; Ne mets dans tes regards ni trouble ni langueur.
Hélas ! de mes conseils je me repens d'avance.
Ma chère Éléonore, au nom de nos amours.
N'imite pas trop bien cet air d'indifférence :
Je dirais c'est un jeu, mais je craindrais toujours. PabRY
— De toutes les indifférences que peut essuyer une fendipe la plus humiliante c'est l'indifférence d'un homme qui Tù' mait, et dont elle a fait cesser Tamour. Mabivaox.
— Un poëte qui s'était violemment épris d'une jeune femme dont le cœur ne répondait pas au sien, lui écrivit ce petit billet'
Lorsque les dieux, charmante Claire, Entreprirent de nous former, Vénus vous donna l'art de plaire, Et me donna celui d'aimer.
Ces lots ont leur prix l'un et l'autre ; Bfais elle nous eût fait sans doute un plus grand bien, En me donnant un peu du vâtre.
En vous donnant un peu du mien.
— On entend si bien le langage de l'amour quand on aime^ que nul autre alors n'est nécessaire ; mais quand on n'aim^ plus, le visage, dont tous les mouvements paraissent si exprès^ sifs, les yeux où l'on a su lire tant de choses, ne disent plti^ rien; il faut les interroger avec un vif intérêt pour les coni^ prendre : l'indifférence voit encore la beauté, mais elle t»^ remarque plus l'expression qui en fait tout le charme.
M*"* OE Genlis.
iMDiscaÉTZOïr.
— Les femmes qui aiment pardonnent plus aisément les andes indiscrétions que les petites infidélités.
La Rochefoucauld.
— Les hommes gardent peu de ménagement en amour, lis ssent croire aisément qu'ils sont aimés, pour peu qu*aae nme en vaille la çeine; ils aident même à la persuasion, en venant indiscrets, quand c*est le seul moyen de réussir. C*est urtant Tingratilude la plus noire, que de ternir la réputation une femme qui n'a pas craint de s*exposer pour vous rendre tnreux. Convenez de la tendresse que vous avez, mais n*en ites pas soupçonner le retour. La constance est la seule inscrétion qui soit excusable. M"'* de Rieux.
Le papillon coquet Aime le badioage ; A la rose, au muguet, 11 offre son hommage; Il est brillant, il est volage.
Mais il est muet.
Vous qui le prenez pour modèle, Imitez- le dans ce portrait ; Amants, pour Thonneur d*uae belle.
Gardez bien le secret ;
On excuse un infidèle,
Mais jamais un indiscret.
-- Les femmes sont indiscrètes dans les choses où elles ne rcnnent aucune part, mais elles deviennent impénétrables ourcequi les intéresse personnellement. Quelque babillarde ue soit une femme, Tamour lui apprend à se taire.
ROCHEBRUHB. IMOUX.GENCE.
*- L'indulgence qu*on a pour les femmes qui font ramoor st moins une grâce à leur péché qu'une justice à leur faiblesse
Saint-Évremont.
— Souvent pour deux époux
L'art d'être heureux c'est l'indulgence. Imbeit.
^ Personne n'est moins indulgent pour une femme qui a l<^s amants, qu'une autre femme qui n'en peut plus avoir.
AcmLLE POINCELOT.
— Les femmes indulgentes pour elles-m^mes sont ordinairement fort sévères pour les autres; elles croient en imposer par de grands airs et de grands mots : elles se trompent, car les novices même n^en sont les dupes qu'une fois. Viles créatures, qui ne voient pas que d'une femme tendre à une femaM galante il y a la même distance que de la verta au vice! Que l'amour, qui est le plus pur et le plus chaste des sentiments comme le plus délicieux, est le meilleur et peut-être le seni garant qu'une femme puisse avoir de ses mœurs ! Que rime forte et brûlante qui sait aimer mérite le respect de tous les mortels; tandis que l'inconstance du cœur, la légèreté de l'esprit et la fougue des sens ne peuvent jamais que compoier un être méprisable qu'on daigne à peine regarder comme nn outil de pJaisir, encore mutilé et flétri! MirabeâT
Ilff£GAX.IT£.
