RACCOMMODEMENT
On ne fait guère de raccommodements en amour sans que dresse en redouble. Aussi, le poëte nous dit-il :
^e renoncez jamais aux raccommodements ;
kh ! gardez-vous-en bien! le bonheur des amants
N'eiiste qu'autant qu'il varie.
L*hiver fait valoir le printemps ; /azur du ciel plaît mieux parsemé de nuages,
Et qui n'a jamais vu d'orages.
N'a jamais joui du beau temps. M"* de Sartort*
La plupart des amants exagèrent de petits mécontente-
et de fausses douleurs, pour avoir le plaisir de trouver
jveaux plaisirs dans les querelles et les raccommode-
ROCHEBRUME.
En amour, le raccommodement doit èlre scellé d'un bai« . suivi d*un quart d'heure de silence, à peine de nullité.
HORAGB RAISSON.
— Cette querelle de ménage Se termina, suivant l'usage, Par un doux raccommodement*
Nos époui attestant les nymphes du bocage»
Jurèrent solennellement De s*aimer désormais mille fois davantage, Et la preuve survint à Tappoi du serment.
HAZ80V.
— L*amonr n*est qu*un oubli de la raison. Saint -Jéiôik.
— La raison est, pour les amoureux, comtne un flambeaa dans les brouillard^ ; il luit sans les dissiper. Bagou.
— La raison contrarie le cœur et ne le persuade pas.
M"* RiccoBom.
— La raison n*est Jamais que la dernière ressource de l'amour. Helvétius.
— Le ménagement passe la capacité d*une jeune fille : celles qui sont jeunes et belles sont exposées à de grands périls ; pour 8*en garantir elles auraient besoin de raison ; mais par malheur le raison ne vient qu'après que la jeunesse, la beauté et le péril sont passés. Pourquoi faut-il que la raison ne vienne pas aassi Yiteque la beauté, puisque Tune est faite pour défendre Taotre?
DUFBESKT.
— L^enfant de la belle Cypris,
Aveugle ainsi que téméraire, Dans ses propres filets un jour se trouvant pris. Appelait la Raison pour le tirer d'affaire.
Elle vient, et, d'un air sévère.
Lui dit : — Me voilà prête à te rendre le jour. » — Arrête, dit ce dieu : s'il faut que l'on m'éclaire.
Je cesserai d'être TAmour. »
— C'est quelque chose que de pouvoir se demander i soimême pourquoi l'on aime, et de pouvoir se répondre qu'on en a de bonnes raisons. M*"* de Poisieux.
— Les femmes préfèrent les émotions à la raison; c'est tout simple : comme, eu vertu de nos plats usages, elles ne sont chargées d'aucune affaire dans la famille, la raison ne leur est jamais utile ; elles ne l'éprouvent jamais bonne à quelque chose. Elle leur est au contraire toujours nuisible, car elle ne leur apparaît que pour les gronder d'avoir eu du plaisir hier, on pour leur commander de n'en plus avoir demain. Stekdhai.
— La raison est aux femmes ce que l'eau est au vin : elle lui enlève ses propriétés enivrantes. Cbarles Lemesle.
— Les femmes dérobent à la raison tout ce qu'elles donneot à l'amour. Adbien Ddpdt.
HECI.USZOV.
— Après avoir fait enfermer les femmes, Mahomet cniC nfer iaatile, et le supprima. Gbimm.
— Entre la femme et l'homme il peut exister amour, passion, m d'habitude et tout ce qu'on voudra, mais il n'y a pas vériblement société. L'homme et la femme ne vont pas de coipgnie. La différence des sexes élève entre eux une séparation
même nature que celle que la diQérence des races met entre i animaux. Aussi, bien loin d'applaudir à ce que l'on appelle jourd'hui émancipation de la femme, inclinerais-je bien iitôt, s'il fallait en venir à cette extrémité, à mettre la femme
réclusion. — Le droit de la femme et ses rapports' avec komme sont encore à déterminer; toute la législation matri- }niale, de même que la législation civile, est à faire.
P,-J. Proddhon.
nXCONNAZSSAiaCE.
— La femme est de la nature des milans ; il ne faut Jamait i faire du bien, car c'est peine perdue. Pstroiie.
— Il appartient à la reconnaissance de faire quelquefois litre l'amitié, mais il ne lui appartient pas de faire naître imour. M"* de Sartort.
