OPINION
— Il y a une extravagance outrée à mettre le bonheur de rhomme dans les choses mêmes; il ne dépend que deTopinion. Un mari a une femme très laide et la trouve très belle; n'est-ce pas pour lui la même chose que si elle Tétait en effet?
Érasmb.
— J'étais un jour chez la marquise de C***, dont je soupçonnais les intrigues galantes. Son mari, un militaire un peu pédant, avait la manie de vanter h tout propos son bonheur domestique, et Tinébranlable fidélité de sa femme. Il venait, suivant Tusage, de chanter les louanges de sa Pénélope, lorsque celle-ci, se penchant vers mon oreille, me dit fort gaiement : — Mon mari m'amuse, avec sa bonne opinion ; je ne puis m*empécher de rire, quand je me figure la surprise où il sera au jour du jugement dernier. Lehontet.
— Avez-vous jamais connu une femme qui, voyant un de ses amis assidu auprès d'une autre femme, ait supposé que cette femme lui fût cruelle? On voit par là l'opinion qu'elles ont les unes des autres. Tirez vos conclusions. Champfort.
— Sous la proscription de Topinion, une femme s'affaiblit, mais un homme se relève. M"* de Staël.
— Les femmes ont rarement une opinion en quoi que ce soit, si ce n'est en leur beauté ; et elles n'ont de persistance, même en amour, que quand leur amant n'en a pas. Les femmes n'ont que des sensations et des préjugés. Elles sont impressionnées toujours, elles ne sont persuadées jamais. Louis Dësnoters.