— Une grande inégalité d'âge, d'humeur et de sentimenti, rend un mariage sujet à des accidents très fâcheux. Molièib.
— Rien ne détruit mieux le système de l'inégalité parmi les hommes que Tamour. Sylvain Maréchal.
— Entre les femmes, il ne peut y avoir d'inégalité réelle que celle de la beauté. Alphonse Raee.
lKTID±LVr±,
— Si vos infidélités se découvrent, quelque soin que vous preniez pour les cacher, niez toujours, niez obstinément. N'en soyez ni plus soumis, ni plus caressant que de coutume; œ serait vous avouer coupable. Mais prodiguez les cajoleries et les caresses de l'amour : les baisers ramènent la paix, et c'est par des baisers qu'il faut se défendre de ceux qu'on a donnés ailleurs. Ovide.
— La plupart des hommes sont infidèles. Il n'en est pas nn en qui les femmes puissent se fier, pas un qui ne les trompe ou qui ne soit prêt à les tromper. Catulle.
— On pardonne les infidélités, mais on ne les oublie pas.
M"* DE Lafatette.
— Une femme infidèle, si elle est connue pour telle de la personne intéressée, n'est qu'infidèle; s'il la croit fidèle» elle est perfide. La Bruyère.
— On oublie les infidélités, mais on ne les pardonne pas.
M"** DE Sévigmé..
— Il y a dans nous un obstacle éternel au parfait bonheur.
C'est reonui des choses que nous possédons, et le désir de celles que nons n*aTons pas. Un homme a-t-il une belle maison, celle de son ami lui fait envie : la situation en est plus belle à son goftt, les appartements mieux distribués. Peut-il ravoir, il en voit une autre vis-à-vis de celle-là, qui le tente, et ainsi de mite. L*amour, cette passion faite pour nous donner le bonheur, quand elle est bien sentie, ne peut pas le procurer. L'infidélité, peste du repos et de la vertu, vient troubler les liaisons les mieux cimentées. Cest de Tinfidélité que natt le désordre dans les familles; c^st de rinfidélité que vient la perte de la nnté, de Thonneur, et quelquefois celle de la vie ; rinfidélité 1 produit plus de mal que tous les autres vices ensemble. C*est à quoi Ton ne songe guère quand on contracte des engagemnits; on se promet bien d*y tenir, on sMmagîne même qu*on y tiendra facilement ; mais on revient de cette promesse à Qesare que les occasions d'y manquer se présentent.
M"* DE RiEUX.
^ Pour qu'un homme pût se plaindre avec raison de rinfidélité de sa femme, il faudrait qu'il n'y eût que trois personnes dans le monde : ils seront toujours à but quand il y en aura quatre. Montesquieu.
— Les hommes les plus acharnés à parler de l'infidélité des femmes, ont presque toujours chez eux-mêmes la preuve de ce <ni'ils avancent. Adrien Duput.
— L'infidélité est chez la femme, comme l'incrédulité chez on prêtre, le dernier terme des forfaitures humaines. Didebot.
— Avant de condamner sa femme infidèle, ne faudrait-il pas <ni*an mari se demandât sincèrement à lui-même, s'il n'a jUBiis désiré que la femme d'autmi eût pour lui les bontés M accuse la sienne d'avoir pour un autre? Pu. de Varenne.
— Voilà de nos maris le procédé commun ; Ce qui leur est permis leur devient importun. Dans les commencements ce sont toutes merveilles; Ils témoignent pour nous des ardeurs non pareilles : Mais les traîtres bientôt se lassent de nos feux. Et portent autre part ce qu'ils doivent chez eux. Ah! que J'ai de dépit que la loi n'autorise A changer de mari comme on fait de chemise ! Cela serait commode ; et j'en sais telle ici Qui, comme moi, ma foi, le voudrait bien aussi.
MouÈRE.