— La reconnaissance est comptée pour quelque chose dans imitié, mais elle ne compte pour rien dans l'amour. Il faut ivre son cœur, sans consulter la raison. La vue de ce que I'od me enlève l'âme malgré qu'on en ait. Lettres portugaises.
— L'amour est un vrai caprice, involontaire dans celui ême qui l'éprouve. Pourquoi voulez-vous donc que l'objet mé soit obligé à la moindre reconnaissance pour un sentient aveugle et pris sans son aveu? Vous êtes bien singuliers^ »U8 autres hommes ! Vous vous tenez pour offensés dès qu'une mme ne répond pas avec empressement aux regards que vous lignez jeter sur elle. Votre orgueil révolté l'accuse sur-le« lamp d'injustice. Comme si c'était sa faute si la tête vous urne ; comme si elle était obligée de se trouver, à point »mmé, saisie du même mal que vousl Ninon de Lenclos.
— Ne sacriGez rien à vos maîtresses, messieurs, ne vous 'OHillez pour elles ni avec vos amis, ni avec vos protecteurs, icore moins avec votre famille, d'où dépend quelquefois votre rtune. Aimez, mais ne quittez pas, comme l'on dit, le gros de irbre : il est dangereux d'avoir trop de générosité pour qui Qt manqner de reconnaissance. Rochebrunk.
— On doit craindre la reconnaissance d*un amant qui parle -trop ; il y a des reconnaissances muettes qui valent beaucoup «anieux. M"* de Sartort.
— La reconnaissance est an chemin de traverse qui mèoe >l>ien vite à l'amour. Théophile Gautier.
— En amour, les femmes refusent fièrement ce qu'elles tooiraient avoir déjà donné. Quod rogat illa timet, qw)d non rogcU^ optât. Ovn>E.
— Un galant homme n'abandonne pas sa poursuite pour ^re refusé, pourvu que ce soit un refus de chasteté et non de choix. Montaigne.
— Les filles, par pudeur, refusent de bouche, ce qu'elles iroudraient, au fond du cœur, qu'on les forçât de prendre.
Shakespeare.
— Rien n'est si commun chez une femme que de ne vouloir lias Qu'une autre profite de ce qu'elle refuse elle-même.
Hamiltok.
— Les femmes attirent par le plaisir, mais ne retieDoent 4iue par le refus ; de sorte que souvent elles ne peuvent bieD Jouir de nous qu'en se privant d'être heureuses.
Saint Pbosper.
— Un de nos poëtes, s'adressant à une jeune fille, lui doo- «ait ce conseil :
Ce n'est pas tout que d'être belle
Pour fixer le cœur d'un amant ;
On peut sous un dehors charmant
Ne rencontrer qu'un infidèle.
Si tu veux que l'on t'aime bien
Il faut laisser tout à prétendre :
Accorder peu, ne donner rien;
Refuser tout pour laisser prendre. A. R.
— La femme qui écoute une première fois écoutera une seconde ; son cœur n'est pas de glace, et vous pouvez toujoan appeler de son premier refus. Byron.
— Ignorer le bonheur que procurent à l'amant aimé les refus mêmes de celle qu'il aime, c'est ne pas connaître ce que l'amour a de plus délicieux. Labouisse.
— Un huissier sur le retour fatiguait de ses hommages une jeune veuve qui ne voulait pas de lui. Un jour, comme il renouvelait ses importunités , la dame, perdant patience, lui dit netlement de la laisser tranauille. — Mais ïussi. Madame^
pourquoi ne voulez- vous pas ni'aimer? — fitThuissier ré<;alcf> traot. — Pourquoi, Monsieur? — reprit la jeune veuve, ew lui montrant la porte, — parce que vous êtes dans mon esprir comme un bénitier dans une église, près de la porte et loin di» :hœur, A. R.
— Les femmes sont comme les grands seigneurs : pour looner du prii à ce qu'elles accordent, elles commencent d'a-^ )ord par le refuser. Adolphe Ricabd.
— Les regards sont les premiers billets doux des amants.
Ninon de Lenclos.
— Le regard, chez une Jeune femme, est un interprète toncars charmant qui se charge de dire avec complaisance ce que la bouche n'ose prononcer. Marivaux.
