‹ L'amour, les femmes et le mariageChapitre 60 sur 228 · A UNE FEMME · texte numérisé non relu

A UNE FEMME

— Enfant, si j*étais roi, je donnerais l'empire. Et mon char, et mon sceptre, et mon peuple à genoux. Et ma couronne d'or, et mes bains de porphyre. Et mes flottes à qui la mer ne peut suffire. Pour un regard de vous.

Si j'étais Dieu, la terre et l'air avec les ondes. Les anges, les démons courbés devant ma loi. Et le chaos profond aux entrailles fécondes, L'éternité, l'espace et les cieux et les mondes.

Pour un baiser de toi. Victor Hdgo.

— En se décolletant avec si peu de modestie, les femmei vont assurément contre le but qu'elles se proposent. «< La faim entière, dit Montaigne, est bien plus âpre que celle qu'on a d^à rassasiée ; » et le poêle ajoute après le philosophe :

L'amour fuit les attraits qu'il découvre

Pour les charmes qu'il ne voit pas. Adolphe Ricard.

— La mode, de nos joura, force tellement les femmes à se décolleter, que partout où elles doivent être en toilette, on est lûr qu'elles seront déshabillées. Notre bonne mère Eve, qui peut, à bon droit, se vanter d'avoir inventé le décollelagc, se*

l'ait scandalisée de Tabus qu'on en fait aujoard'hni. Certainei femmes n'ont pas honte, dans les salons, au théâtre, en public, d'étaler à tous les yeux des trésors qu'elles devraient cacher; et lorsqu'elles se mettent au lit avec leurs maris ou leurs amants, elles ont bien soin d'enfermer tout cela très pudiquement, sous une double barrière de camisol^e et de ohemise. Cela Tient de ce que souvent l'amour dont les femmes Jouissent ne vaut pas les succès qu'elles recherchent et l'amour qu'elles veulent faire nattre. Xavier Etma.

— Â propos du goût très décidé que les femmes ont eu de tout temps pour le décolletage et la nudité, un poète disait, en Tan de grâce 1797 :

Qu'ils étaient gênants ces habits Que jadis portaient nos grand'mères!

Grands paniers, robes à grands plis, Ck)ntre l'amour que de barrières !

La mode aujourd'hui, par bonheur. Prenant la liberté pour base, Entre le plaisir et l'honneur Ne laisse plus rien qu'une gaze.

— Dans le monde, on Toit les femmes se décolleter avec tant d'audace, qu'il serait difficile de dire ou s'arrêtera celle qui se sait un joli signe. Pour beaucoup, la décence commence où finit la beauté. Alphonse Rarr.

— Dans la recommandation qu'une mère fait à sa fille de ne point se décolleter pour aller au bal, il y a peut-être moins de respect pour les convenances que de jalousie secrète. — Les femmes ne consentent jamais de bon cœur à voir chez d'autres les attraits qu'elles ne possèdent plus. Adolphe Ricaro.

BSDAZSr.

— J'ai connu des femmes qui, dans leur jeunesse, ne trouvaient personne à leur gré. Les hommes les plus aimables, les amants les mieux faits leur venaient de tontes parts ; elles ont congédié les uns et rebuté les autres. Mais Ve temps a nais un terme à leurs dédains, et bientôt ellrs se sont punies ellesmêmes en se donnant à quarante ans pour mattres ceux qu'!^ vingt ans elles n'ayraient pas touIu pour valets. Roghebrune-

— Des amants les mieux faits et les plus vertueux. Une fille à seize ans souffre à peine les vœux; Son orgueil en rebute autant qu'il s'en présente. Et tout lui paraît bon quand elle en a quarante.

BOURSAULT

Page 1