‹ L'amour, les femmes et le mariageChapitre 51 sur 228 · L'AMOUR FOUETTÉ · texte numérisé non relu

L'AMOUR FOUETTÉ

— « Jupiter, prête-moi ta foudre , S'écria Lycoris un jour ; Donne : que je réduise en poudre Le temple où j'ai connu TAmour.

ÂJcide, que ne suis-je armée De ta massue ou de tes traits »

Pour venger la terre alarmée.

Et punir un dieu que je hais !

Médée, enseigne-moi Tusage De tes plus noirs enchantements :

Formons pour lui quelque breuvage Ëgal au poison des amants.

Ah ! si dans ma fureur extrême,

Je tenais ce monstre odieux

— «Me voici, lui dit PAmour même.

Qui soudain parut à ses yeux.

Venge-toi, punis, si tu l'oses. »

Interdite à ce prompt retour.

Elle prit un bouquet de roses.

Pour corriger le jeune Amour.

Oo dit même que la bergère

Dans ses bras n'osait le presser :

Et frappant d'une main légère,

Craignait encor de le blesser. Gentil-Bebmaid.

^ Corriger une femme, c'est vouloir blanchir une brique ; «t, pins on la châtie, plus on la lie d'amour. Laclos.

-^ Les femmes résistent souvent aux plus nobles procédés, et sont presque toujours subjuguées par le charme des plus mau- 1 Tais traitements. Tillt.

— Les femmes sont comme les côtelettes, plus on les bat, plus elles sont tendres. Carlo Bertinazzi.

— Battre ce qu'on aime est l'effet le plus naturel du sentiment de l'amour. Aimer et battre ne sont qu'une même chose, quand on aime bien. Ira mistus abundat amor, a dit Ovide. On ne bat jamais ce qu'on aime que pour le caresser; et les coups qae l'amour procure sont si délicieux à recevoir que plus une femme est élevée en dignité, moins elle permet qu'on l'en prive. Le duc de Buckingham, lors de son ambassade en France, disait à madame de Cbcvreuse, qu'il avait aimé trois reines, et qu'il avait été obligé de les gourmer toutes trois. Groslet.

— Ne frappez pas une femme, eût-elle fait cent fautes, pas même avec une fleur. Proverbe indien.

— L'homme qui met la main sur une femme, est un misé«rable qu'on flatterait en le traitant de lâche. Tobin.

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