— Les femmes veulent être regardées. Quand la beauté lepr manque, la toilette leur sert d'enseigne. De sorte que ce sont tes pauvres maris qui paient de leur bourse la noce que d'autres font. Bochebrdne.
— La dignité d'une femme âgée consiste moins à éviter d'étrr regardée, qu'à ne pas supposer qu'elle le soit.
M*"' Necker de Saussure.
— Les regards sont la grande arme de la coquetterie vertueuse. On peut tout dire avec un regard, et cependant on peiit^ toujours nier un regard, car il ne peut pas être répété textuellement. Stendhal.
— Fontenelle, âgé de quatre-vingt-dix ans, passait un soir^ pour aller se mettre à table, devant madame Helvétius qu'il l'avait pas aperçue. — Voyez, lui dit-elle, le cas que je doi» 'aire de votre galanterie... Vous passez devant moi, et vous nene regardez seulement pas. — Madame, lui répondit le galant vieillard, si je vous eusse regardée, à coup sûr je n'aurai» ^int passé. A. R.
— Les regards des hommes sont aux femmes ce que le»- 'ayons du soleil sont aux fleurs; ils les embellissent.
^, Beaumanoir.
— Si vous voulez qu'une coquette vous regarde, cessez dea regarder. **♦
— Les femmes voient sans regarder, à la différence de leur»' naris qui regardent souvent sans voir. Louis Desnoters.
— Les femmes captivent les cœurs par leurs regards ; plu» es cœurs sont innocents, plus longtemps ils restent enchatné»i
Alexandre DuMAa
— Le regard d^ane jolie femme ne fait tant de bien, que parce qu*il carresse délicieusement la bonne opinion qne noos «vons de nous. **•
— Entre un homme et une femme qui se voient pour la seconde ou troisième fois, il est un double regard dont la reneontre est pour le vrai jaloui, pour le jaloux raisounable, ud adultère complet, après lequel il reste encore quelque chose à faire pour Tamour, mais rien contre le mari. Alphonse Kau.
— Une femme trouve toujours de Tesprit et du mérite i ceui qui la regardent avec admiration. ***
— Un négociant du Havre, qui faisait de grandes affaires avec les colonies, avait admis dans son intimité un jeune nègre de vingt-deux ans, fils de Tun de ses meilleurs correspondaDts des Antilles. Aimable et bien fait de sa personne, ce jeaoe homme ne tarda pas à plaire à la femme de son patron, (hie faiblesse s*ensuivit, et neuf mois après, le négociant faisait enregistrer sous son nom un enfant dont la couleur fortement nuancée donnait à sa légitimité quelque chose de très contestable. Un jour, comme il parlait de cette équivoque paternité devant son médecin, celui-ci, qui le voyait à tous moments se gratter Toreille avec inquiétude, lui dit : — La nature produit parfois d'étranges choses... un regard, mon cher ami, un seul regard suffit quelquefois... — Un regard! interrompit le négociant qui n*acceptait pas aisément celte fiche de consolation, il était donc bien pénétrant, mon ami? A.R.
— Un homme désire dans son regard, une femme se donne dans le sien. Alphonse Kabr.
— Regarder une femme, c'est lui faire un compliment d'autant plus flatteur qu'elle y trouve à son gré de l'amour, un éJoge et des désirs. Et ce qu'il y a de plus charmant, c'est que sa modestie ne peut s'en offenser, puisqu'elle le reçoit sans qu'elle le veuille. Adolphe Ricard.
"Nous ne regrettons guère ceux qui nous aiment quand nous ne les aimons pas; et nous ne laissons pas de regretter ceux que nous aimons, encore qu'ils ne nous aiment point.
M*"* DE Sartory.
— Une femme qui croit regretter son amant, souvent ne regrette que l'amour. M"* d'Arconvilu-
— J'ai quelquefois aimé : je n'aurais pas alors,
Contre le Louvre et ses trésors, Contre le firmament de la voûte céleste.
Changé les boû, changé les lieux flonorés par les pas, éclairés par les yeux
De Taimable et jeune bergère,
Pour qui, sans le fils de Cylhère.
Je servis, engagé par mes premiers serments. Hélas! quand reviendront de semblables moments! Faut-il que tant d'objets si doux et si charmants Me laissent vivre au gré de mon âme inquiète, Ah ! si mon cœur osait encore se renflammer ! Ne sentirai-je plus de charme qui m'arrête?