. ~~- Il est rare que les femmes quittent leurs amants pour ne 'icn aimer, c'est toqjours pour en aimer un autre : la simple
lofidélité serait iosipide pour elles» et ne les tenterait pas fi Tassaisonnement de la perfidie. Mariyacx
— Une femme n*a pas communément beaucoup d*éga pour un mari ; mais elle pourrait eu avoir pour un am qu'elle ne voudrait pas perdre, et à qui cependant elle Toudi faire une infidélité. Elle use alors de quelques ménagements croit faire beaucoup. Si cela arrive, c'est que l'infidélité fi à un amant peut avoir un attrait que n'a plus celle qu'on à un mari. Si l'amant trompé vient à s^en apercevoir et v se rendre incommode, il est aussitôt réformé ; s'il est au c traire assez vil, ou, si l'on veut, assez sage pour fermer yeux, il est l'objet des égards et des attentions.- 11 peut qi quefois essuyer de la mauvaise bumeur, mais il a aussi la | mission d'en avoir, pourvu que ce ne soit pas celle de la jal sie ; il devient enfin un mari dans les formes, et le vériu n*est plus qu'un étranger fort content de n'être rien. Dca
— Il est moins difficile à une jolie femme de n'être jao infidèle que de ne l'être qu'une seule fois, Chabakc
— On pardonne d'autant moins une infidélité que la | sonne en fayenr de qui elle a été faite nous est plus connue
Ljngréb.
— La différence de l'infidélité dans les deux sexes « réelle, qu'une femme passionnée peut pardonner une infidé! ce qui est impossible à un homme. Stenoa
— L'infidélité irrite l'amour mais n'en guérit poin dirai-Je ce qui le tue? ce sont des poisons lents : l'ennui < satiété. Lévis.
— L'infidélité dans les mariages est en raison de leur rai Plus il y a de séducteurs, plus les séductions doivent être quentes. Bentham.
— Les femmes s'affligent d'une infidélité en raison du sir qu'elle fait à leurs rivales. Beauchên
— L'infidélité est comme la*mort, die n'admet poini nuances. M"* de Girardiic.
— Toutes les femmes savent par un merveilleux instinci riufidélité d'un homme n'est pas pour une femme plus j plus aimable, mieux faite ou plus spirituelle, mais simplei pour une autre femme. Alphonse KAaa
— L'infidélité est dans les promesses violées et non < les sentiments éteints. P. Rochpèd
-- Les infidélités, en amour, ne nous font tant de peine parce qu'elles sont un outrage direct à notre amour-propr
A. GOTARD.
— Une femme s'irrite presque toujours des infîdélitéi
lOD amant, moins par véritable jalousie qae par dépit et par «Dvie des autres femmes. Achille Poingelot.
XMixusircz.
— Les mémoires du temps nous apprennent que le due de Gindale avait peu d'esprit, mais qu'en entrant dans le monde, il était tombé en si bonnes mains, que la dignité, la décence d la noblesse suppléant à tout, Tavaicnt rendu digne de sa grande fortune. Son institutrice avait été madame de Saint- Ump qui, même après sa première jeunesse, était fort capable de fixer un homme sensible. On raconte que, selon les mœurs do temps qui exigeaient le mystère, ils se voyaient téte-à- tète dans une maison écartée. Après un an de ces rendez- vous, le due remarqua que la maison avait une belle vue. — Ah ! je nisjierdue, s'écria madame de Saint-Loup, vous voyez quelque ehose au dehors . — Ce mot qu'un cœur bien fait n'entendra PM sans émotion, donne à penser quelles étaient les ressources <l'Qse femme aimable qui trouvait moyen de fixer et de nourfir, pendant une année entière, l'enthousiasme d'un jeune homme de peu d'esprit, beau, bien fait, heureux, désiré parant, et dans un siècle où la vie entière se passait dans le monde, au point qu'il n'avait pas même regardé par la fenêtre, ^mbien faudrait-il de filles de Paris, de Londres, de Constanlioopleet de Pékin, pour passer une semaine ainsi ? Mirabeau.
— La beauté des femmes dure de quinze ans à trente ; c'est- ^dire que leur influence cesse au moment où leur vient la 'sisoQ. Alphonse Kaki.
— Soit, mais, telles que nous sommes.
