‹ L'amour, les femmes et le mariageChapitre 138 sur 228 · AU MOINEAU DE LESBIE · texte numérisé non relu

AU MOINEAU DE LESBIE

Heureux moineau, délices de Lesbie, ma maîtresse a c tume de s'amuser avec toi. Klle te cache dans son sein, te p sente le doigt, quand tu le désires, et provoque par ses aga ries tes coups de bec redoublés. Que ne puis-je comme t heureux moineau, jouer et folâtrer avec elle I

Fortuné passereau, ton sort est trop heureux ! Tu fais tous les plaisirs de ma jeune maîtresse; Elle-même t'excite à becqueter sans cesse Ou jes doigts, ou son sein amoureux.

Ce jeu devient pour elle une douce habitude ; Du feu qui la consume, il apaise l'ardeur; Il ramène à propos le calme dans son cœur, Et bannit pour un temps sa tendre inquiétude.

Ah! s'il m'était permis, dans mes ennuis pressants^ De jouer avec toi comme fai t cette bel le ! Ou bien si, comme toi, folâtrant avec elle, Je pouvais soulager les maux que je ressen»!

Oaej*oublierai8 bient^^t le tourment qi^e j'endure! J'aurais plus de plaisir qu'Atalante autrefois, N'en eut au doux moment, où réduite aux abois Pour son heureux vainqueur elle ôta sa ceinture !

Catulle.

— Pourquoi donc, mon ami, ne retournez-vous pas ea lourgogne? — disait un jour, au jeune comte de Charleval, un ieillard qui le voyait avec peine dépenser aux pieds de Ninon, on temps, sa fortune et sa santé. — Monsieur, lui répondit leloëte amoureux :

Je ne suis plus oiseau des champs,

Mais de ces oiseaux des Tournelles,

Qui parlent d'amour en tout temps.

Et qui plaignent les tourterelles

De ne se baiser qu'au printemps., A. R.

*» Il en est du bonheur comme de Toiseau doré envoyé par ^ fées h une jeune princesse. L'oiseau s'abat à tren^ pas* elle. Elle veut le prendre, s'avancer doucement, elle est l'été à le saisir : l'oiseau vole trente pas plus loin ; elle s'avance pcore, passe plusieurs mois à sa poursuite ; elle est heureuse, i l'oiseau se fût d'abord laissé prendre, la princesse l'eût mis ^ cage, et huit jours après s'en fût dégoûtée. C'est l'oiseau da [^nheur que poursuivent sans cesse l'avare et la coquette.

Helvétius.

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