Ai-je passé le temps d'aimer? La Fontaimb.
— L'amour laisse quelquefois de si longs regrets, que Iç onde, touché de pitié, le relève de ses fautes et lui crée de seê mords une sorte de considération nouvelle. Saint Prospeb.
— Un disciple fervent de Bacchus, disait à sa chère bouteille, i la caressant avec plaisir :
J'ai passé la saison de plaire, 11 faut renoncer aux amours.
Tendres plaisirs, qui faites les beaux jours, Vous seuls rendez heureux; mais vous ne durez guère. Bacchus ! de mes regrets ne sois point en courroux ;
Regarde Tamour qui s'envole ; Quel triomphe pour toi, si ton jus me consolé De la perte d'un bien si doux! A. R.
— Le regret le plus déchirant d'une jolie femme vieillie est lui d'elle-même. Adrien Dupdt.
— Lorsque la nuit est froide, et que seul dans ma chambre. Près de mon poêle éteint, j'entends siffler le vent, Pensant aux longs baisers qu'en ces nuits de décembre Se donnent les époux, mon cœur saigne, et souvent, Bien souvent, je soupire, et je pleure, et j'écoute.
Sainte-Beuve.
— A côté de l'amant qu'elle a, une femme regrette toujours, ans le beau jeune homme qu'elle rencontre, l'amant qu'elle ourrait avoir. Adolphe Ricard.
asuGioir.
L'amour est une religion qui ne tombe pas. Paul Pbrrbt. La religion des femmes consiste pour l'ordinaire à servir «ans désobliger le diable. GxENsriSRN.
Le doute a ses heures dans le couvent, la persuasion les
siennes ; il y a des temps où Toa pleure les plaisirs perdus, des^ temps où Ton pleure les péchés commis. Saint-Éyrbjiokt.
— La vanité n'abandonne point les femmes, même dansles plus saints exercices de la religion. L*abbé Pbevost.
— Un peintre fr£«açais, élève de l'École des Beaux -Arts, courtisait une jeune Romaine. Au bout de huit jours il demanda un rendez-vous qu'on s'empressa d'accepter en lui disant: 1 Venez dimanche, à dix heures, à l'église de Jcsu-Maria ; non». irons nous promener après la messe. » L'artiste se trouve au rendez -vous à l'heure indiquée. La messe finie, il s'approche discrètement de la jeune fille, qui lui fait signe de ne pas la troubler dans ses prières. — Mais, Mademoiselle, Torfice csl terminé, lui dit le jeune peintre. — Je le sais bien, Monsieur, mais j'ai coutume d'entendre deux messes, répondit avec onction rhabitante de la ville sainte. A.R.
— Quoi qu'en disent nos prédicateurs, on peut certainement vivre dans le monde aussi régulièrement que dans les cloîtres, et peut-être encore mieux. Lorsque le cœur est porté au bien, la facilité de faire ce que Ton veut empêche souvent de mal faire. Dans le monde on a des retours à Dieu, et dans le cloître lous les retours sont pour le monde. Ph. de Varenhe.
f- Le yoile n'est le rempart le plus sûr
Contre l'amour, ni le moins accessible.
Un bon mari, mieux que grille ni mur,
Y pourvoira, si pourvoir est possible.
C'est à mon sens une erreur trop visible,
A des parents, pour ne dire autrement.
De présumer, après qu'une personne,
Bon gré, mal gré, s'est mise en un couvent.
Que Dieu prendra ce qu'ainsi on lui donne.
Abus, abus : je tiens que le malin
N'a revenu plus clair et plus certain.
Sauf toutefois l'assistance divine.
Eacore un coup, ne faut qu'on s'imagine
Que d'être pure et nette de péché,
Soit privilège à la guimpe attaché.
Nenni-dà, non; je prétends qu'au contraire
Filles du monde ont toujours plus de peur
Que l'on ne donne atteinte à leur honneur.
La raison est, qu'elles en ont affaire. La FoNTAiKEr
— « Toute religion sans amour ne durera pas, » disait beaucoup plus énergiquement le pape Sixte-Quint : Non si chiaoa m questa reUgione, non durara, 11 semble en «fTet que les idée»
;uses soient le domaine des âmes tendres. Mais si le berêtre émues rend les femmes dévotes, le besoin de plaire nd coquettes, et ces deux penchants, également impérieuy» posent à d^afTreux combats. Lemontet.