Avec tous nos défauts nous gouvernons les hommes, Même les plus huppés ; et nous sommes l'écueil Où viennent échouer la sagesse et l'orgueil. Vous avez la raison, et nous avons les charmes. Le brusque philosophe, en ses sombres humeurs, Tainement contre nous élève ses clameurs : Mi son air renfrogné, ni ses cris, ni ses rides, Ke peuvent le sauver de nos yeux homicides. Comptant sur sa science et ses réflexions, Il se croit à l'abri de nos séductions : toe belle paraît, lui sourit et l'agace; Crac, un premier assaut, elle emporte la place.
DESTOUCHBSte
UffGENUZTJB.
— Une jeune fille, qui est encore sans précaution, qu*elle est sans expérience, donne quelquefois sur elle avantages qu'elle ignore. L'ingénuité ne pense à rien, et Ta — mour-propre dans les hommes se figure tout ce qu*il désire.
L*abbé Prévost.
— Quelque ingénue que soit une femme, un homme ae uoit jamais se flatter d'être le premier à lui apprendre qu'elle est jolie; la moins avisée a toujours assez d*esprit pour oom— prendre ce que lui dit son miroir. Adrien Dofot.
— « Craignez l'amour, disait L4iurc à sa fille; C'est un serpent, un monstre ! un monstre affireux; Fille à quinze ans, et fillette gentille,
Doit redouter ses venins dangereux.
Or, si jamais l'ennemi furieux.
Prêt à piquer, se présente à vos yeux, Que ferez- vous pour parer son atteinte?» ' — Je le fuirai. — Mais il vous poursuivra.
— Oh ! bien, maman, n'ayez aucune crainte : S'il me poursuit. Colin me défendra.
IlffORATZTUDE.
— Aimer un ingrat, c'est n'aimer rien. Nihil amascùm !■gratum amas. PlaItte.
— C'est une vengeance douce à celui qui aime beaucoup, de faire, par tout son procédé, d'une personne ingrate, une très ingrate. La Bruyère.
— En amour, l'ingratitude des hommes est presque toujours le prix de nos bienfaits. Ninon de Lenclos.
— Une femme ne doit jamais dire d'un homme qu'il est mi ingrat, car c'est faire entendre qu'elle l'a mis h même de l'être.
M"* de Rieux.
— Il suffit souvent d'être plus aimé qu'on n'aime pour devenir ingrat. Rochkbrunb.
— Les femmes en agissent avec les ingrats comme les enfants avec les noisettes. Après en avoir cassé plusieurs qu'ilf trouvent gâtées, ils en cassent d'autres et d'autres encore, jusqu'à ce qu'ils désespèrent d'en rencontrer de meilleures.
Adolphe Ricarii.
— Les injures des amants n^offensent jamais; il est des imoun emportés aussi bien que des doucereux ; et en de pareilles occasions, les paroles les plus étranges et quelque chose ^^ pis encore, se prennent bien souvent pour des marques d'affection par celles mêmes qui les reçoivent. Molièbe.
Philis dit le diable de moi ;
De son amour et de sa foi,
Cest une preuve assez nouvelle»
Ce qui me'fait croire pourtant
Qu*elle m*aime effectivement,
C'est que je dis le diable d'elle,
Et que je Taime éperdument. Bussy Rabutiii.
"^ Les injures de l'amour s^éteignent presque toujours dans ^ Iriser. Adolphe Ricard*
— Lorsque Tinjure part d'un objet plein d'appas, . On fait force desseins qu'on n'exécute pas ;
— On a beau voir, pour rompre, une raiSon puissante, Qne coupable aimée est bientôt innocente :
Tout le mal qu'on lui veut se dissipe aisément, Et l'on sait ce que c'est qu'un courroux d'un amant.
Molière.
ZimOCENCE.
-^ L'innocence est toujours environnée de son propre éclat.
Massillon.
— Une' jeune personne peut être sage et bien élevée , mais l|imiocence et la candeur ne sont point des sauvegardes contre l'amour.
-^ Dans les grandes villes, l'innocence est le dernier repas ^tayice. RivAROL.
