PROLOGUE
^^ Un vieux capitaine de vaisseau, auquel je fais hommage ia présent manuscrit, ne trouve rien de si ridicule que Timportance donnée pendant six cents pages à une chose aussi Trivoie que r amour. Cette chose si frivole est cependant la seule arme avec laquelle on puisse frapper les âmes fortes.
Stendhau
^^ La cause de Tamour est un Je ne sais quoi, et les effets en sont incroyables. Ce Je ne sais quoi, si peu de chose qu'on ne saurait le connaître, remue toute la terre, les priuces^ les armées, le monde entier. Si le nez de Cléopâtre eût été plus court, toute la face du globe aurait changé. Pascal.
^% C*e8t Tamour qui décide de tout Phomme. Massillon.
^*^ De Dieu à Thomme, et de la terre au ciel, Tamour seul unit et remplit tout. Il est le commencement, le milieu et la fin des choses. Qui aime sait, qui aime vit, qui aime se dévoue, qui aime est content; et une goutte d'amour mise dans la balance avec tout Tunivers, remporterait comme la tempête ferait d'un brin de paille. R. P. Lagoroaire.
«% Il y a pour le moins autant d'aveuglement dans l'esprit que de paralysie dans le cœur, à méconnaître la part de l'amour dans l'administration de la plupart des choses humaines. Socrate ne se montre nulle part plus grave et plus profond, plus habile dans la science des hommes, et plus capable de les gouverner, que lorsqu'il profère ces paroles toutes divines : • Je fais profession de ne savoir que l'amour. »
Lemontet.
^% L'amour, qui est bien peu de chose, est la plus sérieuse de toutes celles de la vie. Francis Wet.
^% Les écoliers sont secrètement occupés de ce qui préoccupe aussi les demoiselles dans les pensionnats ; quoi qu'on fasse, celles-ci parleront toujours de l'amour, ceux-là de la femme. Balzac.
L'AMOUR
ABABnN>ig.
— L'amour allume souvent des Teux pips brôlants que ceux de VulcaîQ. Par ses fureurs insensées, il Taft abandonner à une ienoe fille la maison paternelle, et le lit nuptial à réponse.
TuÉOCRITE.
— Quand on a perdu le cœur d'un amant, on Tait en vain des eCTurts pour le retenir; c'est un bien éclipsé sans retour. |je cœur ne se gouverne pas comme Tesprit; on ne lui corn-
; mande rien, c'est plutôt lui qui nous commande. 11 Taut qu'une [femme sache deviner quand on ne l'aime plus, et qu'elle pré- J vienne, s'il se peut, la honte d'être abandonnée, en usant de [diligence. Il y a dans l'abandon une sorte de mépris auquel |Dous ne devrions jamais nous exposer. Il faut quitter, mais ne is l'être. M*"' de Rieux.
— En abandonnant noblement ce qui nous quitte, on se fait nr aa-dessus de ce qu'on perd. M"* de Staël.