MO
*- L^amonrest an tyran qui a*épargQe personne.
Corheille.
— La femme la plus tyrannisée par son mari coosenre toujours assez d*empire sur lui pour se faire ordoaaer ce qu'elle désire. Rocbebruiie.
U8AOS.
— N'admirez-vous pas quelle force a Pusage et quelle est son autorité dans le moade? Avec trois roots qu'un homme dit à réglise : Ego conjungo vos^ il fait coucher un garçoo avec une fille, à la vue et du coosentemeot de tout le monde ; cela s'appelle le sacrement, administré par une personne sacrée. Mais que la môme action soit commise sans ces trois mots ; qu'une pauvre jeune fille se donne de tout coeur et sans calcul intéressé à l'homme qu'elle aime, la pauvrette est déshonorée,
et son amant s'appelle, ne vous en déplaise, un maq Dans
le premier cas, le père et tous les grands parents boivent, dansent et se réjouissent ; et la mère, à certaine heure du soir, va pudiquement découvrir la courtine du lit nuptial pour que sa fille s'y fourre en sa présence. Dans le second cas, au contraire, toute la famille est au désespoir; et celle qui s'est permis d'aimer sans autorisation préalable, est honnie et maltraitée; les grands parents lui font raser les cheveux, et sans pitié ni miséricorde, ils la jettent dans un couvent. Il faut avouer que les lois et les coutumes sont bien plaisantes* Busst-Rabut».
TAVITÉ.
— La vanité perd plus de femmes que l'amour.
M"* DU Deffand.
— Rien ne flatte tant la vanité des femmes que de trouver l'occasion de faire parade de leur vertu contre ceux qui ne leur plaisent pas. Malheur au téméraire qui n'est pas aimé; c'est une victime qu'elles destinent à servir d'exemple , et qu'elles immoleront sans pitié à l'impérieuse nécessité, de faire croire à leur sagesse. Ninon db Lenclos.
— La vanité fait bien plus de galanteries que la débauche ou le plaisir; on n'aimerait personne si Tonne s'aimait soi-même.
Roghebrune.
— La plupart des femmes préféreraient plutôt d'être moins
aimées en effet, pourvu qu'elles le parussent davantage ; la vanité est le premier de tous leurs sentiments.
M*"* 0*AlCONVILLB.
— Les gens les plus malheureux sont ceux qui souffrent par la vanité. Ces sortes de douleurs n*ont pas de dédommagement. Une des maltresses de Louis XV, qui en avait on fils, gémissait de ce que le roi ne l'avait pas fait prince; je lui dis uu jour : « Vous avez couvé Tœuf d'un paon, et il n'en est sorti qu'un poulet. » Rivarol.
— La vanité se mêle dans tout, même dans le plaisir, même dans le plus vif des plaisirs. Â soixante ans, madame de Chaulnés avait pour amant un jeune homme fort bien fait de sa personne, mjiis d'un état obscur. Comme une de ses amies s'en étonnait ; — Une duchesse, répondit-elle avec orgueil , n'a jamais que trente ans pour un bourgeois. » Elle avait raison.
Mkilhan .
— Il y a toujours uue chose qu'un Français dispute plus que sa maîtresse, c'est sa vanité. Quand, en amour, on n'a que de la vanité, toute femme est utile, aucune n'est nécessaire. Le succès flatteur est de conquérir et non de conserver.
Stendhal.
— C'est la vanité qui, chez les femmes, rend la jeunesse coupable et la vieillesse ridicule. M*"' de Flahaut.
— En blâmant la vanité des femmes, les hommes se plaignent du feu qu'ils ont attisé. Limgréb.
— Tandis que l'amour-passion nous emporte au travers de tous nos intérêts, l'amour-goût sait toujours s'y conformer. Il est vrai de dire que si l'on ôte la vanité à ce pauvre amour, il en reste bien peu de chose ; une fois privé de vanité, c'est un convalescent affaibli qui peut à peine se traîner. Stendhal.
— Il est peu de femmes dont la vanité ne soit plus blessée d'un amour ridicule que d'un amour insultant. Laténa.
— Il n'y a personne qui prenne, plus qu'une femme, de plaisir à la vengeance. Vindicta nemo magis gaudet quàm fœmina. Juvbnal.
— Quand les femmes ne peuvent se venger, elles font comme les enfants, elles pleurent. Cabdan.
— C'est notre coutume de nous consoler des injustices de notre sexe par l'admiration et l'estime de l'autre. Je connais une fort jolie personne qui disait, quand elle entendait médire de sa figure : — n Pour me venger, je ferai demain uu iofi-
dèle. » Celte vcDgeance lui a réussi tant de fois que les femmes ont enfin avoué qu'elle était aimable, mais non pas qu'elle fât sage. Leur médisance n'a fait que changer d'objet.
M"* DE Rkox.
— SeTenger d*une maîtresse coupable, c*est témoigner qu'on l'aime encore. Adolphe Ricard.
— La femme d*un mari brutal, maussade et jaloux, disait en s'ébattant avec son amant : — Ab ! je le vois bien, on a raison de le dire, la vengeance est le plaisir des dieux.
Bkauhanoir.
— Il faut être femme pour savoir se venger. M"* de Rieui.
— Les femmes, avec leur orgueil féminin, se vengent des sots sur les geos d'esprit, et des âmes prosaïques*à argent et à cx)ups de bâton, sur les cœurs généreux. Il faut convenir que voilà un beau résultat. Stendhal.
— Une femme qui trompe son mari pour se venger des infidélités qu'elle lui reproche, se punit beaucoup plus qu'elle ne se venge. Elle ne fait point cesser le mal dont elle se plaint, et très souvent elle ajoute à l'autorité du mattre qu'elle a déjà, la domination d'un autre mattre qui la méprise et la trompe à son tour. Adolphe Ricard.