'-' Les femmes croient innocent tout ce qu'elles osent.
J. JOUBERT
ZNQUliTVDE.
^ L'amour, l'inquiétude et le chagrin cheminent toujours «semble. Res est solliciti plena timoris amor, Ovide.
— L'inquiétude réveille l'amour; en piquant le cœur elle retable ses désirs; et tant que l'on ne possède point un bien,^ on fait tout ce qu'on peut pour le posséder. On se le figure noème ping grand, avant de l'avoir obtenu, qu'on ne le trouve.
— sno —
quand on l*obtient; et souvent ce qui nous trompe agréable* ment, tire sa plus grande gloire de notre erreur, et n'est rieo moins que ce que nous l'avions cru. M*"* de Sartort.
— Otez à Tamour l'inquiétude et le mystère, vous lui ôtez tout ce qui donne de Tesprit à un amant. M*"* de Villedied.
— Donnez des inquiétudes à votre maîtresse ; forcpz-la de prendre quelque soin de vous conserver, en lui inspirant à propos la crainte de vous perdre. Jamais femme ne vous traitera plus cavalièrement que celle qui vous croira trop amoureui pour la quitter. Sa vertu, moins que son orgueil, la rend intraitable. Semblable au marchand dont vous avez paru trop désirer réloffe, elle vous surfait avec aussi peu de ménagement. Modérez donc une imprudente vivacité. Montrez moins de passion, et vous en exciterez davantage. Nous ne sentons le pni d*un bien qu'à Tinstant où il va nous échapper. Un peu de manège en amour est indispensable pour le bonheur de deui amants. JMrais peut-être même, au besoin, jusqu'à vous coQ- «eiller d'être un peu scélérat. En toute autre occasion il vaut sans doute mieux être dupe que fripon ; mais en amour les sots sont seuls des dupes, et les fripons ont toujours les rieurs de leur côté. Ninon de Lemclos.
INBEUrSIBIIiITÉ.
— Il y a des hommes qui se font un mérite d'avoir été toujours insensibles à l'amour . c'est comme s'ils se vantaient d'avoir toujours été stupides. Sans l'amour, tout languirait dans la nature ; il est l'âme du monde, l'harmonie de l'univers. U ciel donna à Thomme, en le créant, le penchant qui Tentratae vers les femmes; et la tendresse que nous avons pour. elles est un présent de la divinité. Sabatier de Castres.
— J'aurais mauvaise opinion d'un jeune homme dont la première passion n'aurait pas été l'amour, parce que c'est le premier essor de la sensibilité, qui se porte ensuite à d'autres objets. BUFFON.
— Un homme seul peut voir avec une indifférence complète l'amour dont il est l'objet. Une femme ne peut jamais y rester tusensible. Jean- Paul Richtër.
— Il est aisé d'être ferme lorsqu'on est insensible.
M"« DE Staël.
xurTxidsT.
— 11 o*y a point dans le cœur d'une jeune personne un fi violent amour auquel l'intérêt ou l'ambition o^ajoute quelque «hose. La Bbiiyère.
— Od alvnc d'ordinaire les belles femmes par inclination, let laides par intérêt, les vertueuses par raison. Amklot.
— Les femmes s*entendent à flatter les petites passions et les fietits intérêts; elles les connaissent bien, parce qu'elles y sont toujours cantonnées. Saint-Pbosper.
XNTIMITé.
— Un amant ne trahit que par ses manières le degré dMntimité auquel il est arrivé avec une femme mariée. Balzac.
— L'habitude dans riotimité peut détruire jusqu'au sentiment du bonheur : pour prolonger la durée de la passion, il Caut, dit Jean-Paul, que les corps soient plus loin que les Ames.
P. ROCHPÈDRE.
^L'inlimité, qui diminue Tamour, augmente l'amitié.
Le même*
JAX.OITSZE.
— La jalousie est de toutes les maladies d'esprit celle à que pins de choses servent d'aliment, et moins de choses de remède. Montaigne.
