‹ L'amour, les femmes et le mariageChapitre 201 sur 228 · VOLUPTE · texte numérisé non relu

VOLUPTE

— On ne quitte guère les voluptés que par lassitude.

Saint-Ëvremont.

— La volupté est une libertine qui se déplaît dans le mariags parce qu'il y a des liens trop serrés qui l'y attachent.

Le p. du Bosc.

— Il n'y a pas de voluptés qui ne perdent ce nom, quand l'abondance et la facilité les accompagnent. M'**de Gbignak.

— Si lu épuises la volupté jusqu'à la lie, ta rencontreras la peine au fond du verre. Yourg.

— Quand la demoiselle dorée S'envole au départ des hivers.

Souvent sa robe diaprée, Souvent son aile est déchirée Aux mille dards des buissons verts* Ainsi, jeunesse vive et frôle,

Qai, t*ëgarant de tous côtés.

Voles où ton instinct t'appelle.

Souvent tu déchires ton aile

Aux épines des voluptés. LAVAâTiNB.

*— Les voluptés les plus délicieuses sont celles qui se parta^ !iit volontairement. Riquârdson.

^ L*aniour rend chastes les plus voluptueuses jouissances.

ViREY.

— L'amour, s'il n'est pas extrême, est honteux el coupable, honneur proscrit tout plaisir qui n'est point appelé la pas- >n, comme une honteuse lubricité ; mais jamais le sentiment est lascif, et la femme la plus chaste peut être très volupeuse si elle aime. Je l'ai dit mille fois : jouir n'est pas cor* mpre. Les libertins seuls confondent Tacccption de ces doux >ts; aussi la vraie volupté leur est-elle interdite à jamais. lis Je voudrais qu'on eût dit nettement si la pudeur consiste tout refuser à son amant (à peu près sans doute comme la briété à se laisser mourir de faim), et dans cette supposition, voudrais qu'on me déterminât quel est le moment où il est rmis d'écouter ses sens, puisque ce n*est pas celui où l'amour ( embrase. Eh quoi! ne verra-t-on jamais qu'elle ne peut re une vertu, cette exigence monacale dont la perfection et pratique, si elle pouvait être universelle, entraînerait la dcsiction de l'espèce humaine? Quel est donc ce devoir dont ixact accomplissement serait la dissolution de tous les autres ? ma charmante amie ! la vertu ressemble aussi peu à ce que m nomme ordinairement ainsi , qu'au vice même. La véri* ble vertu ne dépend point du caprice des mortels, des illu- )ns des fanatiques, des diverses spéculations des moralistes, '» dogmes, des rites, des temps, des lieux , des sexes ; elle nsiste dans un cœur droit, sensible, sincère, et dans l'exercice ! toutes ses facultés. L'honneur prescrit à une femme de n'a- •ir qu'un amant , de se respecter en lui , d'être fidèle h ses rments, incapable de légèreté, et même, en un sens, d'înconmce. L'honneur proscrit tout plaisir auquel Tamour ne prèle pas; mais lorsque la sensibilité aiguise les sens, pourquoi prouverions-nous les mouvements impérieux de la nature ? !S sensations sont-elles moins son ouvrage que les sentiments? ne serait-ce que pour nous livrer de pénibles combats qu'elle rait si inséparablement uni ces deux ressorts de l'humanité? land une femme honnête s'est livrée tout entière à son amant, as doute elle a bien connu celui que l'amour lui offrait. Le n et son estime et de sa conGance a précédé celui de soo

coeur. Eh bien ! le jour où il en est possesseur, aussi bien qofl de tout ce qa*il prodigue, tout intérêt doit céder devant lai oo plutôt se confondre avec lui pour deux amants; tout sacrifice

est une puissance, tout sentiment un devoir Sophie, (au

bien raison de leur laisser leurs préjugés absurdes et toat à II fois pusillanimes et cruels! Crois que le cœur n'égare point; que IMmagination seule pervertit , et que l'on ne se méprend point de bonne foi à leurs diverses émotions.

Le mot amour a été appliqué à Faction universelle de la génération qui reproduit les êtres, parce que, par une fausse et ridicule délicatesse, les expressions propres à désigner cette Dpération de la nature sont devenues trop libres pour des femmes qui n*ont de chaste que les oreilles. Cette explication détournée a avili ce mot touchant dont on s^est empressé de voiler les prostitutions les plus méprisables ; mais les vrais amants, seuls connaisseurs en volupté et plus avides des délices des sens que les autres hommes , savent que c'est de la vivacité, de la tendresse qu'elles reçoivent leur plus précieuse faveur, et que cette réunion seule mérite le nom d'amoor. Le cœur n'induit donc point en erreur; ce sont ses inspirations au contraire qui préservent les femmes d'une avilissante galanterie, en donnant pour pâture à leur imagination un seul objet de désir. Quand on aime, les sens sbnt très inflammables; mais ce n'est qu'au feu de la passion qu'ils peuvent s'allomcr

MlRÂBEAD.

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