LOPE DE VÉGA
, — Lorsque M. G***, ce jeune écrivain que l'Académie fran- -çaise a couronné dans son dernier concours, eut obtenu, quoique pauvre, la main de Mademoiselle Camille S***, un poëte •de ses amis lui adressa le quatrain suivant, en le félicitant de tout son cœur sur ce magnifique mariage, qui lui donnait par droit de conquête une charmante jeune femme et uneimmeuse fortune :
Un amant est heureux d'enrichir ce qu'il aime ; L'amant qu'on eorichit est plus heureux encor : Le premier craint toujours d'être aimé pour son or. L'autre est toujours certain d'être aimé pour lui-méine.
— L'amour sans alliage est peut-être aussi rare à trourer que l'or pur. ♦♦♦
— Certain avare, vieux satyre, A Laïs faisait les doux yeux ; Et, dans l'espoir de la séduire, Lui contait, avec son martyre, Les métamorphoses des dieux.
— Monsieur, dit-elle à l'amoureux»
« La forme que Jupin a prise
» Pour gagner la fille d'Acrise
» Est celle qui me platt le mieux. »
— L'or et les dons brillants ont une éloquence muette qni
!mue le cœar d'une femme bien plus que les plus beaui scours. Shakespeare.
— Un Jeune Français en Espagne,
D*un objet qui lui plut voulant vaincre l'orgueil, Au lieu de s'amusera battre la campagne, Se mit un quadruple sur Tœil :
— « Si j'obtiens ce que je demande, Voilà, ma belle enfant, lui dit-il, mon offrande;
Je sais mieux agir que parler. »
A cette vision se montrant moins cruelle :
— « L'Amour est aveugle, dit-elle.
Il faut couvrir l'autre œil, pour lui bien ressembler. »
BOURSAULT