— Cest un malheur sans doute égal au trépas même, Que d'attacher sa vie à ce qu'on n'aime pas ; Mais voir en d'autres mains passer tout ce qu'on aime. C'est un malheur encor plus grand que le trépas.
Mulièbe.
— La jalousie grossière est une déûance de l'objet aimé ; la Jalousie délicate est une défiance de soi-même.
M"* DE l'Espinasse.
— Celles qui ne nous ménagent sur rien et ne nous épar- SncDl nulles occasions de jalousie, ne mériteraient de nous ^ocuoe jalousie, si l'on se réglait plus par leurs sentiments et leur conduite que p r son cœur. La Bruyère.
~^ La jalousie n'est, à proprement parler, qu'un violent désir ^c conserver ce qu'on aime et ce qu'on possède, ou d'empé- <^her qu'un autre ne jouisse de ce qu'on voudrait posséder seul ; **/>ù Je conclus qu'on peut être jaloux de tout ce qu'on peut ^'OJer, et qu'on ne peut rien aimer sans ialousie
M"* DE Sartort.
— Il n*y a que les médiocres esprits qui soient capables de f^lousie; les eicellents sont au deçà. Ceux-ci en ignorent les ^casions, et les autres les surmontent. Autrement, ceui qui *aflligent pour un malheur où il n'y a point d'autre remède
que la patience, ceax-là eotretieDoent l*erreur au monde, et ont la lune tout entière dans la tête quand ils pensent n'en avoir que la moitié sur le front. Le P. Do Boscq.
— Il n*y a que les personnes qui évitent de donner de 1& jalousie, qui soient dignes qu'on en ait pour elles.
La Rochefoucauld.
— Le tempérament a beaucoup de part à la jalousie, elle nesnppose pas toujours une grande passion ; c'est cependant uvk paradoxe qu'un violent amour sans délicatesse. La Bruyère^
— Il y a dans la jalousie plus d*amour>propre que d'amour.
La Rochepoucauld.
— Si bien qu'on éteigne une flamme,
Un peu de jalousie occupe encore une âme ;
Et l'on ne saurait voir sans en être piqué,
Possédé par un autre un cœur qu'on a manqué. Molière.
— Les femmes détestent un jaloux qui n'est point aimé , mais elles seraient fâchées qu'un homme qu'elles aiment ne lefÛt pas. Ninon de Lenclos.
— Lorsqu'un jaloux déplaît, c'est qu'on est sans tendresse ; Mais un jaloux qu'on aime afflige rarement. Imbert.
— La jalousie, comme la jaunisse, fait tout voir sous de filaines couleurs. Adrien Duput.
— Les maux les plus cruels ne sont que des chansons Près de ceux qu'aux maris cause la jalousie. Figurez-vous un fou chez qui tous les soupçons
Sont bienvenus, quoi qu'on lui die.
Il n'a pas un moment de repos en sa vie : Si l'oreille lui tinte, ô dieux ! tout est perdu. Ses songes sont toujours que l'on le fait cocu ;
Pourvu qu'il songe, c'est l' affaire :
Mais pour songer il faut dormir,
Et les jaloux ne dorment guère.
Le moindre bruit éveille un mari soupçonneux. Qu'à l'entour de sa femme une* mouche bourdonne,
C'est cocuage qu'en personne
Il a vu de ses propres yeux, Si bien vu que Terreur n'en peut être effacée. Il veut à toute force être au nombre des sots. Il se maintient cocu, du moins par la pensée,
S'il ne l'est en chair et en os. La Fontainb.
- Les femmes ont en horreur un mari jaloux, mais eile»lortent sans peine la jalousie d'un amant. Serait-ce parcelles sont plutdt portées à manquer à leurs époui qu*à leurs-
Dis? ROCHEBRDNE.
- Quand on est mari et jaloui, la jalousie ne cesse point ; la passion qui Ta fait naître. M*"*^ de Sartory.
- La jalousie naît toij^ours avec Tamour mais ne meurt pa» ours avec lui. La Rochefoccadld.
- On ne devrait point être jaloux quand on a sujet dee. La Rochefodcauld.
- Un jaloux trouye toujours plus qu'il ne cherche.