La peur de la damnation, l'image de l'enfer avec tons ux n'ôteront pas à une âme pénitente Tidéed'un amant; ! n'est pas à la crainte, c'est au seul amour qu'il est pere bien effacer l'amour. Saint-Évremont.
nXBTDEZ-VOUS.
Quelle que soit l'hésitation avec laquelle une femme aru rendez-vous donné, du moment qu'elle arrive, vousz tout espérer d'elle. Craintive d'abord, elle cédera diffi- ;nt il est vrai« mais enfin elle cédera; elle n'est venue que pour céder à son amant, elle n'est là que pour le 3 heureux. M*"* de Rieux.
Forcé de s'éloigner momentanément de Paris, Saintsrt Gt demander à madame d'Houdetot, sa maîtresse, uït T rendez-vous. Cette dame lui répondit par ces jolis ver» ^
L'amant que j'adore,
Prêt à me quitter,
D'un instant encore
Voudrait profiter;
Félicité vaine
Qu'on ne peut saisir,
Trop près de la peine
Pour être un plaisir! A. R.
Le marquis de Bièvre racontait un jour qu'ayant été sura rendez-vous galant dans le domicile d'uo mari jaloui,. it été forcé de se fourrer prestement dans une armoire^ rester caché près de deux heures. — Ah ! monsieur, s'il . aussi chaud ce jour-là qu'aujourd'hui, lui dit une jeune e en agitant violemment son éventail, vous avez dû bie» ir de la chaleur. — Moi, madanle, mais du tout, reprit ! Bièvre, c'était une armoire à glace. *A. R.
Un premier rendez-vous est une promesse de bonheur, alant homme doit s'y conduire de telle sorte, qu'on soit l'impossibilité de lui en refuser un second.
Rochebrunb.
Un de nos poëtes adressa ces jolis vers à sa maîtresse^ lies heures avant de courir au rendez-vous qu'elle loà donné -*
Apprenez, ma belle, Qu'à minuit sonnant, Une main fidèle, Une main diamant, Ira doucement, Se glissant dans Tombre, Tourner les verroux Qui, dès la nuit sombre, Sont tirés sur vous.
Apprenez encore Qu*un amant abhorre Tout voile jaloui.
Pour être plus tendre, Soyez sans atours, Et songez à prendre L'habit des Amours.
— L'empereur Charles-Quint s'étant épris d'une très vive passion pour la duchesse de Medioa-Celi, lui proposa secrètement un rendez-vous d'amour. — Sire, lui répondit celle mt€ieuse princesse, si j'avais deux Ames j*en risquerais une avec plaisir pour Votre Majesté, mais n'en ayant qu'une, je ne veui pas la perdre. A. R.
— Une Temme sage ne se doit donner jamais la première fois par rendez-vous. Ce bonheur qu'on attend d'elle doit éire un bonheur imprévu. Stendhal.
— Une femme, dans la pureté de sa vertu, se dit : n Jamais je n'accueillerai des propos d'amour. C'est un crime de les accueillir, c'est le plus grand de tous. On lui parle d'amour, elle laisse Taire, et se réfugie dans cette résolution : <« Jamais je n'y répondrai. » Un chagrin lui vient, une jalousie la prend, une joie la saisit, un aveu lui échappe. Alors elle bat en retraite derrière un nouveau rempart où elle se croit à l'abri de tout: <c J'ai pu lui laisser voir que je l'aimais, se dit-elle; mais jamais il n'obtiendra de moi un encouragement, pas un regard, pas un mot; car c'est alors que je deviendrais vraiment criminelle. Si l'on ne peut dominer les sentiments de son cœur, on reste du moins maître de ses actions ; c'est tout ce que le ciel, c'est tout ce que les hommes peuvent demander à la verta tl'une femme. Non, pas un mot, pas un regard ! » Elle ne pense pas alors au rendez- vous, car le rendez-vous... c'est le crime complet. Mais, hélas ! le regard échappe, le mot se dit, le rendez-vous s'accorde; ou sent bien un remords, on comprend bien sa faute; mais on court à sa dernière ressource: « Je l'aime, je le sens, ma tétc se perd, je ne puîs vivre si je n«