SATIÉTÉ
— Ce qui fait la bonne chère est moins la délicatesse des viandes que Tappétit avec lequel on les mange. Jucundiijas
' victus est in desiderio, non in satietcUe, Un usage trop fréquent rend les meilleures choses insipides. Il faut donc en user sobrement ; et je pense, qu'en matière d'amour et de gourmandise, cette règle de Martial est fort judicieuse : Nec volo quodcruciat; nec volo quod satiat, Ch. de la Febrière.
— Il est aisé d*irriler l'amour quand on ne le satisfait pas^ et fort malaisé de ne pas l'éteindre quand on le satisfait.
FONTENELLE
— Si belle que soit la route qu'on fait avec une femme, il arrive toujours un moment où Ton est réduit, pour se distraire, à compter les bornes du chemin. P. J. Stahl.
SCISNCS.
— A Tadventure est-ce la cause que et nous et la théologie ne requérons pas beaucoup de science aui femmes, et que François, duc de Bretagne, fils de Jean V, comme on loy parla de son mariage avec Isabeau, fille d'Ecosse, et qu'on luy adjousta qu'elle avoit esté nourrie simplement et sans auculne instruction de lettres, respondit « qu'il l'en aymoit mieux, et qu'une femme estoit assez savante quand elle sçavoit mettre différence entre la chemise et le pourpoint de son mary. »
Montaigne. *
— La science des femmes, comme celle des hommes, doit se borner à s'instruire par rapport à leurs fonctions : la différence de leurs emplois doit faire celle de leurs études. Fenéloic.
— Les femmes, selon le préjugé le plus commun, ne sont pas moins obligées à cacher les lumières acquises de leur esprit, que les sentiments naturels de leur cœur ; et leur plus grande
ieuce doit toujours être d'observer Jusqu'au scrupule le» ieuséaoces extérieures de Tignorance. Fontbnellb.
— Il n*est pas bien honnête, et pour beaucoup de causes». Qu*une femme étudie et sache tant de choses,
Former aux bonnes mœurs Tesprit de ses enfants
Faire aller son ménage, avoir Toeil sur ses genji
Et régler la dépense avec économie,
Doit être son étude et sa philosophie.
Nos pères sur ce point étaient gens bien sensés
Qui disaient qu'une femme en sait toujours assez,
Quand la capacité de son esprit se hausse
A connaître un pourpoint d'avec un haut de chausse.
Les leurs ne lisaient point, mais elles vivaient bien ;
Leurs ménages étaient tout leur docte entretien ;
Et leurs livres, un dé, du fil et des aiguilles,
Dont elles travaillaient au trousseau de leurs filles.
Les femmes d'à présent sont bien loin de ces mœurs ;
Elles veulent écrire et devenir auteurs, ,
Nulle science n*est pour elles trop profonde... Molière..
— La science rend les hommes rarement aimables, le» mmes jamais. Beauchène.
— Ayez une extrême modestie sur votre savoir, Mademoilie, et cachez soigneusement, surtout devant les autre»^ mmes, que vous savez quelque chose qu'elles ignorent.
M-"* DE RiEDX.
— Fuyez, dans vos discours, Tenflure et la bassesse ; Qu'ainsi qu'en vos habits, rien ne soit affecté;
Qu'une noble simplicité En fasse Tgruement, la grâce et la richesse.
Celles dont la témérité De termes trop savants pare leur éloquence,
Au lieu de montrer leur science,
Ne montrent que leur vanité.
— 11 ne faut point que votre femme ait des façons de parr trop recherchées; à l'occasion, elle doit aller jusqu'à vou» isser même un solécisme :
Non haheat matrona tibi quœ juncta recunibit dicendi genus, Solœcismum liceat fecisse marito. Juvênau
— Si les savants et les sages n'étaient pas susceptibles de» ipressions de l'amour, personne au monde ne serait plus à
plaindre qoe les belles femmes, qui se trouveraient réduites à n'être aimées qae des sots. Zinoif.
— Les femmes doivent être instroites, mais non pas kn savantes. M"* de l'Espirasse.
