L'AMOUR FOUETTÉ
— « Jupiter, prête-moi ta foudre , S'écria Lycoris un jour ; Donne : que je réduise en poudre Le temple où j'ai connu TAmour.
ÂJcide, que ne suis-je armée De ta massue ou de tes traits »
Pour venger la terre alarmée.
Et punir un dieu que je hais !
Médée, enseigne-moi Tusage De tes plus noirs enchantements :
Formons pour lui quelque breuvage Ëgal au poison des amants.
Ah ! si dans ma fureur extrême,
Je tenais ce monstre odieux
— «Me voici, lui dit PAmour même.
Qui soudain parut à ses yeux.
Venge-toi, punis, si tu l'oses. »
Interdite à ce prompt retour.
Elle prit un bouquet de roses.
Pour corriger le jeune Amour.
Oo dit même que la bergère
Dans ses bras n'osait le presser :
Et frappant d'une main légère,
Craignait encor de le blesser. Gentil-Bebmaid.
^ Corriger une femme, c'est vouloir blanchir une brique ; «t, pins on la châtie, plus on la lie d'amour. Laclos.
-^ Les femmes résistent souvent aux plus nobles procédés, et sont presque toujours subjuguées par le charme des plus mau- 1 Tais traitements. Tillt.
— Les femmes sont comme les côtelettes, plus on les bat, plus elles sont tendres. Carlo Bertinazzi.
— Battre ce qu'on aime est l'effet le plus naturel du sentiment de l'amour. Aimer et battre ne sont qu'une même chose, quand on aime bien. Ira mistus abundat amor, a dit Ovide. On ne bat jamais ce qu'on aime que pour le caresser; et les coups qae l'amour procure sont si délicieux à recevoir que plus une femme est élevée en dignité, moins elle permet qu'on l'en prive. Le duc de Buckingham, lors de son ambassade en France, disait à madame de Cbcvreuse, qu'il avait aimé trois reines, et qu'il avait été obligé de les gourmer toutes trois. Groslet.
— Ne frappez pas une femme, eût-elle fait cent fautes, pas même avec une fleur. Proverbe indien.
— L'homme qui met la main sur une femme, est un misé«rable qu'on flatterait en le traitant de lâche. Tobin.
— lAa —