— Ce n*est point une bonne qualité dans une femme d^étre savante, et c*en est une très mauvaise d'affecter de paraître telle. La FoirrAnB.
— 11 n'est point de femme aateor à qoi la Jalousie dei hommes ne suppose un teinturier. Adrikh Dcnt.
— Ne faites point de vers, Mademoiselle, il est trop difficile d>n faire de bons. M"* db Rhol
^ Les femmes savent tout sans avoir jamais rien apprii:
Toute la vie ayez étudié, Saches Thébreu, l'histoire, la statistique;
Depuis dix ans soyez initié Dans les secrets de la métaphysique ; Pour la chimie ayez montré du goût, Et, du tonnerre interrogé la flamme ; Sachez les lois, en un mot sachez tout. Vous en saurez toujours moins qu'une femme.
0 doux objets ! on ne peut échapper A votre adresse, à votre art de séduire ; Heureux celui que vous daignez tromper ! Il ne vous faut pour cela qu'un sourire : Pour vous céder, il sufGt de vous voir : Nous sommes vains de nos cœurs, de nos classes! Tout notre esprit et tout notre savoir Est éclipsé par une de vos grAces.
Mais cependant. Mesdames, vos appas Nous doivent bien de leurs grAces gentilles. Les filles ont ce que vous n'avez pas; Mais vous avez ce que n'ont pas les filles : Air plus accort, plus gracieux regard, Que sais-je enfin? Notre orgueil vous réclame. Dieu fit la fille, et l'homme fait la femme : Nous n'avons pas la plus mauvaise part.
—Il n*est aucun de nous qui ne préférAt, pour passer sa vie avec elle, une servante à une femme savante (1). Stendhal.
(1) Lisez à ce sujet le charmant petit Tolume que nous tous avons . ..laintcs fois recommandé : Il ne faut pas que les femmes sachent Un, ou Projet d'une loi portant défense d'apprendre à lire aux femmes, etc
— Presque tontes les femmes passent leur vie k se dire trop jeunes pour savoir, jusqu'au jour où elles se croient trop vieilles pour apprendre. M*"* de Souza.
— Un soir de cet hiver, je me trouvais dans un salon de la rue des Postes, lorsqu'on vint à parler du mariage de M. G*^, savant helléniste, qui venait d'épouser, à l'Age de soixantecinq ans, une jeune personne à la vertu de laquelle il croyait tout seul. — Si l'amour donne de Tesprit aux bêtes, m'écriai-je tout bas, parfois il rend bien bétes les gens d'esprit! — Vous avez bien raison, Monsieur, de vous moquer de ce pauvre G***, me dit un professeur de rhétorique qui m'avait entendu ; comment, ajouta-t-il avec un malin sourire, comment un savant qui possède si bien le grec, a-t-il pu prendre aussi légèrement on oméga pour un omicron !!! A B.
SÉDUCTIOBT.
— Procurer des plaisirs aux femmes, c'est la plus forte de toutes les séductions, et de toutes la mieux imaginée.
Ph. de Varenne.
— Ce sont les plus belles filles qui sont séduites les premières. Elles ne tiennent pas contre l'assiduité et la flatterie, et malheureusement pour elles, elles ont le talent d'attirer Tune et l'autre. Le P. Joly.
— L'amour ne brusque pas d'abord l'objet auquel il s'attache, il commence par le séduire. Ce qu'il veut déshonorer, il le respecte; ce qu'il veut profaner, il l'idolâtre. Il se fait esclave pour devenir tyran. Malheur à ceux qui ne le voient pas ! Ce sont des victimes qu'il immolera sans pitié. Romillt.
— Quelle sotte chose que l'opinion publique ! un homme de trente ans séduit une jeune personne de quinze, et c'est elle qui est déshonorée! Chahpfort.
— Nous empruntons au Mariage de Figaro ce petit dialogue, auquel un des écrivains les plus distingués de nos jours, M. Ernest Legouvé, a douné le plus magnifique développement dans un beau livre intitulé : Histoire morale des femmes»